Athènes: nouvelles menaces sur Prosfygika

Annonce urgente concernant une attaque imminente et l’expulsion de Prosfygika.

Durant l’été 2025, en toute discrétion, la Région de l’Attique, à travers un accord programmatique, a lancé la planification de la répression et de l’expulsion de la communauté du squat de Prosfygika sur l’avenue Alexandras.

Au début de l’année 2026, elle a lancé la nouvelle phase de son plan, en utilisant des articles payés par des relais gouvernementaux et en promouvant toutes les étapes prévoyant l’expulsion violente de la communauté de Prosfygika dans les six prochains mois et – comme d’habitude – un vaste festin d’argent public.

Au cours de la dernière décennie, c’est la quatrième fois que l’État et le gouvernement tentent d’expulser et de piller Prosfygika. Cette fois-ci semble être la plus grave et sur le point d’être mise en œuvre. Tous les indices montrent montrent l’existence d’un plan qui prévoit à la fois le financement du projet – dont le coût estimé total est estimé à 15 millions d’euros, avec des fonds européens du programme régional ESPA Attique 2021-2027 – et, sur le plan de la propagande, la prétendue création de logements sociaux et de foyers pour les proches des patient.e.s de l’hôpital anticancéreux Saint-Savvas, en tentant d’exploiter les sensibilités et réflexes sociaux.

Ils n’y arriveront pas, cette fois non plus !

Prosfygika constitue une communauté de plus de 400 personnes, composée de Grecs, de réfugiés et migrants, dont 50 enfants, des groupes sociaux vulnérables, des personnes souffrant de graves troubles de santé mentale, des patient.e.s atteint.e.s de cancer, des personnes âgées, etc

Au cours de ses 16 années d’existence, les points de vente et de production de drogue – y compris de drogues dures – qui gangrenaient le quartier sous la tolérance de la GADA (direction générale de la police d’Athènes) ont été éliminés, et 22 structures autonomes d’autosuffisance sociale, d’utilité collective et d’auto-organisation ont été mises en place pour les habitant.e.s de la communauté et des quartiers voisins d’Ambelokipi et de Gyzi. À titre indicatif:

– La Maison des enfants et la Structure d’auto-éducation ainsi que la Crèche auto-organisée, fonctionnant quotidiennement avec un programme éducatif complet pour les enfants de la communauté de Prosfygika et du quartier au sens large, en coopération directe avec les écoles, associations de parents et syndicats d’enseignants d’Ambelokipi, de toute l’Attique et du pays.

– La Structure de santé et la Pharmacie sociale, offrant des soins aux habitant.e.s du quartier dans le besoin, en collaboration avec des dizaines de structures de santé auto-organisées, de cliniques sociales et de syndicats de soignant.e.s à l’échelle nationale.

– La Structure d’hébergement pour les patients et leurs accompagnant.e.s de l’hôpital anticancéreux Saint-Savvas », en coopération avec l’association des employé.e.s de l’hôpital.

– La boulangerie collective « Berkin Elvan » produisant quotidiennement du pain et des pâtisseries pour les habitant.e.s du quartier et d’Athènes.

– La Structure de travaux techniques, assurant l’entretien continu des bâtiments de Prosfygika.

– Le Café et Cinéma collectifs pour enfants et adultes, offrant des activités de loisirs et contribuant au développement culturel des habitant.e.s du quartier et d’Athènes en général.

– Le centre social, qui accueille l’assemblée générale hebdomadaire de décision de la communauté ainsi que la bibliothèque et la salle de lecture du quartier. Au fil des ans, il a également accueilli de nombreux événements, présentations et assemblées à caractère social, politique et culturel, tant pour la communauté que pour divers autres groupes et collectifs sociaux.

– La Structure des femmes, visant à la collectivisation et autonomisation des femmes et des personnes de genres divers, la création et diffusion d’une culture opposée au système patriarcal, et fonctionnant également comme refuge d’urgence pour les femmes et personnes de genres divers dans le besoin

– L’Équipe de solidarité, hébergée dans les infrastructures de la communauté, qui fournit de la nourriture cinq jours par semaine à de nombreuses personnes dans le centre d’Athènes.

Toutes les structures de la communauté sont ouvertes à toutes et tous et fonctionnent sur la base de l’auto-organisation et de la solidarité sociale.

