Paris: Combien de vies en sursis dans les immeubles de la Siemp ?


  Paris: Combien de vies en sursis dans les immeubles de la Siemp ?


Il y a maintenant quelques mois, le collectif mal-logés en colère occupait successivement la SIEMP, puis les locaux régionaux et nationaux des Verts.

Ces trois occupations avaient un seul et même objectif : faire reloger des demandeurs de logement social, tous habitants d’immeubles pourris.

Si nous avions visé la SIEMP et les Verts, c’était pour une simple raison : cette société, ou la Ville est majoritaire, est chargée depuis 2001 d’une mission d’éradication de l’insalubrité à Paris et elle est dirigée depuis cette date par Mr René Dutrey, également président du groupe Verts au Conseil de Paris.

A Mr Dutrey et avec Mr Mano, adjoint socialiste au Logement, nous avons dénoncé la lenteur des procédures sur les immeubles insalubres : lenteur pour classer le bâtiment en insalubrité, lenteur, ensuite pour que le relogement soit effectué. Nous avions aussi évoqué les classifications administratives douteuses, insalubrité remédiable, indécence qui n’ont qu’un seul objectif : faire un tri sélectif des relogements pour accélérer la pénurie.

Nous avons surtout martelé une évidence : tant que le nombre de PLA-I, seuls logements accessibles aux smicards et en dessous ne sera pas revu à la hausse, les demandes de logement resteront bloquées : 70 pour cent des demandeurs de logement parisiens ne peuvent accéder qu’à ce type de logement, seuls 800 sont construits par an sur Paris, au titre d’une convention entre la ville de gauche et l’Etat de droite. A titre d’exemple, il suffit de regarder les nouvelles constructions de la Siemp dans les arrondissements populaires, en lieu et place des anciens taudis : des logements intermédiaires ou du PLUS.

Notre collectif, bien que petit en nombre a la caractéristique de regrouper indistinctement les sans-papiers et les autres, les familles qui risquent de brûler vives comme les Sdf célibataires menacés de mourir de froid.

La litanie des bonnes raisons qui nous sont toujours opposées pour ne pas reloger : pas de papiers, pas assez de revenus, pas d’ancienneté de la demande, c’est la faute de la droite, c’est de la faute des bailleurs, c’est de la faute du parti socialiste, cette litanie a encore tué sept personnes, d’un immeuble possédé par la Siemp depuis six mois. Faut-il six mois pour se rendre compte de la dangerosité d’un immeuble et reloger en urgence ? Faut-il six mois pour régulariser des gens ? Non, il faut une volonté politique qui n’existe nulle part chez nos dirigeants quelle que soit leur couleur.

Depuis, nos occupations, quelques relogements sont tombés,mais la majorité des habitants des immeubles visités par Mr Dutrey sont toujours dans leurs poubelles.

Quand aux Sdf et aux célibataires, ils sont certainement voués à attendre encore plus longtemps, les morts de froid l’hiver n’ayant plus l’air de choquer les médias depuis bien longtemps.

Quant à la difficile survie des trois millions de mal-logés vivants, confrontés aux maladies, aux loyers qui bouffent les trois quarts du revenu, aux conditions carcérales des foyers d’hébergement ou des résidences sociales, aux expulsions , ma foi messieurs dames, c’est la crise du logement. Il faut bien démolir les ghettos et promouvoir la mixité sociale à coups de bulldozer et de ventes de HLM, nos bobos ont besoin d’espace vital et de lofts de 200 mètres carrés pour s’épanouir, la Cour du Maroc et son beau jardin, c’est tout de même plus agréable qu’une cité de prolos, et puis vous ne voudriez pas aussi qu’on remette en cause la sainte propriété privée ? L’hommage aux morts, c’est la lutte qui continue contre les démolitions, l’auto-réquisition des logements vides, le harcèlement des politiques et des bailleurs pour un logement et des papiers pour tous.

[30 août 2005]

Nadia, collectif mal-logés en colère, à titre individuel


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Barcelone: Okupaqueer est délogé depuis février 2005


  Barcelone: Okupaqueer est délogé depuis fevrier 2005


Coucou à toutes et a tous, squatters, queers et tout le reste.

Comme je reçois toujours beaucoup de mails à propos du squat queer à Barcelone, je dois publier cette annonce, avec 7 mois de retard :
A Barcelone, le groupe appelé Okupaqueer, qui avait fini par squatter une grande maison a Montgat (au bord de la mer, près de Barcelone) de septembre 2004 à fevrier 2005, n’existe plus, et ce, depuis le délogement.
Donc n’envoyez pas de message à la boîte mail car vous n’aurez jamais de reponse.
Auparavant, je transférais les messages reçus concernant l’hébergement, ou un endroit pour rester, au groupe queeruption 8, mais depuis que cette rencontre est terminée, et qu’aucun groupe n’a apparemment continué à être impliqué dans le queer et le squat, je ne sais plus quoi repondre.

Salut, et bonne chance.

