Madrid: Amener la guerre chez eux : à propos de la défense de la maison occupée Higueras à Tetuán

Au début de l’été 2021, Higueras (les figuiers), un squat dans le quartier madrilène de Tetuán, a subi le siège d’une entreprise spécialisée dans l’expulsion de squats. Dans l’état espagnol de nombreuses boîtes de sécu vendent leurs services d’expulsions de façon pas très légale mais avec la connivence de l’État. Higueras a réussi à se tirer de ce premier siège, mais un procédure judiciaire est en cours. Dans le territoire espagnol, les expulsions de logement, qu’elles soient faites par des condés ou des vigiles, rencontrent souvent une certaine résistance, qui passe par un rassemblement devant la maison avec plus ou moins de tensions, ce qui attire les médias. En effet, le squat est là-bas un sujet de prédilection des médias et des politiciens, beaucoup plus qu’en fRance. D’autres formes de résistance existent : des manifs en riposte, des sabotages ou des occupations symboliques. Quelques personnes ont écrit un texte en donnant leur vision et quelques pistes sur les formes que pourrait prendre la solidarité. Malgré la différence de contexte, ce texte pourrait enrichir la réflexion et l’action alors que les condés, les gros bras, les proprios et les médias attaquent avec hargne nos maisons et nos espaces. Read More

Pampelune (Pays Basque): expulsion de la gaztetxea Arrotxapeko

Le matin du jeudi 2 septembre 2021, le squat Arrotxapeko (gaztetxea de Rochapea, au numéro 30 de la calle Artica), à Pampelune, occupé depuis 2016, a été expulsé par la police nationale espagnole et la police municipale de Pampelune. Quelques centaines de personnes ont afflué dès 8h30 du matin pour protester contre cette expulsion et tenter de réoccuper les lieux. Des affrontements ont lieu entre manifestant·e·s et policier·e·s. Des conteneurs de verre ont été renversés pour que les manifestant·e·s puissent se servir en projectiles. La police a chargé à plusieurs reprises. Plusieurs personnes ont été blessées de part et d’autre. Au moins six personnes ont été arrêtées par la police. Et l’expulsion s’est terminée vers 10h. Read More

Castille-La-Manche: Fraguas Revive. Le squat rural gagne provisoirement sa première bataille contre la démolition du village

En raison d’une décision officielle du tribunal pénal n° 1 de Guadalajara le 29 avril, les habitant-e-s de Fraguas ont appris que la démolition du village est provisoirement suspendue. C’est un changement de critère judiciaire qui a été obtenu grâce à la bataille humaine et juridique que les habitant-e-s défendent depuis des années et qui paralyse provisoirement l’exécution du verdict de démolition du village.

Un projet de huit ans pour la récupération de l’espace rural

Pour celleux qui ne connaissent pas la situation de ce projet communautaire de Fraguas, cette initiative de squat rural a été lancée en 2013 dans un petit village abandonné de la Sierra Norte de la province de Guadalajara. Ce village, qui date du 12e siècle, a été expulsé pendant la dictature de Franco en 1968 pour la monoculture du pin et sa vente à l’industrie du bois. Un groupe de jeunes a décidé, la décennie dernière, de reconstruire certaines maisons laissées à moitié debout, après que l’armée espagnole eut utilisé la zone comme camp de manœuvre pour le tir et les explosifs dans les années 90. Leur projet est réel et iels ont atteint leurs objectifs initiaux, puisqu’iels ont réussi à reconstruire plusieurs maisons dans le village, iels ont également fait l’expérience d’un grand niveau d’autosuffisance collective en matière de coexistence et d’autogestion des ressources naturelles. Iels ont un potager et une serre construits de leurs propres mains, un petit poulailler extérieur, des abeilles dans une vingtaine de ruches, et comme autonomie énergétique, iels ont une trentaine de panneaux solaires. Read More

Madrid: La Ingobernable ouvre un bureau des droits sociaux dans le centre ville

Le collectif qui squattait le bâtiment du 39 rue Gobernador a annoncé ce matin (le 2 mai) l’occupation d’un bâtiment au 5 rue Cruz pour « résister en commun et conquérir de nouveaux droits ».

Avec le slogan « Les droits sociaux pour tout changer », le collectif de La Ingobernable a lancé ce nouveau projet qu’il a appelé Office des droits sociaux (ODS, Oficina de Derechos Sociales). Dans un communiqué, iels expliquent que ce projet servira à « résister en commun et à conquérir de nouveaux droits » car iels ne peuvent « plus attendre » et soulignent que la crise actuelle du covid19 « nous frappe avec d’autres pandémies : les files d’attente de la faim, la méfiance, le fascisme, la précarité, le racisme, la spéculation, la solitude, le pessimisme et la peur », déplorent-iels.

