Barcelone : L’Ateneu de Korneya résiste


  Barcelone : L’Ateneu de Korneya résiste


L’Ateneu de Korneya est le plus vieux squat de Barcelone, 17 années d’occupation. L’expulsion était prévue pour mercredi 17 décembre 2003, à 9h. Le samedi précédent, quelques 700 personnes ont defilé dans les rues pour protester contre cette expulsion avec de nombreux muraux, pancartes deployees sur des grues et sur la mairie, une agence immobiliere murée…

Lundi 15 décembre 2003 quelques 80 personnes ont bloqué une des principales voies d’accès à Barcelone pendant quelques minutes en solidarité avec l’Ateneu.

Mercredi 17, dès 7h du matin, une quarantaine de personnes se sont réparties en groupe de 10 dans Korneya, pour attendre l’arrivée de la police, afin de bloquer les voies d’accès a l’Ateneu. Vers 9h un hélicoptère de la police s’est mis a tourner dans le ciel et des mouvements ont été perçus du coté des Forces de l’Ordre. Finalement rien ne s’est produit, sans douteà cause du nombre de personnes attendant de pied ferme la police à l’extérieur du lieu, ultrabarricadé. Dans les rues adjacentes on pouvait voir des petits groupes de 10 personnes cagoulées, jouant au foot, attendant l’arrivée des fourgonettes. Dans l’Ateneu on voyait passer des silhouettes casquées, sous les barricades scrutant l’extérieur.

L’Ateneu résiste !!!

fist


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Nantes : La Poudrière expulsable dans deux mois… résistance !


  Nantes : La Poudrière expulsable dans deux mois… résistance !


Le rendu du procès de la Poudrière est tombé : le juge nous accorde, dans sa grande bonté, deux mois de délais. Nous serons donc expulsables deux mois après que le commandement de quitter les lieux nous soit apporté par unE charmantE huissierE.

La trêve d’hiver ne nous a, semble-t-il, pas été allouée, mais on en saura plus d’ici peu.

Pas le courage d’ajouter le couplet habituel… les méchantEs sont vraiment très méchantEs, on le sait déjà, et on ne va pas faire semblant de se rendre compte aujourd’hui que la “Justice” est au service des dominantEs.

Par contre, on s’organise, tiens, on ne va pas se laisser expulser comme ça. Non mais.

Prochaine assemblée générale : dimanche 4 janvier @ 15h30.

Viens nombreuxE !

http://lapoudriere.squat.net

lapoudriere [at] squat [dot] net – 4 rue du colonel boutin – 44000 nantes

Bises

intrigeri <intrigeri [at] squat [dot] net>


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Grenoble : Les arbres squattés du parc Mistral


  Grenoble : Les arbres squattés du parc Mistral


Bonjour, dans le cadre de la défense des écocitoyens qui squattent les arbres du parc Mistral depuis le 1er novembre 2003 ainsi que dans le cadre de défense du parc Mistral, SOS PARC PAUL MISTRAL vous demande d’écrire au Conseil général. En effet, le conseil général doit attribuer une très forte subvention au projet (environ 18 millions d’euros). Il ne l’a pas encore fait. Le 11/12/03, cette subvention a été retirée de l’ordre du jour car elle risquait d’etre rejetée. SOS appelle tous ses sympathisants à exprimer leur désaccord sur le dossier du stade en écrivant le plus rapidement possible au Conseil général à l’adresse suivante:

Monsieur le président du Conseil general, Rue Fantin Latour, 38000 Grenoble (fr.)

Faites passer le mot autour de vous et surtout écrivez rapidement. En cette période d’élection, cela devrait avoir du poids. Voir pièces jointes pour inspiration.

Bien à vous

sosppm <sosppm [at] voila [dot] fr>


Montréal : La paix sociale est terminée !


  Montréal : La paix sociale est terminée !


Assemblée publique et lancement de journal pour démystifier le projet de réingénérie de l’état du gouvernement Charest — et pour mieux le combattre.

Vendredi, le 23 janvier 2004

Souper à 18h00 – Conférence à 19h00

1710 Beaudry – Métro Beaudry

Avec des conférencier-ère-s de: OPDS, ASSÉ, Centre des travailleurs et travailleuses immigrant-e-s de Montréal, Comité des sans-emploi, CLAC logement

… qui présenteront les impacts qu’auront les politiques du gouvernement libéral sur les assisté-e-s sociaux, les étudiant-e-s, les travailleur-se-s, les nouveaux arrivant-e-s et les sans-statut, les locataires, et ceux et celles qui dépendent d’un système de santé universel…et qui proposeront des alternatives justes et autonomes!

Souper gratuit et bière pas cher! Entrée libre et ouverte à tout le monde!

Traduction française et anglaise. Garderie disponible sur place.

Cet événement est organisé par le Comité des sans-emploi et CLAC logement. Pour plus d’info: (514) 859-9022 ou claclogement [at] yahoo [dot] ca. Une co-présentation de CKUT 90.3 FM.

La seule façon de moderniser l’Etat est de le renverser!

CLAC logement <claclogement [at] yahoo [dot] ca>


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Brésil : ça chauffe pour les oreilles de Lula

Extrait du bulletin “Dans le monde une classe en lutte” de septembre 2003 (dispo contre quelques timbres chez Echanges et mouvement, BP 241, 75866 Paris cedex 18, fr.):

“Brésil – 29 juillet 2003

Les promesses électorales de Lula, le président élu, leader du Parti du Travail, social-démocrate, se révélant impossibles à tenir, le gouvernement entame la répression des revendications sociales de ceux qui avaient cru en celui qui se présentait comme “leur” candidat pouvant améliorer leur condition misérable. Les résistances viennent de partout, des paysans sans terre et des travailleurs frappés par la crise. La production industrielle a chuté de 4%, le chômage atteint 13% (600 000 en plus depuis l’élection de Lula).