Nico


Strasbourg: Réu de préparation de la marche des sans-abri


  Strasbourg: Réu de préparation de la marche des sans-abri


Salut à tous, afin de soutenir la marche silencieuse du 14 septembre 2005 proposée par les sans-abri que nous avons rencontrés, nous avons besoin de toute les énergies disponibles vendredi soir, le 2 septembre à 20 heures à la H rue de l’ancienne douanne. Ceux qui ne pourraient pas venir peuvent nous contacter au 06 66 90 23 19 ou 06 19 99 42 82. Nous comptons sur votre mobilisation pour ACTION LOGEMENT

Fabrice Barthelet


Amsterdam: Appel à la solidarité avec Yolanda Koss

Traduction de http://squat.net/en/news/amsterdam240805.html par tradoccas_VILAIN_SPAM_ [at] no-log [dot] org

Le 14 Juillet 2005, dix personnes comparaissaient au tribunal d’Amsterdam. Illes étaient inculpé-e-s pour leur participation aux actions contre l’expulsion de six squats d’Amsterdam. Huit d’entre e-lle-ux étaient déjà incarcéré-e-s depuis les expulsions du mardi 31 mai. Ce jour là, environ 70 personnes s’étaient rassemblées devant le squat Rockin dans le centre d’Amsterdam. Illes avaient monté des barricades dans la rue, y avaient mis le feu et avaient bloqué le traffic pendant plusieurs heures. Lorsque la police anti-émeutes est arrivée, illes l’ont attaquée avec des pierres, des bouteilles et des bombes de peinture. La lutte dans la rue avait duré une heure, et l’expulsion avait pris cinq heures. [la suite...]

Barcelone: Des nouvelles des quartiers Gracia, Sants, et du squat Portal Nou


  Barcelone: Des nouvelles des quartiers Gracia, Sants, et du squat Portal Nou


Gracia :

– Les fêtes alternatives avaient été interdites par le maire mais elles ont finalement eu lieu. Le collectif a occupé un terrain vague dans le quartier même où se sont déroulées sans problèmes les fêtes.

– Il n’en a pas été de même des fêtes officielles : du lundi au jeudi, de violents affrontement ont opposé police et festifs-ves. Solde des fêtes, 13 détentions, 8 flics blessés, 25 000 euros de dégâts en mobilier urbain.

Au debut, la presse a largement chargé les squatteur-euse-s pour finalement les laisser tranquilles, le collectif des squats de Gracia prenant ses distances avec les affrontements.

Centre ville :

– Le squat de Portal Nou a de nouveau été attaqué hier matin [22 août 2005]. Un cocktail molotov lancé contre la porte a provoqué des dommages considérables, l’intervention des pompiers, arrivée de la police… une réunion se tient ce soir [23 août] pour réagir a cette attaque, qui vient de mercenaires payés par l’agence immobilière proprio des lieux.

Sinon, les fêtes alternatives du quartier de Sants se déroulent cette semaine, concerts, repas, jeux, débats… jusqu’à samedi.

Voili voilou

fisti


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(Saint-)Etienne: Procès annulé pour Izmir et un autre squat


  (Saint-)Etienne: Procès annulé pour Izmir et un autre squat


Bonjour bonjour

une relativement bonne nouvelle pour Izmir, et pour l’autre squat qui passait en procès en même temps à Synthétienne, tous deux le 6 juillet 2005.

Le rendu du tribunal a eu lieu auourd’hui 24 août : le juge des référés du tribunal de grande instance, à la demande de l’avocate des squatteurs/euses, s’est déclaré incompétent, et renvoie la mairie (propriétaire des maisons squattées) à recommencer tout la procédure, devant le tribunal d’instance cette fois.

Ce qui signifie en gros que : nous gagnons quelques semaines de délai au minimum, youpi.
Mais nous nous retaperons passage au tribunal et compagnie…

R.


Grenoble: Éloge d’une opération policière par un quotidien de la presse régionale (le Dauphiné Libéré)

Le 3 août 2005 le Dauphiné Libéré consacre la seconde page[1] de son quotidien à l’expulsion à Grenoble des squats des 400 couverts et de la Kanaille[2] par la police, les CRS, les pompiers et les services municipaux.

Les 400 couverts, c’était une traverse squattée du centre-ville de Grenoble (depuis novembre 2001). Domicile de près de 25 personnes, des centaines d’activités s’y sont tenues, sans profits ni subventions.
La municipalité de Grenoble, propriétaire des locaux, cherchait à expulser et raser la traverse pour y reconstruire des logements dont moins de la moitié seront étiquetés “sociaux”. Les 400 couverts étaient devenus expulsables du jour au lendemain le 8 juin 2005, suite au procès expéditif tenu fin mai.

La Kanaille était un autre squat (l’ex-hôtel Lakanal, également propriété de la ville), occupé par une quinzaine de personnes depuis début mai 2005. Expulsable dès le mois de juillet, des activités s’y sont malgré tout tenues chaque semaine jusqu’au jour de l’expulsion.

À côté de deux encadrés reprenant pour l’un des morceaux d’une communication des squatters et pour l’autre les réactions insipides de politiques grenoblois, l’article principal du Dauphiné Libéré relate l’action.

A sa lecture, on comprend rapidement comment, au moment du rachat du quotidien par Serge Dassault[3], le journaliste[4] a pu rester, contrairement à 45 de ses collègues[5] du Dauphiné qui – de gré ou de force – avaient exercé leur droit de retrait[6]. Il se sentait sans doute en phase avec les objectifs de son nouveau patron et tout prêt à se mettre à son service pour diffuser(enfin ?[7]) des idées saines[8] à 879 000 lecteurs.