L’ODS aura sept axes qui répondent à sept urgences sociales : le droit au logement, le droit à l’alimentation, le droit de manifester, la précarité du travail, les transféminismes et la contestation, le revenu de base et la santé communautaire. C’est ce contexte d’urgence sociale qui a poussé le collectif à brandir le slogan « Les droits sociaux pour tout changer », avec l’engagement de « résister en commun » et d’ouvrir cet espace où « se développer, protéger et lutter pour les droits sociaux ». Read More

Barcelone: rassemblement de soutien aux camarades arrêté-e-s le 27 février

Mardi 20 avril 2021, 9 heures
Lieu de rendez-vous: devant l’Audiencia Provincial, Passeig de Lluís Companys 14-16, Barcelone

Depuis plus de 50 jours, 7 des 8 camarades arrêté-e-s le 27 février 2021 dans le centre de Barcelone sont emprisonné-e-s. Iels ont été arrêté-e-s lors de l’une des dernières manifestations qui a débuté au nom de la liberté d’expression et qui s’est poursuivie pendant 15 jours, devenant de plus en plus la voix de la dissidence générale envers la situation que nous vivons. Une réalité étouffante caractérisée par une violence institutionnelle qui ne cesse d’augmenter chaque jour, qui laisse la majorité de la population sans avenir et qui absout et défend les véritables responsables : la police, les institutions, les politiciens et la famille royale. C’est une inquiétante dérive autoritaire qui s’opère aujourd’hui dans le monde entier et qui se dissimule sous une subsistance strictement formelle du cadre institutionnel démocratique qui sert d’alibi à un gouvernement despotique.

Suite aux arrestations, de violentes perquisitions policières ont eu lieu dans 2 maisons squattées du Maresme, dans le but de démontrer une organisation criminelle supposée inexistante. Read More

Barcelone: lettre de Danilo, accusé de l’incendie d’un fourgon de police

En février, l’incarcération du rappeur Pablo Hasél et les émeutes à Linares, en Andalousie, suite au tabassage d’un homme et sa fille par des flics en civil ont été l’étincelle d’un bref moment de révolte dans le territoire ibérique, notamment en catalogne. Les raisons vont au-delà de la liberté d’expression: haine de la police, refus du couvre-feu, situation économique et sociale, etc. Le samedi 27 février une émeute à lieu dans le centre de Barcelone: banques et commerces défoncés, DABs cramés, affrontements et barricades contre les schmits, et léger incendie d’un camion de police. Niveau répressif, de nombreuses blessées, une centaine d’arrestations, et une douzaine de personnes incarcérées, dont huit compagnon·nes arrêtées le 27 février et le 1er mars pour l’incendie du camion. Read More

Barcelone: Sara libérée avec des charges. Liberté pour les prisonnièr-es du 27F. Assez des manipulations policières

Hier, lundi 22 mars, à la dernière minute, nous avons reçu la nouvelle de la libération (avec charges) de Sara, l’une des huit personnes emprisonnées suite à la manifestation du 27 février à Barcelone. L’appel déposé par la défense prouverait, par le biais d’une expertise, qu’elle n’a pas pu être celle qui a aspergé le liquide inflammable, comme le prétend la déclaration de la police.

Une fois encore, cette histoire, avec ses affirmations catégoriques et reproduites à l’identique par tant de médias, commence à s’estomper. Sara a été arrêtée, inculpée et emprisonnée en tant que responsable de l’incendie de la camionnette sans avoir droit à la présomption d’innocence. Tout comme le reste des personnes arrêtées et aujourd’hui emprisonnées.

La photo de Sara, son nom et ses coordonnées sont apparus dans les médias, d’abord dans La Vanguardia, repris par la presse italienne. Quelques jours avant de purger un mois de prison, elle a été libérée avec des charges après que son avocat et un témoin expert de la défense ont prouvé qu’il était impossible qu’elle soit la personne accusée par la police, le procureur et le tribunal. Read More

Valencia: abandon des poursuites contre le CSOA L’Horta après la tentative d’expulsion par la SAREB

Le CSOA L’Horta communique « le classement et l’acquittement de la procédure pénale pour usurpation engagée par la Sareb et qui a motivé la tentative d’expulsion illégale » du centre social valencien.