Les sans-terres sont repassés à l’action directe (ils sont 28 millions en face de 27 000 propriétaires de latifundia, 1% des propriétaires terriens possèdent 45% des terres les plus riches (…)). La redistribution des terres promise ne touche que 60 000 familles. Dans le pays, les squatters sont parqués dans 650 camps et les occupations sauvages sont en hausse de 50% ; les sans-terres attaquent les camions de ravitaillement, occupent les péages et prennent des otages. Ils doivent se défendre tant bien que mal contre les groupes armés à la solde des propriétaires. Le 5 juillet [2003] plus de 1 000 squatters ont occupé un hôtel de 12 étages pendant quatre jours sans eau ni électricité pour attirer l’attention sur leur situation. Dans la banlieue de Sao Paulo, 3 500 sans logis ont occupé un terrain en friche appartenant à Volkswagen et y ont construit un bidonville décidés à resister par la force à toute tentative d’expulsion. Le 8 juillet l’ensemble des fonctionnaires ont fait grève contre une réforme des retraites. Malgré les promesses faites après une grève, Volkswagen menace de licencier 4 000 travailleurs dont le maintien avait été négocié contre une baisse des salaires” (Infos prises dans le Financial Times).

Dans le monde une classe en lutte

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Barcelone : La Kasa de la Muntanya résiste


  Barcelone : La Kasa de la Muntanya résiste


La nouvelle est tombée : la Kasa de la Muntanya ne sera pas expulsée. En effet il y a litige sur le propriétaire du lieu. Le ou la juge en charge du dossier a décidé de suspendre l’expulsion pour le moment, attendant le verdict du procès intenté par la Kasa de la Muntanya contre l’Etat, qui aura lieu le 23 fevrier 2004.

Les habitantEs du lieu réaffirment leur solidarité avec tous les centres sociaux et okupas menacés ds cette grande vague antisquat sur Barcelone.

fist


Lausanne : Menace d’évacuation sur le squat du Grand-Pré 2


  Lausanne : Menace d’évacuation sur le squat du Grand-Pré 2


MENACE D’EVACUATION SUR LE SQUAT DU GRAND-PRE 2 A LAUSANNE

Le juge Bosshard donne 10 jours de délai aux squatter-euse-s, mais celles-ceux-ci ne l’entendent pas de cette oreille.

Rappelez-vous, le 27 septembre 03 dans le quartier de Malley à Lausanne, les anciens entrepôts de la Poste sont occupés. Celle-ci a porté plainte et demandé des mesures provisionnelles pour obtenir notre départ. Une séance au tribunal civil a eu lieu le 4 décembre. Lors de l’audience, aucun arrangement n’a pu être conclu. Les occupantEs ont réitéré leur disposition à signer un accord garantissant leur départ au début des travaux et pas avant. La Poste a refusé, mentionnant une nouvelle fois l’impossibilité de vendre une parcelle occupée. Pourtant, une convention signée aurait très bien pu être un argument donné à de futurs acquéreurs pour lever leurs réticences.

Le juge a rendu son verdict le 11 décembre et nous sommes dégoûtéEs. Un délai de 10 jours nous est donné pour quitter les lieux, au-delà duquel le juge pourra ordonner l’évacuation par la force. Cette décision est encore plus dure que ce qu’exigeait la Poste, pour qui un délai au 16 janvier était acceptable (trop aimable…) Nous allons tenter de faire recours contre cette décision scandaleuse, tout en essayant d’obtenir du soutien politique. Pour la suite, si l’évacuation se confirme, on vous donnera des news sur les actions prévues. Ne prévoyez donc pas de grands voyages lors des fêtes, mais venez participer joyeusement (ou rageusement) à nos promotions de sports d’hiver gratuits. Pas question de laisser ces bâtiments à la merci de la spéculation immobilière!

Nous joignons la lettre lue au tribunal le 4 décembre.

Le collectif « Comme une lettre à la poste » a choisi de vous exposer son point de vue et son argumentation par une tierce personne au travers de cette lettre.

Nous réitérons notre position communiquée dès le premier jour de l’occupation : libérer les locaux lorsqu’un projet abouti se concrétise, avec la garantie que la démolition et la construction suivent immédiatement notre départ. Dès le début, nous avons communiqué à la Poste notre volonté d’entrer en matière sur ces bases. Celle-ci a malheureusement refusé tout dialogue avec nous.

Le calendrier fourni par la Poste ne comporte aucune garantie quant à un début réel des travaux et ne peut être un élément de preuve quant à une situation d’urgence légitimant une expulsion. La Poste affirme que l’occupation de cette maison empêcherait sa vente. De nombreuses situations similaires dans la région lausannoise, réfutent l’argument du propriétaire. Nous citons pour preuve les exemples suivants : maison occupée située Avenue Tivoli 42 bis, rachetée à la Banque Cantonale Vaudoise par un particulier, maison occupée située Chemin de la Cigale 6, rachetée à un particulier par un autre particulier, maison occupée située Chemin de la Colline 2, rachetée à plusieurs reprises durant la période d’occupation. Les ventes immobilières se font avec ou sans usagers-ères dans les locaux. Ceci n’influence pas le rythme du marché.

La Poste utilise actuellement l’étage inférieur de la halle comme surface de stockage et de transition pour les fournitures des offices régionaux fermés. Jusqu’à ce jour, les contacts avec les employés se sont toujours bien déroulés. Nous nous engagons une nouvelle fois à ne pas les déranger dans leur travail ni à pénétrer dans cet étage.

De plus, suite à une discussion avec les Services Industriels de la Ville de Lausanne, les factures d’eau et d’électricité, dans les locaux que nous occupons et depuis la date de l’occupation, sont entièrement à notre charge. Nous déchargeons également la Poste de toutes responsabilités en cas d’accident dans ces locaux.