La servilité vis-à-vis des pouvoirs – locaux ou policiers – de la presse régionale est légendaire, et le Dauphiné Libéré en est un représentant modèle[9]. Il aime l’ordre et les autorités, beaucoup moins l’insoumission et ce qui ne va pas droit.

Le journaliste manifeste une admiration candide pour le déploiement des 200 policiers et CRS, “avec le concours de la grande échelle des sapeurs-pompiers”. Il détaille la puissance des forces de l’ordre, tout en insistant sur les précautions prises : ils utilisent “des munitions spéciales non perforantes”, puis une nacelle “(ce qui a été fait: ndlr)” grâce auxquelles les expulsions “n’ont fait aucun blessé”.

En face, la présentation des squatters est condescendante : les 400 Couverts étaient “une sorte de lieu de vie et de création, point de ralliement d’associations diverses“, le projet de la Kanaille n’est même pas décrit. Venant après l’approximation “Epilogue judiciaire”, on voit bien que le but de l’article n’est pas d’informer sur le fond.

On n’en saura donc pas plus sur leur motivation à se “réfugier” où à être là sous la pluie “juché[s]” sur les toits de ce qui était leur maison. Tout laisse à penser qu’ils mettent des vies en danger sans raison. Leur non-humanité est visible jusque dans le vocabulaire employé : voyez comme ils “s’harnachent” de baudriers alors que les policiers en sont “équipés”. Ils “passent par les fenêtres”, “glissent par les trous ouverts”, c’est bien une bataille entre l’ordre et le chaos qui nous est décrite là.

D’ailleurs, le champ lexical est celui du discours guerrier : les policiers et les CRS “se rassemblent”, ils ont “deux objectifs”, ils “donnent l’assaut”, ils “ouvrent le feu” puis ils “évacuent”.

C’est presque une évacuation humanitaire, hormis le fait que les évacués s’y opposent. Les lieux sont, d’après la préfecture, “totalement insalubres et particulièrement dangereux”[10]. Le journaliste insiste (en conservant l’ambiguïté : est-ce lui qui constate ou reprend-il juste le communiqué ?), “le squat des 400 Couverts présentait en effet un état de saleté et de délabrement avancé”, mais on se demande sur quoi il se base. Comment peut-il témoigner de ce que le squat “présente”, alors qu’il n’y est jamais entré, ni avant, ni pendant l’expulsion ?! Un cordon de CRS avait “pris position” pour tenir tout le monde à plus de 20 mètres des bâtiments, et sans souligner cet obstacle à son travail de journaliste, il reprend tels quels les arguments avancés par la mairie pour détruire les lieux.

Immédiatement après les expulsions, une manifestation spontanée[11] s’est déclenchée. Pourquoi celle-ci a-t-elle été occultée par le Dauphiné ? Pour faire croire que le calme règnait dès l’expulsion passée ? Parce qu’aucune arrestation n’y a été effectuée ? Ça pourrait être tout simplement cela, venant d’un journaliste qui met comme unique intertitre à son article : “les squatters laissés libres après un simple contrôle d’identité”. Personne n’a été blessé, personne n’a été emprisonné : Affaire Classée !

Quelques pages plus loin, le Dauphiné excelle à nouveau dans la transparence et la sincérité:

“ANIMATION SURPRISE A ALSACE-LORRAINE. Une étrange animation est venue égayer l’avenue Alsace-Lorraine hier après-midi, au point de faire s’arrêter les passants, tous têtes levées. Les fenêtres d’un appartement se sont en effet ouvertes pour laisser entendre de la musique à un volume sonore très élevé. Même si cette animation sonore a dû irriter plus d’un voisin, elle a fait sourire les passants. Une forme de soutien au squat des 400 Couverts, qui était en train d’être expulsé non loin de là (lire en page 2): un long drap noir pendait depuis la fenêtre avec l’inscription “Non aux expulsions”.”

Alors qu’ils ont publié à côté une photo (tronquée), ce qu’oublie de dire le/la journaliste anonyme, et il est difficile de croire qu’il/elle n’ait pas pu s’en apercevoir, c’est que ces banderoles étaient accrochées juste au-dessus du siège grenoblois du Dauphiné Libéré!

Voir photos [12] [13].

Notes :
[1] Article du Dauphiné Libéré : http://grenoble.squat.net/2005-08-03_DLp2.pdf
[2] Textes et images sur les squats grenoblois : http://grenoble.squat.net/
[3] Dassault achète la SocPresse, dont le Dauphiné Libéré : http://www.acrimed.org/article1510.html
[4] En l’occurrence Stéphane Blézy, mais nous préférons l’indiquer en note car ça aurait pu aisément être un autre.
[5] Il y a 260 journalistes au Dauphiné Libéré actuellement : http://w3.ledauphine.fr/static/chiffrecle/
[6] 270 journalistes partent de la SocPresse après le rachat par Dassault : http://www.acrimed.org/article1857.html
[7] Des lecteurs du Dauphiné Libéré nous indiquent que le traitement de ce type d’actualité avant le rachat aurait été identique.
[8] Les idées saines de Dassault : http://www.acrimed.org/article1853.html
[9] Presse régionale : http://www.acrimed.org/rubrique154.html
Le Dauphiné Libéré est aussi jaloux de son propre pouvoir ; il avait du haut de son million de lecteurs attaqué en justice son « concurrent » le Dauphin libre (diffusé à quelques dizaines d’exemplaires) et l’avait forcé à changer son nom en Cétacé libre : http://www.monde-diplomatique.fr/2004/09/DESCAMPS/11453
[10] Déclaration de la Préfecture : http://grenoble.squat.net/2005-08_Pref_Isere_Expulsion_Squats.pdf
[11] Texte et images de la manifestation : http://squat.net/fr/news/grenoble020805.htmlet http://grenoble.squat.net/2005-08-02_Manif_postExpulsions/
[12] http://grenoble.squat.net/2005-08-02_Expulsions_Banderole_Av_Alsace-Lorraine_a.jpg
[13] http://grenoble.squat.net/2005-08-02_Expulsions_Banderole_Av_Alsace-Lorraine_b.jpg

