Calais: Appel à résistance contre les expulsions

Contre la mise à la rue de plusieurs centaines d’exilé.e.s à Calais et les expulsions illégales incessantes : appel à résistance !

Situation urgente à Calais !
Menace d’évacuation imminente du campement du lieu de distribution alimentaire et des trois squats d’habitation !

Le 27 mai, les trois campements, obtenus par les exilé.e.s en lutte après de longues séries d’expulsions et de harcèlement, abritant plus de 700 personnes, ont été détruits par la police sans qu’aucune solution n’ait été proposée pour les personnes en transit. Un grand nombre de personnes expulsées se sont réfugiées dans l’espace de distribution alimentaire qu’elles ont pu investir après avoir repoussé à plusieurs reprises les assauts de la gendarmerie mobile. Ils y ont reconstruit des abris de tentes pour les plus chanceux, tandis que beaucoup dorment à même le sol.

Aujourd’hui ce sont plus de 500 personnes, hommes, femmes et enfants, qui y vivent et qui sont à nouveau menacées d’expulsion. En effet, suite à une plainte déposée par la mairie de Calais, le tribunal a, depuis vendredi, autorisé l’expulsion qui peut à présent arriver à tout moment. Depuis le 30 mai, trois autres lieux de vie des migrant.e.s, abritant plus d’une centaine de personnes, sont également menacés.

Dans cette ville de passage pour l’Angleterre, le squat est aujourd’hui la seule solution d’hébergement qui existe. C’est aussi un outil de lutte et de résistance pour protéger les exilé.e.s des violences et du harcèlement policier qu’ils.elles subissent dans les campements et dans la ville. Cependant le droit de squatter est en permanence bafoué par les divers acteurs sécuritaires et la ville de Calais, dont la maire s’est récemment illustrée par une proposition de loi pour faire passer le délit de flagrance de 48 h à 96 h et autoriser la mairie à se substituer au propriétaire pour engager une procédure d’expulsion si celui-ci reste introuvable. Tous les futurs squats de France sont ainsi mis en danger par cette loi.

Au cours de ces trois dernières semaines à Calais, deux expulsions illégales ont encore eu lieu, la dernière en date, ce dimanche 29 juin, ayant été réalisée en dépit de la remise aux forces de police et au propriétaire d’un contrat Edf et d’une facture (reçue par la poste au domicile expulsé) datant respectivement du 21 et du 25 juin. Les violations incessantes de la loi qui ont lieu dans cette ville concernent tou.te.s ceux et celles qui se battent pour le respect du droit au logement pour tous et toutes quelles que soient leurs origines. Si nous laissons les autorités se permettre de telles exactions ici, plus rien ne les retient de les perpétrer arbitrairement ailleurs.

Pour que cesse à Calais ce jeu du chat et de la souris qui dure depuis des années à coup d’expulsions incessantes sans solution de relogement
Pour réaffirmer notre droit à un logement digne pour tous et toutes quelles que soient nos origines
Contre cette proposition de loi et ces pratiques arbitraires :
Nous appelons tous.tes les squatteurs.ses, militant.e.s, groupes d’affinité déjà formés, etc. à venir combattre cette proposition de loi là où elle est née, à Calais, pour faire barrage à cette atteinte grave au droit au logement.
Nous appelons toutes les volontés à venir résister à ces expulsions, et à squatter de nouveaux bâtiments vides à Calais.

Venez tous et toutes soutenir la lutte à Calais !

Ps : il est préférable que les personnes ou groupes qui arrivent à Calais essaient d’être autonomes dans l’hébergement ; nous n’avons, pour le moment, pas la garantie d’être en capacité de loger tou.te.s les activistes.

Contacts :
http://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/
06 45 46 59 86 (depuis la France)
00 33 6 45 46 59 86 (de l’extérieur de France)
calaisolidarity@@@gmail.com

[Publié le 30 juin 2014 sur Calais Migrants Solidarity.]