En conclusion, nous maintenons notre position et revendiquons le fait de rester dans ces lieux tant qu’aucun projet réel (possession des permis, garanties financières, calendrier des travaux) ne soit concrétisé. Nous dénonçons la spéculation immobilière qui a pour résultat de laisser des maisons et des locaux commerciaux vides en période de pénurie de logement. Crise qui ne cesse de s’aggraver, avec un taux de vacance proche de zéro, maintenant des loyers exorbitants. Le logement n’est pas une marchandise que l’on peut raréfier à volonté, mais un droit que nous revendiquons. Nous opposons donc le droit d’usage au droit de propriété.

Chaque personne devrait avoir un réel pouvoir de décision et d’action sur l’espace où elle mène sa vie, sa maison et plus largement son quartier.

Le collectif « comme une lettre à la Poste »


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Lyon : Expulsion d’un squat rue du Bon Pasteur


  Lyon : Expulsion d’un squat rue du Bon Pasteur


Ce matin vers 8 h 30, expulsion du dernier squat de la rue du Bon Pasteur à Lyon (1er arrdt), dans le calme et avec de grands sourires, policiers et huissiers ont investi ce bâtiment (le dernier à être occupé dans cette rue) avec également de beaux déménageurs et quelques maçons…

une trentaine de personnes (salariés précaires, chômeurs, demandeurs d’asile) occupaient cette bâtisse depuis, pour certains, quatre ans ! Quelle nécessité de virer, en plein hiver, des gens qui n’ont rien ? En bon rapport avec le voisinage, les “squatteurs” se sont retrouvés devant le fait “en cours d’accomplissement”… Une petite alerte tout de même avec le passage d’un huissier la semaine derniøre, ce qui a amené les demandeurs d’asile à décamper rapido, ils n’auront pas le droit au contrôle d’identité des policiers, qui nous ont traité comme des “délinquants” (je cite), prêts à nous arrêter pour nous filer une crèche de 24 h.

Certains ont tout de même découvert le déménagement sauvage des forces de l’ORDRE dans la matinée avec leurs affaires emballées dans les camions de déménageurs, les policiers refusant qu’ils pénètrent dans le bâiment et surtout avec un refus de pouvoir récupérer (quelques vêtements au moins) dans les camions des déménageurs. Cela leur coùutera 150 euros pour la récup dans un délai maximum de 30 jours ! Si, si…

“Quand on a rien, on a rien !”, ça ressemble un peu à cela cette expulsion qui met sur le pavé des gens en plein hiver, aucun jugement signifié, seulement des proprios qui envisagent de vendre à la mairie de Lyon ce bâtiment assis sur les pentes de la Croix Rousse…

Heureusement, un peu de solidarité avec les camarades chom’du et salariés (certains militent à AC !) pour récupérer des affaires dès 6 h ce matin et tenter de trouver d’autres lieux à SQUATTER : “quand ça ferme, on rouvre !”.

Un contact avait été pris avec un élu communiste (si, si ça existe encore) qui est délégué au logement à la ville de Lyon, rien à faire avec ce bonhomme ! (avec un élu, pardon !), s’en fout qu’on vire comme ça…

la bise,

un précaire de Précadarma (precadarma [at] no-log [dot] org)


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Grenoble : Au sujet de quelques occupations…

1- La fac Stendhal a été occupée en novembre pendant deux semaines. Un fonctionnement autogéré et de nombreuses activités y ont eu lieu, l’expérience fut loin d’être inintéressante.

2- Depuis maintenant plus de deux semaines, le théâtre Le Rio est occupé par des individus en provenance de différents horizons, pour des raisons diverses. Ce qui est sûr, c’est que le théâtre en question “appartient” à la Mairie et que celle-ci compte bien le vendre aux éditions Glénat, pour en faire des bureaux… L’occupation continue et des activités y ont lieu de temps à autre, comme l’atelier massage tout à l’heure à 17 heures, ou encore la projection du film de Bruno Muel “Avec le sang des autres” (1974) suivie d’un débat avec notamment Bruno Muel et Christian Corouge (ex-membres du groupe Medvedkine de Sochaux) vendredi dernier (12 décembre). Le théâtre Le Rio se situe au 37 rue Servan à Grenoble (tram B, arrêt Sainte-Claire).

3- Le parc Mistral est quant à lui occupé depuis de nombreuses semaines et son expulsion, selon le maire Michel Destot, ne saurait tarder. Plus d’une demi-douzaine de tentes ont été installées dans les arbres pour protester contre la future implantation au sein du parc Mistral (le seul grand parc de Grenoble) d’un “grand stade”… Aujourd’hui dimanche 14 décembre se déroule “en l’honneur du parc Paul Mistral” un rassemblement, car celui-ci vient d’être classé “parc remarquable” (la bonne blague…). Demain lundi 15 décembre, soirée d’information publique à 20h45 à la MJC Mutualité “la vérité sur le parc, le stade et l’extension. Venez vous informer”… Pour en savoir plus sur l’occupation, contactez une des assos actives dans l’occupation à sosppm [at] voila [dot] fr et/ou ecocitoyens [at] hotmail [dot] com, ou mieux, passez directement au parc Mistral !

Z.

Barcelone : Expulsions et ouvertures en série


  Barcelone : Expulsions et ouvertures en série


Mardi 9 décembre 2003, Les Naus, centre social occupé depuis plus de 9 ans a été expulsé par les forces de l’Ordre. Le mobilier et toutes les affaires ont été sorties dans la rue. Une concentration réunisssant une centaine de personnes a eu lieu le soir même dans le quartier de Gracia. La question de la réoccupation s’est posée puis a finalement été abandonnée.