Amel, Camille et Claude (août 2005)

Villeurbanne : Une tentative d’expulsion échoue…


  Villeurbanne : Une tentative d’expulsion échoue…


En cette fin d’après midi du 18 août 2005, un groupe de chômeurs revenant de l’occupation d’une ANPE croise fortuitement des expulsés locatifs…

En effet, les occupant-e-s de la petite maison du 12 cours de la République à Villeurbanne viennent d’être expulsé-es par la police.

Bref retour en arrière : le mercredi 17 août (la veille donc), le tribunal d’instance a donné huit jours aux occupant-e-s avant leur expulsion. Cette petite maison fait partie d’un lot qui va être démoli pour laisser place à la construction d’une résidence privée ; étant vide depuis plusieurs mois, des personnes sans logis l’occupent.

Pourtant la police interviendra dès le lendemain, nous ne saurons qui a donné l’ordre aux policiers.

Ce jeudi, donc, nous décidons d’intervenir pour demander à la police (encore présente sur les lieux) le pourquoi de l’expulsion alors que le tribunal a laissé huit jours de répit, la réponse est cinglante : « ils n’ont rien à faire là et peuvent déjà s’estimer heureux qu’il n’y ait pas de poursuites pour vol d’eau, article n° … du code pénal ! Circulez sinon je constate une entrave à la circulation et j’embarque tout le monde (…) ». Malgré ces menaces, nous continuons à demander une explication, la tension reste forte, le policier (chéfaillon brutal et sans aucun doute possible raciste) poursuit ses menaces de contrôles d’identité parlant même de reconduite à la frontière (pour des polonais c’est assez fort…), un policier indique même qu’ils n’ont pas de « visas Schengen » !

Nous poursuivons (prêts à faire constater par voie d’huissier – un comble – l’expulsion illégale) et finalement la police lâche prise car en effet elle ne peut se substituer à une décision de justice : la loi c’est la loi et même pour la police !

Les expulsé-e-s regagnent la petite maison…

Ce type d’intimidation n’est pas une nouveauté de la part de la police, nous avons pu le constater à plusieurs reprises ces derniers mois.

La solidarité est une arme !

Un précaire en lutte


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Paris: Pétition contre l’expulsion d’Alternation 2119

Bonjour,

L’’association Alternation 2119 occupe 3500 m2 de locaux dans le 12e arrondissement de Paris depuis 5 ans et demi. Elle vient de mettre en ligne une pétition contre son expulsion du squat de l’Alternation prévue par le commandant de police responsable à la cellule des expulsions du commissariat central pour mi-septembre [2005]. [la suite...]

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Grenoble: Photos , Dauphiné Libéré, expulsions, actions et destruction

Dans le Dauphiné Libéré du mercredi 3 août 2005 (n°18 888), il y avait en page 2 un infâme article relatant les expulsions des 400 et de la Kanaille (surtout des 400 en fait…). Vous pouvez le lire sur http://grenoble.squat.net/2005-08-03_DLp2.pdf mais je vous aurai prévenu c’est vraiment super nul (qui donc s’attendait à autre chose de toute façon ?).

En page 6 du même numéro, une brève concernant “Le Grand Grenoble”… Celle-ci présentait une petite photo montrant deux banderoles accrochées à un balcon (une blanche en largeur, et une plus longue toute noire suspendue verticalement). Rien n’indique où se trouve le bâtiment (à part qu’il se situe sur l’avenue Alsace-Lorraine, donc non loin des 400 couverts…), ni si celui-ci a quelque chose de particulier.

Voici l’intégralité de la brève:

“ANIMATION SURPRISE A ALSACE-LORRAINE. Une étrange animation est venue égayer l’avenue Alsace-Lorraine hier après-midi, au point de faire s’arrêter les passants, tous têtes levées. Les fenêtres d’un appartement se sont en effet ouvertes pour laisser entendre de la musique à un volume sonore très élévé. Même si cette animation sonore a dû irriter plus d’un voisin, elle a fait sourire les passants. Une forme de soutien au squat des 400 Couverts, qui était en train d’être expulsé non loin de là (lire en page 2): un long drap noir pendait depuis la fenêtre avec l’inscription “Non aux expulsions”.”

Ce qu’oublie de dire le/la journaliste anonyme, et il est difficile de croire qu’il/elle n’ait pas pu s’en apercevoir, c’est que ces banderoles étaient accrochées juste au-dessus du siège grenoblois du Dauphiné Libéré!
Voir photos sur :
http://grenoble.squat.net/2005-08-02_Expulsions_Banderole_Av_Alsace-Lorraine_a.jpg
http://grenoble.squat.net/2005-08-02_Expulsions_Banderole_Av_Alsace-Lorraine_b.jpg

Voili.

