RDV à 17 h au palais de justice à Marseille, le samedi 28 mars 2026, pour la manifestation contre les expulsions, pour le droit au logement et la liberté d’habiter
Le 28 mars est une date incontournable pour qui veut lutter contre les expulsions et pour le droit au logement. Cette mobilisation nationale annonce, comme chaque année, la fin de la trêve hivernale et dénonce les expulsions qui reprennent alors de plus belle. Il s’agit de lutter pour le droit de chacun·e à un logement digne face à la vulnérabilisation de nos lieux d’habitation et à la précarisation grandissante des habitant·e·s.
Le logement est un enjeu social majeur, autant parce qu’il concerne la majorité d’entre nous, que parce qu’il révèle une inégalité grotesque qu’il est difficile de nier. A Marseille, 57 000 logements étaient déjà vides en 2021 pour 16 000 personnes à la rue à l’année. Plus de la moitié des logements locatifs sont possédés par une petite minorité de gros propriétaires (qui possèdent plus de 5 logements). Les arrêtés d’expulsion se comptent en milliers chaque année. Dans les Bouches du Rhône, les autorisations de concours de la force publique contre les personnes menacées d’expulsion ont augmenté de 67% entre 2021 et 2024 ! Les personnes exilées sont particulièrement concernées, souvent privées d’accès au logement et contraintes de survivre dans des habitats précaires ou à la rue. C’est sans compter les habitant·e·s qui s’en vont d’elles·eux-mêmes, sous pression des bailleurs et asphyxié·e·s par la hausse des charges et des loyers. Et pourtant, la réalité de la catastrophe sociale du logement passe à la trappe durant chaque séquence électorale. N’attendons pas la prochaine, organisons-nous !
En tant qu’habitant·e·s, nous sommes toutes et tous un peu plus précarisé·e·s chaque année par les prédateurs du monde du logement. Les locataires déjà vulnérabilisé·e·s par une législation hostile (comme la loi Kasbarian-Bergé) affrontent la voracité des bailleurs. Même son de cloche du côté des squatteur·euse·s, occupant·e·s sans titre à qui l’on retire progressivement tous les droits. Même les propriétaires-occupant·e·s sont menacé·e·s de céder leurs lieux de vie face aux ventes à la découpe et à la collusion entre leurs syndics et les intérêts capitalistes des multi-propriétaires.
C’est nous qui aimons notre ville et nos quartiers, nous qui la faisons vivre, nous ne pouvons pas reculer sur notre droit à l’habiter. Il nous appartient donc, habitant·e·s de Marseille, de nous regrouper autour de notre intérêt commun : le droit inconditionnel à un logement digne pour toutes et tous. Ainsi peut se construire le rapport de force face aux bailleurs qui augmentent les loyers et aux institutions qui expulsent, délogent et déplacent. Différentes organisations existent dans chaque arrondissement de la ville pour défendre les intérêts des habitant·e·s, d’autres sont à construire. Cette date symbolique du 28 mars est une étape importante dans la construction de ce rapport de force. Montrons que la diversité des habitant.e·s et des modes d’habitat ne nous empêche pas de nous regrouper autour de nos intérêts communs. Donnons à voir notre clairvoyance vis-à-vis de nos adversaires, ceux qui participent aux expulsions, ceux qui tirent profit de la précarisation des autres.
Nous exigeons :
Le droit à un logement digne et accessible ! : encadrement des loyers, arrêt des expulsions sans relogement (digne, durable, dans le même quartier), extension du permis de louer à toutes les zones d’habitat indigne, construction et conventionnement de logements sociaux, régulation et contrôle public des agences immobilières sur les clauses abusives dans les contrats de bail.
Le droit à la ville ! : instauration immédiate de zones sans Airbnb, moratoire sur les démolitions de logements sociaux et des copropriétés privées prévues dans les programmes de rénovation urbaine, respect du droit et des décisions des habitant·e·s des copropriétés dégradées spolié·e·s par les syndics ou les administrateurs, et menacé·e·s d’expropriation et d’expulsion par les opérations publiques de « requalification ».
Le droit d’installation et d’habitation ! : respect de la loi sur les aires d’accueil (construction ou aménagement de nouvelles aires), attribution aux caravanes du statut de logement, abrogation de la loi Kasbarian-Bergé, respect des droits et relogement digne des personnes délogées par les arrêtés de péril.
Le droit à l’abri ! : respect effectif du droit à l’hébergement d’urgence, réouverture et augmentation des places au 115, mise à l’abri immédiate des personnes à la rue – notamment les personnes exilées laissées sans solution, réquisitions des logements vacants pour un accès digne et inconditionnel à l’abri !
Face aux expulsions, pour le droit et la liberté d’habitation de toutes et tous, rendez-vous le 28 mars à 17h pour une manifestation au départ du Palais de Justice !
Départ à la suite de la mobilisation contre Eurolinks qui prend fin au Palais de Justice.
Collectifs et organisations premières signataires du communiqué :
Al Manba https://radar.squat.net/fr/almanba
Assemblée des délogées
Centre Ville Pour Tous
Collectif Réquisition
LDH Marseille
Mrap 13
Syndicat du logement de Marseille
Des squats à Marseille: https://radar.squat.net/fr/groups/city/marseille/squated/squat
Des squats expulsés à Marseille: https://radar.squat.net/fr/groups/city/marseille/field_active/1/squated/evicted
Des groupes à Marseille: https://radar.squat.net/fr/groups/city/marseille
Des événements à Marseille: https://radar.squat.net/fr/events/city/Marseille
Des squats en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR
Des événements en France https://radar.squat.net/fr/events/country/FR