Mercredi matin [10 décembre], deux squats du centre ville ont été expulsés, sans que les habitantEs aient été prévenuEs. Il s’agit de l’Economato et de son voisin, tous deux appartenant à la plus grande société immobilière de Barcelone, Nuñez y Navarro. L’expulsion a eu lieu à 7h du matin, realisée par une brigade speciale de la Guardia Urbana. Sur le moment les habitantEs n’ont pu faire aucune resistance, et se sont retrouvéEs à la rue sans affaires pour certainEs. La police n’a pas détenu de personnes mais tous les noms ont été pris. Peu de temps après des ouvriers sont arrivés et ont reduit en miettes l’Economato qui fonctionnait comme centre social depuis quelques semaines, tandis que dans l’autre maison, les portes et fenêtres ont été systématiquement défoncées, de meme que le plancher.

Cette expulsion qui a eu lieu sous la pression de cette enorme entreprise a laissé à la rue quelques 40 personnes, qui ont dû pour reprendre certaines affaires déjouer la vigilance des gardes privés postés aux entrées de l’edifice.

Les habitantEs appellent a une manifestation dans le quartier de la Ribera samedi [13 décembre] à 16h.

Une bonne nouvelle : une partie des habitantEs de l’Economato ont ouvert deux nouvelles maisons la nuit dernière [du 11 au 12], dans d’autres quartiers.

D’apres l’Info Usurpa de cette semaine, depuis début octobre 17 nouvelles maisons ont ouvert à Barcelone !!!!

Mais en même temps la guerre lente continue, reliée au Forum2004, Forum universel des cultures, organisé par la mairie de Barcelone et qui a declaré la guerre à l’okupation.

Mercredi 17 déc. l’Ateneu de Korneya sera expulsable, plus de 15 ans d’occupation !!! Le 13 janvier aura lieu le procès du Bloke Metges, squat de la Ribera, qui atteindra ses deux ans et demi bientôt. Il s’agit d’un procès pénal donc avec un peu de chances illes vont pouvoir le gagner, comme le Pati Blau il y a quelques semaines.

Résistance !!!!

fist


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Limoges : Vandalisme policier au squat du 219


  Limoges : Vandalisme policier au squat du 219


Communiqué du DéDAL :

Vendredi matin [5 décembre 2003], à 7h 30, deux voitures et un car de police, accompagnés d’un huissier ont fait irruption au squat du 219 rue Armand Dutreix.

Curieuse conception du secours envers les plus démunis en cette période de froid hivernal. L’appareil policier sur demande de la mairie choisit de mettre la pression sur les squatteurs du 219 rue Armand Dutreix. Les noms de chaque habitant ont été relevé et la menace d’une expulsion plane désormais sur eux. Des portes ont été fracturées sans raison.

Le collectif de Défense du Droit au logement (DéDAL) s’indigne de ces méthodes qui se veulent intimidantes face à des personnes déjà en situation de grande précarité. Déplacer huissier et policiers pour préparer une expulsion, c’est une fois de plus la réponse de la matraque à des personnes sans-abri. Se préoccuper du relogement décent des habitants du 219, c’est la demande du DéDAL et c’est la moindre des choses que les précaires peuvent attendre d’une municipalité se disant de gauche.

Alors que le gouvernement s’apprête, en concertation avec les partenaires sociaux, à brader les droits sociaux (éducation, recherche, sécurité sociale, assurance chômage), la question de l’accès au logement reste entière et ne cesse de se détériorer. Les destructions de logements sociaux vont bon train, tandis que les constructions nouvelles diminuent.

Droit au logement pour tous !

Collectif DéDAL, limoges le 9 décembre 2003

DéDAL


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Grenoble : Le téléphone fonctionne à nouveau à Golgoth-A-xxx…

Une action a été menée ce matin du mardi 9 décembre 2003 dans l’agence centrale de France Télécom à Grenoble. Le but était de placer France Télécom face à ses propres contradictions aux yeux de tou-te-s et de faire en sorte que la ligne téléphonique du squat Golgoth-A-xxx soit de nouveau fonctionnelle. En effet, France Télécom avait mis la ligne du squat en dérangement depuis le jour ou un des propriétaires du lieu avait demandé à France Télécom de nous interdire le téléphone…

Arrivé-e-s aux alentours de 10h30 à l’agence centrale du boulevard Jean Pain à Grenoble, nous en sommes reparti-e-s environ une heure après. A une vingtaine de personnes, nous avons réussi, grâce à un rapport de force vite installé (banderole, occupation de l’agence, bruits divers et variés, communication avec les client-e-s et les employé-e-s, présence agaçante et “dialogue” avec les “responsables” beaucoup plus fructueux grâce à tout ça…) à faire remettre la ligne téléphonique dans le squat. Et ce, bien sûr, alors que lors de nos entrevues précédentes à une ou deux personnes avec France Télécom on nous avait répondu “désolé, nous ne pouvons rien faire, revenez avec la un bail ou une autorisation du propriétaire”. Quand la corruption n’est pas possible (ou pas envisagée), seule la lutte paye ?

La ligne a été réinstallée le jour même. Le numéro de téléphone de Golgoth-A-xxx est donc de nouveau fonctionnel : 04 76 42 04 64.

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Voici le tract qui a été distribué à tout le monde dans l’agence (les phrases entre *étoiles* étaient collées-détournées de publicités de France Télécom) :

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Le téléphone pleure, ne raccroche pas…” (Claude François)

FRANCE TELECOM, UN SERVICE “PUBLIC” AU SERVICE DE LA PROPRIETE PRIVEE ?

Il y a deux semaines, notre ligne téléphonique a été mise en dérangement par France Télécom (nous avions pourtant un contrat depuis début novembre et aucune facture impayée…). Pourquoi donc cette coupure ? Pour la simple raison que nous sommes de vilain-e-s squatteur-euse-s et qu’un des propriétaires de la maison que nous habitons a fait la demande à France Télécom de nous couper le téléphone. France Télécom semble obéir avant tout aux riches, aux possédant-e-s, la sacro-sainte propriété privée fait des ravages de tous côtés.