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A part ça, http://grenoble.squat.net/ est ces temps-ci régulièrement mis à jour, et de nouvelles galeries de photos sont prêtes ou en cours de préparation. Par exemple:

- Photos de la manif spontanée qui a suivi l’expulsion des 400 couverts et de la Kanaille
http://grenoble.squat.net/2005-08-02_Manif_postExpulsions/

- Photos de l’expulsion des 400 couverts
http://grenoble.squat.net/400couverts/expulsion/

- Photos de l’expulsion de la Kanaille
http://grenoble.squat.net/2005-08-02_Expulsion_Kanaille/

- Photos de la destruction des 400 couverts (11 et 12 août)
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-11_400_Destruction_a.jpg
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-11_400_Destruction_b.jpg
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-11_400_Destruction_d.jpg
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-11_400_Destruction_e.jpg
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-11_400_Destruction_f.jpg
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-11_400_Destruction_g.jpg
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-11_400_Destruction_h.jpg
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-12_Destruction_400_citerne.jpg
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-12_Destruction_400_dents.jpg
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-12_Destruction_400_fleur.jpg
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-12_Destruction_400_ruine_face.jpg

mais:
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08-11_400_Blinde_a.jpg

et puis un petit détournement de
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08_Grenoble-Royal.jpg
fait par R.
http://grenoble.squat.net/400couverts/2005-08_Detournement_ordi_Residence_les400.jpg

Dans la ville aussi…
http://grenoble.squat.net/2005-08-03_Squattons_Alembert_a.jpg
http://grenoble.squat.net/2005-08-03_Occupe_Resiste_Alembert_a.jpg
http://grenoble.squat.net/2005-08-11_Grenoble_Squatte_ta_ville.jpg
et même des trucs qui commencent à dater…
http://grenoble.squat.net/2005-08-11_Grenoble_Vache_dans_larbre.jpg

Merci à toutes celles et ceux qui ont envoyé des photos à grenoble at squat.net
Des vidéos devraient arriver sur le site prochainement…

Merci surtout à tou-te-s les squatteur-euse-s sans qui ces photos et ces superbes articles du Dauphiné Libéré n’auraient jamais vu le jour (ni la nuit).

z.

Grenoble: Les 400 couverts on the road again !

Ben voilà c’était un mardi [2 août 2005] à 13h… l’expulsion des 400 Couverts… une expulsion coup double puisque le squat de la Kanaille se faisait aussi déloger au même moment… 200 policiers, un quartier complètement bloqué… circulez, il n’y a rien à voir… il n’ y a plus rien à voir… car on oublie souvent qu’une expulsion c’est la destruction d’un lieu et de la vie qui va avec… alors c’en est fini des pizza-party autour du four à pain, du chapitonom et de sa programmation éclectique, de juli qui a sa chambre à côté de la mienne la haut au 3ème étage des “trompettes”, des reunions du collectif le vendredi soir, des lumieres du chapitonom qui etaient censées nous faire oublier le froid des spectacles d’hiver… des fois je me demande où Pusse pourra encore jouer sur Grenoble… où retrouverons nous 90 personnes à un débat sur les “longues peines en prison” en plein janvier ? Le plus dur dans tout ça, c’est qu’on s’y attendait, c’est qu’on s’y préparait… tout le monde avait fait sienne cette idée depuis plusieurs mois : “alors, toujours pas expulsés ?”… ben si.. Et puis cette mairie qui prépare bien son coup : début août, au beau milieu des vacances… gestion politique, toujours gestion politique… c’est tout ce que cette mairie verte-rose a à nous proposer… et c’est cette gestion politique qui nous a détruit… quand un élu vert répond à un exposé de toutes les activités qui se passent aux 400, par un “mais est ce que c’est salubre ici ?” alors qu’il est assis dans mon salon, incapable de palper la vie d’ici, tout engoncé dans son habit de gestionnaire… quand une mairie cherche à faire rentrer de force un lieu, des gens et leur autonomie dans des cases bien préparées par eux, nous demandant dans un dernier acte de mansuétude de partir pour mieux parler après (la médiation)… Alors on a résisté, se préparant depuis le 9 juin, à l’inacceptable… résister pour visibiliser les limites et les choix politiques de la mairie de grenoble… résister pour que cette fin annoncée nous appartienne jusqu’au bout… résister parce que c’est devenu tellement illégitime dans notre société de résister… et enfin barricader pour vous laisser le temps d’arriver, pour que la destruction ne se fasse pas dans le silence… ce barricadage et cette période ont mis à rude épreuve notre collectif… heureusement qu’il y eu la construction de la mezzanine dans la rue, tout en bois avec les voitures qui passent en dessous… heureusement qu’il y eu des rencontres à l’ombre du jardin du Chapitonom… et heureusement qu’il y avaient vos visages quand on nous a descendu de nos toits où nous étions perchés… je n’ai pas pu parler tellement j’étais perdu… mais combien c’était bon de vous voir, de vous entendre… tellement ça a dû être dur pour vous,de rester bloqués, impuissants derriere des barrieres de crs… merci d’être venus, merci d’avoir crié et d’être restés autant d’heures… merci pour les messages sur internet, pour les propositions de prêt de cave auxquelles nous n’avons jamais répondu… merci merci…
Nous avons, pendant 4 ans, chercher à construire, en plein Grenoble, un lieu d’expérimentations, un lieu de jeu, un lieu de vie, loin de toute idées dogmatiques… c’est ce lieu qui s’est éteint mardi, mais nos envies, elles, restent – bien quelque peu chahutées ces derniers jours… alors, à bientôt pour de nouvelles aventures… mais pour l’instant reposons nous et digérons ce qui vient d’arriver…