Au cours de l’année écoulée, la communauté a déjà annoncé publiquement sa décision de procéder à la rénovation extérieure des bâtiments de Prosfygika, par autofinancement et avec la participation et le soutien d’architectes, d’ingénieur.e.s civils et d’autres spécialistes techniques. Le plan de la Région est une réponse visant à court-circuiter cette initiative sociale afin de mettre la main sur l’argent public.

Cette nouvelle tentative de la Région constitue une directive politique centrale et une décision du régime Mitsotakis visant à démanteler le plus grand projet social existant actuellement dans le tissu urbain d’Athènes – et du pays – ainsi que l’un des plus importants d’Europe, qui a attiré l’attention et l’intérêt d’universités et d’institutions culturelles et éducatives en Grèce et à l’étranger.

Au-delà de son caractère social, la communauté de Prosfygika s’est constamment trouvée en première ligne des luttes sociales, politiques, de classe et internationalistes. Des militant.e.s de Grèce, d’Europe ainsi que des organisations révolutionnaires de Turquie et du Kurdistan résident également au sein de la communauté. Le régime Mitsotakis voit Prosfygika à la fois comme un adversaire politique qu’il cherche à détruire et comme un bien économique qu’il rêve de piller et d’exploiter.

Il s’agit d’une décision politique qui, derrière les mensonges sur le « développement du quartier », vise à expulser des personnes et à démanteler des modèles sociaux d’auto-organisation et de contribution collective. Il est clair que, entre autres, il s’agit d’un nouveau tour de passe-passe pré-électoral d’un gouvernement en déroute dont le seul produit restant est la doctrine de « la loi et l’ordre ».

– Ils mentent quand ils affirment que la Région se soucie du logement social. Prosfygika constitue déjà un logement social pour des centaines de personnes que la crise a jetées à la rue et que l’effondrement de toutes les structures sociales a plongé dans la misère et la marginalisation. Leur projet de mettre plus de 400 personnes à la rue pour afin d’en loger 50 des leurs est le comble de l’hypocrisie et de l’inhumanité d’un système qui ne se soucie que de son propre profit et du pillage des fonds publics et européens. C’est un prétexte éhonté pour piller un logement social déjà existant au nom d’un nouveau logement social, alors que 80 000 appartements vides appartenant à la municipalité d’Athènes restent inoccupés dans le centre-ville.

– Ils mentent lorsqu’ils prétendent se soucier des proches des patient.e.s atteint.e.s de cancer que la communauté héberge et soutient depuis des années – des personnes qui dorment souvent dans leur voiture pendant des jours ou des semaines durant les traitements de longue durée de leurs proches. La communauté de Prosfygika fournit déjà des conditions de vie saines et un soutien grâce à son propre travail et à ses ressources. La Région prévoit de jeter les proches de patient.e.s atteint.e.s de cancer à la rue tout en mettant en place des relations clientéliste avec des personnes dans le besoin. Dans le même temps, d’innombrables propriétés appartenant à l’État et à l’Église se trouvent à quelques rues seulement de Prosfygika.

– Ils mentent lorsqu’ils prétendent se soucier des questions sociales du quartier, alors que Prosfygika est un exemple de coexistence harmonieuse de personnes venues du monde entier – 27 nationalités différentes et leurs langues, cultures et religions. C’est le seul quartier adjacent à une unité de l’OKANA (Organisation de traitement des addictions) sans point de deal. Le seul problème de sécurité publique dans la zone réside dans les politiques de la GADA (direction générale de la police d’Athènes) et du ministère de l’intérieur, qui envahissent périodiquement le quartier avec des gaz lacrymogènes – à la frontière de deux hôpitaux – pour démanteler une communauté auto-organisée promouvant un autre modèle d’égalité et de justice sociales.

– Ils mentent lorsqu’ils prétendent se soucier de la valorisation de Prosfygika et du développement d’Ambelokipi. La réhabilitation de Prosfygika fera exploser les loyers et le coût de la vie dans toute la zone, expulsant de force des dizaines voire des centaines de voisin.e.s incapables de faire face à la hausse des prix. Cette situation affectera progressivement toutes les zones environnantes, modifiant la composition sociale au profit des plus riches.

Nous appelons chaque personne dotée de conscience et d’empathie à se tenir aux côtés de la communauté de Prosfygika contre les projets d’expulsion et de pillage de ce quartier historique de résistance, d’auto-organisation et de refuge.