Dis-moi, pourquoi t’es comme ça ? pourquoi ça va pas ? pourquoi t’essaies pas ? pourquoi tu veux pas ? (…) et là tu crois que je vais rester sans rien dire, oh oui tu crois que je vais rester planter là à te voir partir dans tes délires et te laisser faire n’importe quoi (…) et moi, moi tu m’as oublié, moi tu n’y as pas pensé, moi tu m’as juste laissé le droit de la fermer” (Florent Pagny)

Pourtant, France Télécom est censée respecter un cahier des charges dont les articles sont très clairs, ainsi que le Code des Postes et Télécommunications :

Il nous est depuis deux semaines impossible d’appeler qui que ce soit, pas même les numéros gratuits d’urgence en cas d’accident… Et personne ne peut nous appeler non plus. D’après l’article L35-1 du Code des Postes et Télécommunications, “le service universel des télécommunications fournit à tous un service téléphonique de qualité à un prix abordable”. Le même article précise qu’il existe des “conditions tarifaires et techniques prenant en compte les difficultés spécifiques rencontrées à l’accès au service téléphonique par certaines catégories de personnes en raison notamment de leur niveau de revenu ou de leur handicap”. Nos revenus, justement, ne nous permettent pas, par exemple, de nous payer des téléphones portables… “Ces conditions incluent le maintien, pendant une année, en cas de défaut de paiement d’un service restreint comportant la possibilité de recevoir des appels ainsi que d’acheminer des appels téléphoniques aux services gratuits ou aux services d’urgence”. Ce qui ne nous a pas été permis.

L’article L35 s’ouvre sur une déclaration de principe démocratiquement séduisante puisque celle-ci dit que “le service public des télécommunications est assuré dans le respect des principes d’égalité, de continuité et d’adaptabilité”… La bonne blague !

Alors que l’article L35-1 se conclut sur l’affirmation claire que “toute personne obtient, sur sa demande, l’abonnement au téléphone auprès d’un opérateur chargé du service universel dans les conditions prévues par le présent code. Le propriétaire d’un immeuble ou son mandataire ne peut s’opposer à l’installation du téléphone demandée par son locataire ou occupant de bonne foi”. Allons bon, c’est pourtant bien ce qui s’est passé ici. Nous habitons le 14 rue Paul Doumer depuis la fin du mois d’octobre et il s’agit de notre seul et unique domicile. Cette maison n’a d’ailleurs jamais été le domicile de ses propriétaires, mais il faut croire que la force de la propriété privée est plus persuasive que l’utilisation concrète d’un bâtiment, y compris quand la loi, pour une fois, accorde quelques droits aux pauvres… Rappelons aussi que l’article 2-1 des Conditions générales d’abonnement à France Télécom ne mentionne aucunement l’obligation de posséder un bail mais seulement de “justifier de son identité et l’adresse de son installation”. Ce que nous avons fait puisqu’un technicien était intervenu pour nous installer la ligne.

Par ailleurs, France Télécom nous a complètement méprisé-e-s à d’autres égards, puisque nous n’avons absolument pas été prévenu-e-s ou concerté-e-s avant de nous apercevoir que notre ligne était devenue inutilisable… Pourtant, l’article 11 du Cahier des charges de France Télécom indique que “France Télécom ne peut supprimer une prestation ou en modifier les conditions matérielles d’utilisation qu’après information des utilisateurs et des organisations d’utilisateurs concernées et recueil de leurs remarques éventuelles. Les conditions et délais de résiliation ou de modification sont publiés au moins six mois à l’avance. Lorsqu’il s’agit de modifications techniques (…), France Télécom informe au moins dix-huit mois à l’avance les utilisateurs (…). Sans préjudice d’autres dispositions figurant dans le présent cahier des charges, les informations relatives à de nouvelles offres et les modifications (…) des offres existantes sont publiées par France Télécom en respectant un délai de préavis de huit jours”.

Aucune de ces conditions n’a été respectée par France Télécom. Serait-ce parce que les squatteureuses que nous sommes n’avons pas les mêmes droits que les non-squatteureuses ? Non, nous venons de le voir, dans la juridiction des télécommunications, aucune différence n’est faite entre les droits des locataires, des propriétaires ou des occupant-e-s sans titre. En ne respectant pas son propre cahier des charges, France Télécom nous traite comme de la merde uniquement depuis une position moraliste et politique… Est-ce bien assurer le “service universel du téléphone” ?

Ha, au fait. Merci pour la facture (plus de 100 euros à payer pour deux semaines d’utilisation en ligne restreinte suivie d’une coupure sans préavis, c’est sympa comme tout).

Je veux des mots qui sonnent, yeah yeah yeah !” (Jenifer)

NOUS EXIGEONS LA REINSTALLATION DE LA LIGNE TELEPHONIQUE AU 14 RUE PAUL DOUMER A GRENOBLE AINSI QU’UNE ATTITUDE GENERALE NON-DISCRIMINATOIRE DE LA PART DE FRANCE TELECOM.

Le 9 décembre 2003, les habitant-e-s de Golgoth-A-xxx, 14 rue Paul Doumer, 38100 Grenoble

*Ma ligne, je peux tout lui demander*

Pourtant quelqu’un m’a dit que tu m’aimais encore, serait-ce possible alors ?” (Carla Bruni)

*C’est Noël dans votre agence*

Un squatteur de Golgoth-A-xxx

Montreuil: Expulsion d’un squat et incarcération de deux squatteurs polonais sans-papiers.


  Montreuil: Expulsion d’un squat et incarcération de deux squatteurs polonais sans-papiers.


La police est intervenue hier après-midi [29 novembre 2003] à Montreuil (93) pour expulser le squat de la rue Désiré Préaud. La quinzaine de squatters ont été arrêtés vers 19H00 et emmenés au commissariat. Treize d’entre eux ont ensuite été libérés dans la soirée. Les deux autres, des sans-papiers polonais, ont été placés en garde à vue. Ils sont notamment accusés de violence et de dégradation. A noter que peu avant l’arrivée de la police, le propriétaire du squat a attaqué les habitants en se faisant aider par des hommes de mains qui ont défoncé la porte et frappé les squatters à coups de matraques.