Cyril de feu les 400 couverts

Bulgarie et Grèce: No Border camp du 22 au 28 août 2005

Du 22 au 25 août en Bulgarie et du 25 au 28 août en Grèce se dérouleront des actions contre toutes les frontières sous les mots d’’ordre suivant :

- Solidarité avec les réfugiés et les immigrés
- Contre les camps de rétentions pour clandestins
- Contre les frontières et les mines anti-personnelles (il y en a beaucoup à la frontière gréco-turque)

Nous appelons toutes les organisations anti-autoritaires, anti-racistes, anti-capitalistes et tous les individus à prendre part aux discussions et aux actions qui seront organisées des deux cotés de la frontière grèco-bulgare. [la suite...]

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Stuttgart : Expulsion d’un squat et manif dans le métro


  Stuttgart : Expulsion d’un squat et manif dans le métro


Lu sur Indymedia-Allemagne (http://germany.indymedia.org/2005/08/124482.shtml), et traduit/publié sur http://endehors.org/news/8269.shtml

« Après l’évacuation mercredi 27 juillet 2005 du squat OBW9 à Degerloch (banlieue sud de Stuttgart), ouvert depuis seulement six semaines, les jeunes qui le fréquentaient ont célébré jeudi 4 août le « punkcafé » hebdomadaire dans le métro de Stuttgart.

Tout le monde s’était donné rendez-vous devant la maison à partir de 19h30, munis de ticket de transport pour prendre la direction du centre-ville, et c’est à peu près une centaine de personnes qui sont parties pour la gare centrale en métro. Durant le trajet des tracts ont été distribués aux passager(e)s et passant(e)s, beaucoup ont réagi positivement à nos arguments contre la fermeture de l’OBW9.

Nous avons ainsi fait le tour de nombreuses stations de métro, expliquant notre morosité à qui voulait l’entendre, nous avons rencontré une première fois la polizeïïï (armée de longs batons en bois) en prenant la direction de la station Berliner-platz, puis à la Rotebuehlplatz (http://www.urbanrail.net/eu/stu/stuttgrt.htm) une petite manifestation spontanée avec des passant(e)s/passager(ère)s s’est formée en attendant le métro. Une centaine de membres de la polizeïïï (la même unité que celle de l’expulsion du 27 juillet) nous est littéralement tombée dessus.

L’ordre nous a été intimé de sortir de la station, en nous « invitant » à continuer la manifestation (maintenant tolérée) à l’extérieur, où nous sommes allés bruyamment par petits groupes exprimer notre spleen (de l’été) dans le centre-ville jusqu’au Palais de la République.

La manifestation « spontanée » a démontré la crainte de la ville de Stuttgart vis-à-vis de certains de ses habitant(e)s. Ce ne sera pas la dernière action pour l’ouverture d’une maison de jeune autonome ! OBW9 est partout ! La ville est à nous ! »

Photos de l’expulsion d’OBW9 :
http://de.indymedia.org/2005/07/123860.shtml

Photos du punkcafé dans le métro :
http://www.flickr.com/photos/quox/sets/698553

Site d’OBW9 :
http://www.obw9.de/

OBW SympartisanInnen


Grenoble: Des squats expulsés pour une ville aseptisée

Communiqué de squatteur-euse-s suite aux expulsions des 400 couverts et de la Kanaille :

DES SQUATS EXPULSES POUR UNE VILLE ASEPTISEE

Le mardi 2 août 2005, la mairie socialiste de Grenoble a fait un grand pas dans sa politique d’éradication des squats “politiques” de la ville. En effet plus de 200 policiers et gendarmes ont été réquisitionnés pour mettre fin aux aventures des squats des 400 couverts (cinq maisons squattées depuis presque 4 ans, un domicile pour 24 personnes et un espace d’activité pour une cinquantaine d’associations grenobloises, un lieu public où se sont déroulées des centaines d’activités et d’expériences militantes et alternatives sans profits ni subventions) et de la Kanaille (grand hôtel squatté depuis 3 mois avec restaurant à prix libre, projections hebdomadaires, infokiosques et permanences juridiques sur les squats et les problèmes de logement).
Il leur a quand même fallu près de 4 heures pour venir à bout de la résistance des squatteur-euse-s (barricadages et regroupement des occupant-e-s sur les toits) déterminé-e-s jusqu’au bout à empêcher ces expulsions et à éviter qu’elles ne soient passées sous silence. Il leur a aussi fallu l’aide de nacelles et des pompiers qui ont honteusement collaboré en mettant à disposition leur grande échelle pour aller chercher les squatteur-euse-s sur les toits et sur une vigie construite pour l’occasion.