La réponse populaire a été énergique lorsque, le 14 décembre dernier, un important dispositif policier -18 camionnettes et plusieurs dizaines d’agents- a tenté d’expulser le CSOA L’Horta de Benimaclet (Valencia) : des centaines de personnes ont répondu à l’appel du centre social pour défendre l’espace construit par le quartier, réussissant à le paralyser et à le réoccuper. Aujourd’hui, le collectif a annoncé dans un communiqué le classement et l’acquittement de l’affaire pénale qui a conduit à la tentative d’expulsion, dont le CSOA a dénoncé l’illégalité dès le début.

Selon le centre, le 22 février, le 13e tribunal d’instruction de Valencia a décrété le rejet provisoire de la procédure qui a conduit à la tentative d’expulsion du CSOA. Quelques semaines plus tard, le 3 mars, le rejet est devenu définitif, le plaignant n’ayant pas fait appel du rejet de l’affaire. Read More

Valencia: un quartier en lutte contre la bétonisation d’une friche agricole

Le Centre Social Autogéré l’Horta ouvert en 2012 dans un quartier populaire de la ville a été victime d’une tentative d’expulsion illégale de la part des forces de l’ordre. Celles-ci ont été mises en échec. L’occasion d’un retour sur l’histoire de cet endroit.

Partons le temps d’un article sur la côte méditerranéenne. A 350km au sud de Barcelone, se trouve Valence, la 3e plus grande ville d’Espagne. Pour comprendre un peu mieux cette ville on peut déjà dire qu’on y parle le valencien, langue co-officielle dans toute la communauté de Valence. On peut aussi évoquer l’important mouvement techno qu’elle a connu dans les années 80 et 90, avec la mythique « Ruta del Bakalao ». Enfin il faut également expliquer que du début des années 90 au milieu des années 2010 sa mairie était du parti PP, le parti politique libéral-conservateur espagnol. Comme dans toutes les grandes villes, les ambitions urbanistiques sont de taille, et de nombreux plans d’urbanisme ont été mis en place, en particulier lors de cette période.

On pourrait parler du quartier populaire le Cabanyal, cet ancien village de pêcheurs situé juste à côté de la mer, et de la lutte victorieuse menée par ses habitants contre la destruction de leur quartier, que la mairie voulait remplacer par plein de bâtiments pensés pour les touristes. Mais on garde ça pour plus tard ! Read More

Valencia: le quartier de Benimaclet paralyse la tentative d’expulsion du CSOA l’Horta

Tôt le matin, la police nationale a changé les serrures et installé des portes anti-occupation au CSOA l’Horta à Benimaclet (Valence), un fait auquel le quartier a répondu en se rassemblant contre l’action dictée par le Sareb, selon le collectif de défense du CSOA, qui a réussi à faire échouer l’opération de police et à réoccuper le centre social.

Les téléphones portables de plusieurs personnes se sont réveillés ce matin avec un message important : « Expulsion illégale au CSOA l’Horta. La police entoure l’espace à l’extérieur et à l’intérieur. Ils ont mis en place trois portes anti-occupation, et ils transportent des meuleuses. » L’opération de police, selon les témoins, consistait en environ huit fourgons de police. Par le biais des mêmes canaux de diffusion, le collectif d’activistes a appelé le quartier à se rendre immédiatement dans les environs du centre. En à peine une heure, des dizaines de personnes de Benimaclet et d’autres quartiers de Valence se sont rassemblées et s’opposent à l’action policière que le collectif prétend illégale. Read More

Santurtzi: manifestation, créer, soutenir et défendre les squats

Avec ce bref texte, nous aimerions vous inviter à la manifestation le 28 novembre à 12h30, partant de la Kultur Etxea de Mamariga à Santurtzi.

A l’occasion de la campagne médiatique contre les squats qui est menée par des médias de désinformation, les mobilisations de quartier anti-occupation à connotation raciste et classiste qui forcent les expulsions et les agressions qui nous menacent et qui viennent de la mairie. Depuis Mamarigako Kultur Etxea, Mamarigako Gaztetxea, La Kelo Gaztexea et les personnes solidaires, nous avons vu qu’il est essentiel de s’organiser pour donner une réponse forte à cette situation qui affecte tout le mouvement d’occupation en général.