Aujourd’hui, nous devons agir pour la libération de nos deux camarades qui risquent de comparaître demain devant le tribunal de Bobigny, d’être condamnés à des peines de prison, et d’être renvoyés en Pologne.

Vous pouvez demander leur libération en téléphonant ou en vous rendant au commissariat de Montreuil, 20 Boulevard Paul Vaillant-Couturier (métro Mairie de Montreuil), TEL 0149888900.

RENDEZ-VOUS (à confirmer) LUNDI 1er DECEMBRE A 13H30 AU PALAIS DE JUSTICE DE BOBIGNY : Avenue Paul Vaillant-Couturier, métro Bobigny-Picasso (près de la Préfecture)

LIBERTE POUR LES SQUATTERS DE MONTREUIL !

FRANÇAIS-IMMIGRES : EGALITE DES DROITS !

UN SQUAT DE PERDU, DIX DE RETROUVES !

— Les deux squatters de Montreuil qui comparaissaient hier [lundi 1er décembre 2003] au tribunal de Bobigny ont été placés en détention préventive dans l’attente de leur procès, fixé au 18 décembre. Il ont été incarcérés à Fleury-Mérogis.

Une quinzaine de personnes sont venus assister lundi à l’audience de comparution immédiate. Nos deux camarades ont demandé le report du procès.

Il faudra donc à nouveau se mobiliser pour eux le 18 décembre.

SOLIDARITE AVEC LES SQUATTERS DE MONTREUIL !!!

RENDEZ-VOUS JEUDI 18 DECEMBRE A 13H30 A LA 17e CHAMBRE DU TRIBUNAL DE BOBIGNY

NE LAISSONS PAS LA JUSTICE BOURGEOISE ENFERMER NOS CAMARADES !!!

darker [at] hotpop [dot] com


Grenoble: Des cours d’italien à la Loupiote


  Grenoble: Des cours d’italien à la Loupiote


Parmi les activités publiques qui démarrent au squat de la Loupiote, il y a les cours gratuits d’italien… Nous proposons qu’un fil conducteur de ces cours soit la traduction d’un bouquin encore inédit en français, le dizionario antipsichiatrico, qui date de 1997 et explique de manière très claire et accessible le B.A.-BA de l’antipsychiatrie, avec moult exemples et récits à l’appui. Les cours auront lieu tous les mercredis de 18h à 20h (ils commencent donc mercredi 3 décembre) et sont ouverts à tou-te-s (quel que soit le niveau d’italien) ; on discutera ensemble de la manière dont nous voulons avancer. La Loupiote c’est au 4 rue du Pont-Carpin (limite Grenoble – (st)Martin d’Hères, près av.G. Péri, tel. 04.76.01.85.24).

Voici quelques premiers extraits traduits du dizionario antipsichiatrico (de Giuseppe Bucalo):

” Je me souviens d’avoir demandé une fois à Louise : ” De quoi as-tu besoin ? Qu’est-ce qui peut t’aider ? “

Louise me répondit : ” Je voudrais être une chenille et ramper sur le sol. Je voudrais qu’il y ait quelqu’un, mais je ne voudrais pas qu’il m’arrête, me remette debout, m’empêche de le faire. Je voudrais que cette personne reste là et me regarde, sans intervenir. “

Je me souviens de lui avoir dit : ” Peut-être qu’ainsi cette chenille pourra enfin devenir un papillon ? “

Louise me regarda, sourit et ne dit plus rien. Que fallait-il à Louise ? Un témoin ! Combien cette aide peut être loin de celle qu’elle avait eu de ses thérapeutes (et que des millions d’autres individus ont des spécialistes de la santé mentale). Même quand on te laisse ramper par terre, personne ne te regarde, personne n’est témoin. La seule attention que tu peux espérer avoir est qu’on te pousse hors de ses allées et venues quotidiennes. Ramper par terre : thérapeutique, quand ce sont elles/eux qui t’y plaquent pour t’immobiliser et t’endormir avec une piqûre ; pathologique, quand c’est toi qui le fais, pour te sentir chenille, pour disparaître, te prostrer ou prier. Je ne me suis jamais expérimenté chenille, mais il m’est arrivé d’être témoin de merveilleuses ou inquiétantes métamorphoses. Personne ne peut établir avec certitude si c’est de témoins qu’on a besoin à certains moments plutôt que d’une correction sonore ou d’une dose massive de tranquillisants. La seule chose qui est sûre, c’est que cette aide est plus difficile à donner, c’est celle qui nous implique d’une certaine manière dans la folie de l’autre et nous entraîne dans un territoire inconnu. Nous savons très bien utiliser nos mains pour frapper quelqu’un-e ou lui enfoncer une seringue dans le bras, mais très peu ou pas du tout participer à ce qui lui arrive. “