Passons rapidement sur les imprudences de flics : comme le montre bien la photo à la une du Daubé du 3 août 2005 et malgré ce qu’affirme un journaliste reprenant servilement les communiqués de la police qui se vantent de « CRS équipés de baudriers », les premiers flics à intervenir ont délogé les occupant-e-s sans être assurés. Ils ont traîné plusieurs personnes sur des toits rendus glissants par la pluie après leur avoir fait des clés de bras pour qu’ils/elles se détachent, ou ont secoué dangereusement la vigie en demandant à ses occupant-e-s “s’ils savaient voler”. Les rues étaient bloquées afin que rien de ce qui se passait ne soit visible ni par les 200 personnes venues en soutien ni par la presse (qui fait quand même semblant le lendemain d’avoir été sur place sans même mentionner que la police lui avait interdit).
Au final ni blessé-e-s ni arrestations (juste des contrôles d’identité) et une manifestation sauvage dans le centre de Grenoble qui rassembla dans la foulée une centaine de personnes, détournant les plots de trams pour bloquer les grands axes, sous les cris de “Non aux expulsions, grève des loyers, insurrection” et “Ni Destot ni Carignon, Autogestion”.

L’ÉTÉ C’EST PRATIQUE

Depuis quelques années les choix de gestion de la ville sont mis à mal par des diverses actions (occupation du Parc Paul Mistral, blocage du chantier Minatec, analyses et canulars sur le développement de la technopole grenobloise, luttes sur le logement…).
Depuis quelques mois les squats grenoblois étaient dans une dynamique de résistance face à la vague d’expulsion annoncée pour cet été. Des actions se sont multipliées (manifestation de 500 personnes dans Grenoble, festival et activités dans les lieux occupés, occupations et sabotages de locaux et mairies PS le même jour dans 17 villes en France, collages et journaux muraux, intervention au conseil municipal et dans les festivals locaux, repas de quartiers, intrusions dans la Mairie et la Metro…) pour maintenir une pression constante sur les autorités et informer les grenoblois-es.

La municipalité sait pertinemment que les squats et les luttes politiques dans lesquelles ceux-ci interviennent, connaissent une popularité certaine à Grenoble et qu’il n’est pas toujours bien vu d’envoyer deux cents brutes casquées face à des gens qui résistent et qui inventent. La Mairie a d’abord tenté de trouver une sortie honorable, en nommant un médiateur ayant pour mission de convaincre les squatteur-euse-s de « quitter les locaux sans mots-dire et avec le sourire ».
En intervenant début août, alors que Grenoble est déserté, les autorités ont choisi la période de l’atonie contestataire, faisant par là aveu de faiblesse. Sûrement un peu traumatisé-e-s par l’épisode du parc Paul Mistral, les élu-e-s ont essayé cette fois de faire en sorte que les conséquences de leurs décisions ne leur coûtent pas trop politiquement. Il reste à s’interroger sur les relations entre le pouvoir politique et le pouvoir judiciaire : en effet, le tribunal des référés, présidé par un juge connu comme étant proche de Michel Destot, n’a donné des délais à aucun des deux squats, permettant ces expulsions en plein coeur de l’été. Le solide dossier juridique monté pour les 400 couverts et le nombre de jurisprudences précédentes auraient dû logiquement entraîner l’octroi de délais, ce qui n’aurait pas permis de se débarrasser des squats pendant l’été… De plus, comme lors de l’expulsion du Parc Paul Mistral, la Municipalité de Grenoble a fait appel à la force publique sans attendre les rendus des appels faits au tribunal par les collectifs de squatters.

Par ailleurs, en expulsant ces deux lieux simultanément, ils ont minimisé les risques de débordement par des personnes extérieures solidaires, obligées de se séparer sur deux fronts. Soulignons enfin le grand courage des élu-e-s : aucun-e n’était présent-e sur les lieux pour assumer ses responsabilités.

PARADE MÉDIATIQUE

Pour effacer ces lieux d’expérimentation sociale et de contestation, la Mairie a usé d’un argument facile : sa volonté de construire des logements sociaux à leur place. Et de s’étendre sur “l’individualisme des squatteurs qui s’opposent à des réalisations attendues par des milliers de demandeurs de logement sociaux.” L’on pourrait tout d’abord rappeler que l’hôtel Lakanal, juste avant d’être squatté, avait été proposé à l’association Les Passeurs (qui réclame des locaux non-utilisés pour des périodes d’environ un an), et qu’il n’y avait donc aucun projet de rénovation dessus. On peut réaffirmer aussi que le projet sur la traverse des 400 couverts est avant tout un projet de vente immobilière avec le vernis social nécessaire pour faire passer la réalité de cette « chasse aux pauvres » des derniers quartiers populaires du centre-ville. Comme bien souvent, dès l’arrivée de squatteur-euse-s, les autorités trouvent très vite des “projets urgents d’intérêt général”.

Et puis affirmer que les squats sont un obstacle à la construction de logements sociaux, ça évite de se pencher sur les budgets consacrés aux logements sociaux, ridicules à côté de ceux alloués à la communication ou à des constructions de prestige (Grand Stade, Minatec, MC2). Ca évite de réaliser que de nombreux autres bâtiments appartenant à la Mairie sont inutilisés et bien fermés à l’aide de portes anti-squatteurs afin de ne pas devoir monter en urgence un projet de logement social pour justifier une expulsion. Qu’ils vont sûrement rester vides de nombreuses années de spéculation avant d’être vendus pour faire des immeubles de standing afin de loger les futurs cadres de Minatec.
178 expulsions ont eu lieu en Isère en 2004, depuis 2000 ce nombre s’est accru de plus de 230%. Plus de 1700 demandeurs de logement social en Isère attendent depuis plus de deux ans. Dans une telle situation, le squat est légitime. Les problèmes de logement sont le fruit de choix politiques, les politicien-ne-s tentent de faire oublier leur responsabilité en divisant la population et en montant les gens les un-e-s contre les autres. Depuis quand fait-on du social en expulsant des gens, squatteureuses ou locataires ?