Nous appelons tout le monde à se mobiliser et à diffuser notre lutte dans son quartier, sa famille et ses cercles sociaux, dans les écoles, les syndicats et les lieux de travail, afin de protéger Prosfygika des plans prédateurs des grands escrocs du gouvernement.

Ceux qui ne se sont pas souciés de la vie de 57 personnes dans les trains. Ceux qui ont transformé la Grèce en décharge de l’Europe. Ceux qui ont démantelé toutes les structures sociales et les services publics de santé, d’éducation, de logement et de culture. Ceux qui ont laissé mourir tant de gens pendant le COVID. Ceux qui ont réduit les paysans et paysannes à la mendicité. Ceux qui ont poussé un demi-million de jeunes à quitter le pays au cours de la dernière décennie. Aucun d’eux ne mérite la moindre confiance concernant Prosfygika, et tout le monde doit connaître les plans sordides cachés derrière leurs paroles.

L’expulsion et la répression de Prosfygika auront des conséquences incalculables sur la santé mentale et physique de dizaines d’enfants, de personnes âgées et de patient.e.s de la communauté. Beaucoup d’entre eux ne seront plus en vie l’année suivant l’expulsion – sous la responsabilité du gouvernement et de ses agents.

L’expulsion et la répression du logement des réfugié.e.s affecteront également le mouvement et toutes les luttes en cours, car chaque espace libéré perdu constitue un coup porté à la lutte commune contre l’exploitation et l’injustice que subit la quasi-totalité de la société.

De notre côté, nous avons la responsabilité et le devoir de défendre les maisons que nous entretenons depuis des années avec abnégation comme si elles étaient les nôtres, en maintenant vivant un monument national et architectural que la planification étatique aurait laissé s’effondrer afin de tirer profit de sa reconstruction. Nous avons la responsabilité et le devoir de défendre les membres de notre communauté, qui se retrouveraient autrement à dormir dans des cartons, dans la faim et la misère.

Nous déclarons publiquement que nous ne céderons pas un seul centimètre de terre au régime et à ses entreprises, et que nous lutterons de toutes nos forces pour annuler concrètement leurs plans sordides – même au prix de nos vies. Nous avons un devoir historique et social de lutter et de continuer.

Nous ferons en sorte que le coût énorme que que l’on nous impose pour protéger notre quartier et notre communauté soit encore plus lourd pour le gouvernement et ses agents.

SI NOUS TOMBONS, NOUS TOMBERONS SUR LEURS TÊTES

Nous appelons :

– Toutes et tous, individus, collectifs, syndicats, associations, organisations, à faire tout ce qui est possible pour briser l’opération de répression et d’expulsion de Prosfygika.

– Toutes et tous – individus, collectifs, structures, initiatives – à se tenir aux côtés de Prosfygika ou à venir y vivre.

– Toutes et tous à rester vigilant.e.s face aux provocations possibles de l’État et de la police, qui tenteront de diviser et de briser la communauté et notre lutte commune.

PAS DE PROSFYGIKA POUR MITSOTAKIS ET SES ENTREPRISES – PROSFYGIKA DE RÉSISTANCE SOCIALE, D’AUTO-ORGANISATION, D’ÉGALITÉ ET DE SOLIDARITÉ

PAS UN SEUL EURO D’ARGENT PUBLIC POUR LA RÉHABILITATION DE PROSFYGIKA

PLEINE RESPONSABILITÉ À LA COMMUNAUTÉ – AUTOFINANCEMENT ET AUTO-ORGANISATION

TOUCHE PAS À PROSFYGIKA

SOIT NOUS GAGNONS, SOIT NOUS GAGNONS

Nous appelons à une assemblée ouverte, en solidarité avec la communauté du squat de Prosfygika, pour donner une mise à jour détaillée de la situation et du plan de défense du quartier et de la communauté.

Dimanche 8 février à 17h au centre social de la communauté du squat de Prosfygika.

L’Assemblée du squat de Prosfygika (SyKaPro)
Avenue Alexandras
Athènes, Grèce
prosfigika [at] riseup [point] net
https://sykaprosquat.noblogs.org/


Des squats à Athènes: https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR/squated/squat
Des squats expulsés à Athènes: https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR/field_active/1/squated/evicted
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[Indymedia Athènes, le 24 janvier 2026 https://athens.indymedia.org/post/1639322/]