” L’expérience de Rosenham, conduite par des professionnel-le-s américain-e-s et citée plusieurs fois dans les textes de critique de la psychiatrie (cf.Antonucci 1986, Forti 1979), est une autre preuve de l’absurde prétention de la psychiatrie de savoir et pouvoir distinguer le sain du fou. Un groupe de professionnel-le-s se présenta dans une série de structures psychiatriques aux différentes orientations thérapeutiques en essayant de se faire interner. Tou-te-s affirmaient avoir entendu des voix qui de manière confuse prononçaient des choses comme ” inutile ” ou ” vide “. Pendant l’entretien d’admission, les patient-e-s avaient répondu aux questions correctement par rapport à leur situation sociale, leurs expériences et leurs rapports. Tout de suite après leur internement illes avaient arrêté de se plaindre du symptôme pour lequel illes avaient été interné-e-s et illes avaient commencé à collaborer activement avec le personnel. Pour toute la durée de l’internement, aucun membre de l’équipe médicale n’a avancé de doutes sur leur maladie. Dans leur rapport, les acteurs et actrices de l’expérience citent le fait paradoxal que les seul-e-s à nourrir des doutes sur leur identité ont été d’autres interné-e-s, qui les ont accusé-e-s de ne pas être des patient-e-s, mais des personnes qui étaient là pour quelque recherche ou contrôle. Que les patient-e-s soient des observateurs et observatrices sensibles et attentifs/ves de la réalité ne doit pas nous surprendre, ce que nous devons plutôt nous demander, et que les acteurs/trices oublient de signaler dans leur rapport, c’est si ces interné-e- s qui les avaient reconnu-e-s et, probablement, dénoncé-e-s aux médecins du service, ont été soigné-e-s de ce délire. Et, dans le cas d’une réponse affirmative, qu’ont pensé ces thérapeutes quand il leur a été révélé que leurs patient-e-s avaient raison ? Comment ont-ils justifié cette erreur ? Et comment pouvait-elle être évitée ? Je crois n’avoir jamais entendu dans la bouche ou lu dans les écrits d’aucun- e psychiatre un seul mot d’auto-critique claire et sincère concernant les horreurs auxquelles il ou elle avait participé, parfois ignare et inconscient- e, d’autres fois conscient-e et sadique. Chaque lobotomie, castration, fièvre paludique, mitard, camisole de force, interdiction, électro-choc… a été justifié comme le prix à payer sur l’autel de la recherche médicale pour combattre cette terrible maladie. Une maladie terrible au point que les gens n’ont jamais admis de l’avoir, une maladie qui n’a jamais été aussi terrible que les thérapies qui ont essayé de la soigner. En psychiatrie on ne se trouve pas face à des thérapies, mais à des expérimentations. Ce que font les psychiatres ne sert pas tant à soigner qu’à démontrer l’existence de la maladie mentale. “

” Aujourd’hui nous sommes peut-être sincèrement scandalisé-e-s par le fait que des innocent-e-s aient pu finir à l’asile. En réalité, qui a enfermé pour des décennies et considéré symptôme de maladie mentale l’adultère, la masturbation ou l’homosexualité, n’a rien fait de différent de qui aujourd’hui interne ou soigne Franck parce qu’il ne trouve plus son visage. A l’époque comme aujourd’hui les psychiatres sanctionnent, avec leurs soins, tous les comportements et opinions qui ne respectent pas l’Ordre mental, familial et social, constitué. “

” Bien sûr on peut toujours, pour l’expérience de Rosenham, soulever des doutes quant à la professionnalité des personnes qui ont signé les internements et élaboré les diagnostics. Beaucoup défièrent Rosenham, comme on peut le comprendre, de répéter l’expérience auprès de leur structure où certainement une erreur de ce genre ne pourrait pas être constatée. (…) Rosenham répondit au défi de ses collègues en changeant l’énoncé de l’expérience. Des fausses patientes et des faux patients auraient tenté, dans les trois prochains mois, de se faire interner dans l’une de ces cliniques qui déclaraient user d’un diagnostic scientifique et sûr. Le défi, que leur relançait Rosenham, était d’essayer d’être capables de reconnaître les acteurs et actrices quand illes se seraient présenté-e-s. Durant la période de l’expérience un grand nombre d’internements furent refusés dans les différentes structures, et dans de nombreux cas, un ou plusieurs chef-fe-s signalaient des doutes quant à l’identité des patient-e-s. En réalité, aucun faux patient et aucune fausse patiente ne s’est présenté-e durant cette période auprès de ces structures. Cela ne veut pas dire qu’il existe de vrai-e-s patient-e-s, mais simplement que les psychiatres ne sont même pas capables de reconnaître avec certitude chez les gens les aspects qu’elleux-mêmes définissent comme symptômes de maladie. Les internements et les soins psychiatriques sont seulement en partie justifiés par les diagnostics, souvent les diagnostics mêmes sont justifiés par la tentative d’intervenir et de résoudre les conflits sociaux et relationnels dans lesquels nous sommes impliqués. Une injection de neuroleptiques n’est pas le soin d’une quelconque maladie, mais le moyen pour bloquer un individu qui est en train de mettre la maison sens dessus dessous à la recherche de son propre livret d’épargne, que nous lui avons thérapeutiquement soustrait et caché. Bien sûr il existe des situations dans lesquelles le conflit paraît impossible ou incompréhensible, comme dans le cas où Franco s’échauffe contre son père parce qu’il ne supporte pas sa manière de se tenir à table, ou dans le cas où Francesca accuse ses parents de vouloir l’empoisonner. Il y a le conflit entre Nino qui ne dort pas la nuit et traîne dans les rues du village en criant et ses voisin-e-s qui doivent retourner travailler le matin. Ce sont des conflits difficiles, bien sûr, mais pas des maladies. Les appeler ainsi sert seulement à les nier, à ne pas les affronter et les affiner. ”

” Chaque fois que je tentais de dialoguer avec les infirmier-e-s et les chef- fe-s du service pour tenter de leur faire entrevoir les raisons de Giovanni, elles et eux me regardaient comme qui est en train de perdre du temps après des fantaisies et des philosophies utopiques. Cela semblait paradoxal, mais ces hommes et ces femmes ne l’avaient jamais écouté : juste gardé à vue. Illes étaient capables de me lister toutes les infractions à l’ordre de vie du service, même loin dans le passé, mais illes ne semblaient pas avoir jamais suivi un seul de ses discours ou écouté une seule de ses plaintes ou requêtes. Illes regardaient ses paroles et ses pensées comme illes gardaient un œil sur ses actions. Illes regardaient seulement si ces paroles et ces pensées pouvaient être insérées dans le groupe de symptômes de la catégorie de l’amélioration ou de l’aggravation. Ce qu’il disait, à qui et pourquoi, semblait ne pas les intéresser. “