Rappelons au passage que 80 personnes avaient essayé d’occuper l’ex-bâtiment de l’IGA le 1er Mai dernier afin d’y habiter et d’y développer diverses activités. Que ces squatteur-euse-s ont été expulsé-e-s 24 heures plus tard, sans procédure judiciaire, grâce à la pression de la préfecture et de la Mairie. Que ce même bâtiment est toujours vide et qu’il n’est nullement question d’en faire des logements sociaux.

Quand à la soi-disant « insalubrité des bâtiments » (selon la préfecture relayée par le Daubé du 3 août), tou-te-s celles et ceux ayant pu rentrer dans les locaux ces derniers mois ont pu constater combien cette affirmation est erronée, ou alors rendue juste seulement par le nombre de coups de barres de fer et de fusils à pompe donnés par les flics lors de l’expulsion.

QUELLE VILLE VOULONS NOUS ?

Le nombre impressionnant de demandeur-euse-s de logement sociaux reflète bien les conséquences des politiques de développement de l’agglomération grenobloise menées depuis de nombreuses années. Les choix de ville fait par Destot et ses alliés écologistes ont le mérite d’être clairs : à Grenoble, la priorité est donnée à la création d’emplois à tout prix et à la valorisation de l’agglomération. Crolles 2 et Minatec créeront 8000 emplois dans les prochaines années, là est l’important, un point c’est tout. Que ces projets mégalos soient nuisibles par ailleurs, que les loyers augmentent en flèche, que les plus pauvres soient peu à peu chassés du centre ville par l’afflux des cadres dus à ces créations d’emploi, peu importe : tant qu’on parle de la capitale des Alpes comme dynamique. Combien de quartiers populaires vont laisser prochainement la place à des « Europôle » ?

On comprend alors mieux pourquoi il n’y a pas de place pour des squatteur-euse-s dont la motivation principale est d’essayer de changer la vie et la ville. Les squatteur-euse-s dépeint-e-s alternativement par la propagande municipale comme des petit-bourgeois, des parasites ou des marginaux crasseux, osent en réalité élaborer ou relayer des critiques radicales d’une société étatique et capitaliste, donc des différents aspects de la politique municipale. Si les autorités grenobloises s’accommodent au besoin de quelques faire-valoir artistiques et sociaux alternatifs, elles ne peuvent en revanche accepter que croissent dans les squats grenoblois des expériences incompatibles avec les cadres institutionnels ou commerciaux et où se créent de nouvelles formes d’organisation et de rapports entre les personnes.

Bravo à toutes celles et ceux qui, par tous les moyens, ont permis de rendre les expulsions plus difficiles.
Nous continuerons à hanter les murs de nos villes et à semer la colère et l’invention là où règne la résignation.
Il faudra plus d’un bulldozer pour nous faire taire.

A bientôt pour de nouvelles aventures

(A bas le) PS : Tandis que les expulsions locatives continuent cet été, d’autres squats grenoblois ont été expulsés ou sont menacés d’expulsion ; tenez vous au courant…

Retrouvez plus d’infos sur les squats sur http://grenoble.squat.net/ ou http://grenoble.indymedia.org/ et sur la critique du développement économique et technologique de l’agglomération sur http://www.piecesetmaindoeuvre.com/

Des squatteureuses grenoblois-es tristes et enragé-e-s…

Zwolle, Pays-bas : Les squatters voguent et arraisonnent une maison au bord de l’eau

Lu sur Monthly Wonder http://www.punkpage.nl/mw/article.php?read=183 (avec une belle photo du lieu)

« Mercredi (27 juillet 2005 à Zwolle – Pays-Bas) une dizaine de squatters ont envahi une vieille scierie entourée par les eaux dans une ancienne friche industrielle, accessible uniquement avec une embarcation.

Comme des pirates, les squatters ont abordé, non sans mal, le bâtiment ; l’un d’entre eux est déjà tombé à l’eau, l’embarcation était surchargée de mobilier et le tout a vacillé.

Le lieu est totalement entouré d’eau par la volonté du propriétaire, la société Stiho Hout B.V. qui le laisse à l’état d’abandon, tout est démoli et n’a jamais été entretenu depuis plus de vingt ans, et pour Alex (squatter), retaper l’endroit et y créer des espaces viables, est une bonne chose.

Pour les voisins, cette présence semble être une moins bonne nouvelle, parce que par le passé d’autres personnes étaient déjà venues y faire d’énormes fiestas qui avaient causé beaucoup de nuisances, et cela les habitants ne souhaitent plus le vivre.

Pour Alex, qui comprend très bien la situation, les gens du quartier ne doivent pas craindre de la part des squatters ce genre de problèmes, puisque le but premier est de venir habiter les lieux tout simplement, et de devenir des voisin(e)s.

La police est évidemment venue voir et a fait le constat de l’occupation, de la présence de personnes non “régulières” dans le bâtiment. Quand elle a demandé comment dans le futur allait se résoudre le souci du passage de l’eau, il leur a été répondu que ce n’était pas un obstacle et qu’un pont allait être bâti. »

(MW)

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