La mairie veut expulser La Bobine Occupée en début de semaine prochaine. On se retrouve dimanche 14 décembre à 18h30 pour continuer de parler de nos stratégies face à l’expulsion. Aussi, à partir de lundi, on appelle à dormir massivement à La Bobine. Tous les soirs il y aura une « AG expulsion » vers 20h. Le jour de la tentative d’expulsion, on appelle à un rassemblement devant La Bobine, le reste des stratégies sera décidé dimanche à l’AG !
Venez nombreux·ses !
La mairie va-t’elle encore mettre à la rue une trentaine de personne en plein hiver ?
Lundi 8 décembre au matin, les occupant-es de la Bobine ont reçu un arrêté municipal signé par Eric Piolle, nous annonçant une expulsion sous 48h.
Depuis le 18 septembre, dans la continuité du mouvement social, nous occupons cet ancien bar culturel pour en faire un lieu d’organisation politique, de vie et de fête. Des grenoblois-es de tout milieux ont pu s’y retrouver à l’occasion d’une cinquantaine d’évènements proposés par de multiples organisations, associations et syndicats : projections, fêtes, conférences, ateliers vélo, formation politique et repas gratuits. Dans un contexte de précarité et d’isolement social grandissants, où la mairie rechigne à utiliser sa prérogative de réquisition et de mise à disposition de bâtiments vides, la Bobine s’est vue appropriée par de nombreuses personnes, qui ont de ce fait aussi permis au lieu de continuer à vivre.
Nous ne pouvons alors qu’être alarmé-es de voir la mairie invoquer « l’intérêt de la sécurité des personnes » pour les renvoyer dans la rue en plein hiver, alors que le 115 est constamment saturé et que les services de l’État sont incapables de proposer des hébergements dignes.
Notre situation n’est pas isolée : chaque début d’hiver, on peut constater une vague d’expulsions impulsée par différents acteurs : préfecture, mairie, métropole et bailleurs sociaux. 130 personnes soutenues par le collectif Droit Au Logement 38 occupent les locaux de la Métro après leur expulsion, et plusieurs familles se retrouvent contraintes de dormir dans l’école de leurs enfants faute de solution.
Nous demandons que la mairie prenne ses responsabilité dans cette situation et mette à disposition les bâtiments vides qui lui appartiennent, dont fait partie la Bobine. Le bâtiment se retrouve en effet sans projet clair, après l’abandon d’un projet de reprise qui n’a pas réussi à lever les fonds nécessaires, parce qu’incompatible avec la réalité de l’occupation et de l’engagement du milieu culturel grenoblois. Notre occupation demeure donc le meilleur moyen de préserver le statut de la Bobine comme lieu culturel vivant et ouvert à tous.
L’arrêté d’expulsion met en avant de nombreux arguments malhonnêtes pour faire croire à un risque imaginaire pour les occupant-es :
– Il y a à peine 8 mois, la Bobine, habilité ERP, recevait encore chaque soir des centaines de personnes. Le lieu dispose donc de nombreux équipements sanitaires, d’une douche et garantit des conditions d’hygiènes correctes. Bien plus que la rue.
– De même, l’installation électrique est parfaitement aux normes.
– La sécurité incendie étant depuis le début une préoccupation majeure des occupant-es, nous nous sommes procuré un grand nombre d’extincteurs et outillé-es de moyens d’alerte et d’évacuation.
– La mairie a même oser invoquer la tranquillité du voisinage, on ne peut donc qu’être obligés de rappeler que le lieu est au milieu d’un parc et accueillait, il y a 8 mois, chaque semaine plusieurs soirées et concerts. Depuis deux mois, nous constatons au contraire que le voisinage est ravi de voir ce lieu revivre, que ce soit pour des soirées ou des cafés.
Nous constatons que pour construire son arrêté, la mairie invoque des arguments peu convaincants servant simplement à justifier une expulsion sans fondement d’un lieu autogéré fonctionnant sans intervention publique.
À quatre mois des élections, comment une mairie de gauche peut-elle fermer un lieu d’organisation politique, de vie, de fête et de mixité sociale, et ce, en mettant de nombreuses personnes à la rue, et espérer le soutien de la société civile ? Comment la candidate à la succession d’Eric Piolle, Laurence Ruffin, peut elle cautionner cette expulsion lorsqu’elle défend une ville protectrice, solidaire et de partage ?
Cette expulsion ne protège pas celles et ceux qu’elle renvoie dans la froideur de l’hiver, s’oppose à une solidarité effective entre grenoblois-es et tient à sceller un bâtiment municipal pour ne pas à devoir le partager avec ses habitant-es.
Pour s’opposer à cette expulsion, une Assemblée Générale s’organise tous les soirs à 20h. Les occupant-es de la Bobine appellent également à venir dormir massivement dans les locaux toutes les nuits, pour être nombreuses et nombreux en cas d’expulsion.
Un rassemblement est prévu Mercredi dès 5h30. Plus généralement, la Bobine vit à travers les personnes qui l’occupent et la soutiennent. N’hésitez donc pas à passer pour un café.
La Bobine Occupée – 8/12/2025 – communiqué de presse
La Bobine Occupée
42 boulevard Clemenceau, Grenoble
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[CRIC, le 8 décembre 2025, https://cric-grenoble.info/infos-locales/article/expulsion-de-la-bobine-la-mairie-va-t-elle-encore-mettre-a-la-rue-une-trentaine-4942]