“C’est ce que Giovanni a fait (ou que les autres craignaient qu’il puisse faire) qui a convaincu ses parents d’appeler la police psychiatrique et de le faire interner. Mais c’est ce qu’il dit qui détermine le fait qu’il soit remis en liberté. S’il accepte de se sentir et d’être malade et d’avoir, en conséquence, besoin de ces soins, on le jugera amélioré et il pourra espérer une liberté surveillée. S’il insiste à considérer arbitraire son incarcération et à revendiquer son droit à la libre communication et au mouvement, ses conditions seront déclarées graves et il sera soumis à un durcissement des mesures restrictives. Le docteur Lorenzo Mandalari, psychiatre et premier directeur de l’asile de Messine, déjà au début du XXème siècle, vantait une moyenne de guérison de 40%. Les thérapies expérimentées ces années-là allaient de l’application de sangsues à l’inoculation de la malaria, de l’isolement à la camisole de force, de la castration à l’ablation des ovaires, et à d’autres tortures du genre. 40% de ses victimes guérissaient et ne revenaient plus pour un autre cycle de thérapies. Je crois que des pourcentages de ce genre sont semblables à ceux des personnes qui, parmi les victimes de la torture, dans différentes époques de l’Histoire et sous toutes les formes de régime totalitaire, se sont trahies elles-mêmes, ont renié leurs idées et accepté les idées de leurs bourreaux. Face au pouvoir de la psychiatrie nous ne pouvons faire beaucoup, même si ce qu’il y a à faire n’est pas peu. L’infirmier qui fait disparaître du service les instruments d’immobilisation fait certainement quelque chose de concret pour limiter la violence psychiatrique. Ainsi faisait Fiorenzo quand il s’élançait pour frapper les médecins et les infirmier-e-s dans la tentative disproportionnée de défendre les interné-e-s traîné-e-s de force et de manière violente dans le service. Qui le condamne devra essayer de m’expliquer ce qu’il ou elle ferait à sa place. Beaucoup d’entre nous croient avoir affaire à des personnes sensées quand ils ou elles pensent aux responsables des services psychiatriques. Des personnes avec lesquelles Fiorenzo pourrait parler et expliquer ses raisons. On l’a pensé aussi du docteur Mandalari, du docteur Ugo Cerletti expérimentateur de l’électro-choc, du docteur Moniz, prix Nobel de médecine, et du docteur Coda, psychiatre turinois qui dialoguait avec ses patient-e-s en leur appliquant des électrodes sur les testicules. En réalité, pour autant que cela puisse nous sembler paradoxal, c’est justement la volonté d’exposer sont propre point de vue qui détermine l’intervention psychiatrique. Les patient-e-s ne peuvent pas avoir des opinions ou exprimer des jugements sur elles/eux-mêmes ou sur le personnel : ils et elles doivent seulement partager les opinions et les jugements de leurs thérapeutes. Quand les opinions des un-e-s et des autres sont en conflit, la question est résolue par la sédation et la limitation de la capacité de pensée et de mouvement de la patiente ou du patient. Nous ne devons pas étonner du tout de la fréquence avec laquelle les psychiatres rencontrent chez leurs patient-e-s ce grave symptôme de maladie mentale que nous appelons “comportement autiste”. Une attitude de ce genre est prescrit, et est considéré comme leur devoir, aux prisonniers de guerre qui tombent en mains ennemies. Est-il si insensé de penser qu’une personne puisse choisir de ne pas parler avec qui la retient dans un lieu où elle ne veut pas être ? La faculté de ne pas répondre est un droit sanctionné par la loi. Est-il irrationnel de choisir de ne pas répondre parce que l’on est sûr- e que ce que l’on dit sera utilisé contre soi ? En définissant le comportement de Giovanni comme autiste, les psychiatres veulent dire en réalité qu’illes ne sont ni ses maton-ne-s ni ses accusateurs/trices, mais des médecins qui agissent en son intérêt. Il est pourtant difficile, si ce n’est pas impossible, de penser à une privation de liberté plus radicale que l’internement psychiatrique ou à des cruautés plus atroces que celles que les psychiatres, en plus d’un siècle d’histoire, ont infligé à leurs patient-e-s.”

“Matthew ne sait pas pourquoi le docteur lui a prescrit un traitement médicamenteux. Quand il en demande la raison à une infirmière elle lui répond qu’il est malade et que le médicament lui fera du bien. Matthew dit au personnel que ça ne doit pas être le bon médicament pour lui, vu qu’il se sentait bien avant de le prendre et que maintenant il se sent mal. Le médecin lui répond que le fait qu’il se sentait bien avant de prendre le médicament ne prouve pas qu’il n’était pas malade, parce que les patient-e-s en psychiatrie, souvent, ne se rendent pas compte d’être malades. Les infirmières, dans une réunion du service, lui disent qu’il devrait avoir confiance en son médecin, sachant que celui-ci est un expert dans ce domaine alors que lui ne l’est pas, et que la méfiance est un symptôme de maladie mentale. Il se sent confus. Il n’a pas confiance en celles et ceux qui lui disent qu’il était malade quand il se sentait bien et que le médicament qu’on lui donne peut l’aider à se sentir mieux alors même qu’il lui fait du mal. Il a encore moins confiance en elleux quand illes lui disent qu’il est malade s’il n’a pas confiance en elleux. Comment convaincre le médecin de changer le traitement et cacher son manque de confiance dans le traitement ? Il dit qu’illes sont en train de l’empoisonner. De cette manière il cache sa méfiance, et en même temps la révèle. Comme il ne sait pas que le docteur a fait un diagnostic de schizophrénie paranoïaque et a prescrit le médicament pour traiter cette maladie, il ne se rend pas compte qu’en disant être empoisonné il provoque ce dont il a peur, c’est-à-dire une augmentation de la dose du médicament.” (M. Shatzman)

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