Nous voulons élargir cette initiative, issue des espaces squattés de Santurtzi, au reste des collectifs et réseaux similaires. Nous souhaitons vous faire participer en vous proposant d’utiliser cet appel pour rendre visible dans votre environnement les différentes problématiques locales et que le 28 novembre sous la banderole pour les squats soit un point de rencontre pour revendiquer notre lutte et la défense de nos espaces. Read More

Sabadell: 7 ans plus tard, le procès contre Can Piella est reporté

Salut les amies,

Nous tenons à vous informer que mercredi prochain, le 4 novembre, nous allions être jugées. Cinq jours auparavant, notre procès avait été reporté, soi-disant à cause du Covid.
Comme vous le savez, Can Piella est un projet communautaire et social qui a été développé pendant trois ans et demi dans la ferme Can Piella, près de La Llagosta, dans la Vallès Oriental (Can Piella a été expulsée le 15 mai 2013). Une communauté qui grandissait en participation et en soutien, et qui allait effectuer les tâches de réhabilitation nécessaires et qui, peu à peu, développait un projet social et une autogestion économique. La coexistence et la transformation sociale ont été deux axes de travail fondamentaux. Read More

Madrid: expulsion de l’Ateneo Libertario de Vallekas

Le 23 octobre à 7 heures du matin, de nombreux camions anti-émeute se sont présentés au centre social pour procéder à son expulsion. Le collectif appelle à un rassemblement cet après-midi à 20 heures dans le parc d’Amos Acero.

Ce matin, la menace qui pesait sur l’Ateneo Libertario de Vallekas s’est concrétisée. À 6 heures du matin, une colonne de fourgons anti-émeutes est arrivée à l’entrée de l’Ateneo, au 59 de la rue Párroco Don Emilio Franco. Ce n’est qu’une heure plus tard, à 7 heures, que les agents anti-émeutes ont réussi à enfoncer la porte pour accéder à l’intérieur de l’espace.

Selon les sources du collectif qui a utilisé l’espace consulté par El Salto, « il n’y avait qu’une seule personne à l’intérieur, qui n’a pas été arrêtée, les agents l’ont identifiée pour porter plainte et l’ont laissée partir ». Le bâtiment était une ancienne usine de tissage qui était inutilisée depuis plus de sept ans lorsqu’elle a été squattée en 2014. Jusqu’à six camions anti-émeute ont été placés le long de la rue du curé Don Emilio Franco, bloquant l’avant du bâtiment. Read More

État espagnol: le squat, le fantôme de la table

« Je ne sais pas quel est le secret fatal », Mathilde dans Le Château d’Otrante.

La récente campagne médiatique contre l’occupation des maisons n’était pas la première, mais l’une des plus intenses de ces derniers temps. Son lancement, à la veille d’une probable intensification du conflit du logement, ne semble pas être une coïncidence. La crise économique et sanitaire a mis en alerte les secteurs concernés, et cela semble être un premier mouvement d’un côté. Cette campagne commence à avoir des réponses, notamment sous forme d’articles et de réseaux sociaux. Dans ces réponses, il a été rapporté que le phénomène de l’occupation du domicile est moins répandu que ce que les médias laissent entendre avec un ton alarmiste. Les données et les statistiques renforcent ce rapport. En outre, des critiques ont été formulées, à juste titre, selon lesquelles l’occupation est délibérément confondue avec effraction. Enfin, une tentative a été faite pour recentrer le débat sur le problème de l’accès au logement, qui est la cause première de l’occupation de la propriété.

La situation de calme tendue que nous connaissons semble être le prélude à un plus grand conflit social, également autour de la question qui nous occupe. C’est pourquoi les réponses défensives sont essentielles, mais il serait préférable d’essayer d’aller un peu plus loin et de prendre l’initiative dans le conflit, pour cela il peut être utile d’examiner des aspects moins visibles ou moins explorés. En outre, face à des campagnes de ce type, les données et les statistiques ne sont généralement qu’à moitié utiles, car ce qui est en jeu ici, c’est la légitimité ou non de l’occupation des maisons et des locaux. Read More

Madrid: première tentative d’expulsion de l’Ateneo Libertario de Vallekas stoppée. La lutte continue

Le 16 septembre dernier, il a été à nouveau démontré que la solidarité et l’action directe sont les meilleures armes dont nous disposons comme moyen de défense contre l’État et la répression. Environ 150 personnes de Vallekas et d’autres quartiers de la ville ont bloqué l’accès de l’Ateneo Libertario de Vallekas pour empêcher son expulsion. Il ne s’agit pas seulement de l’expulsion d’un espace, c’est la défense du squat comme outil de lutte dans la guerre sociale, comme outil pour créer de nos propres mains, en dehors des partis et des institutions, des espaces de lutte, de rencontre et d’apprentissage.

Et nous y sommes parvenu-es (grâce à vous tou-tes). Nous avons eu un déploiement timide de journalistes, de fourgons de la police municipale et du commissaire de district. A cause de ce mouvement de solidarité, le secrétaire judiciaire n’a eu d’autre choix que de passer. Maintenant, n’importe quel jour et sans avertissement, l’Ateneo peut être expulsé. Read More