Toulouse: Violence policière suite à la réquisition de nouveaux logements

Retour sur une après midi beaucoup trop fliquée. Lundi 21 avril, fin d’après-midi. La CREA réquisitionne trois jours avant deux nouvelles maisons. On récoltera coups, flashball, hôpital, blessures et garde à vue (GAV). Un récit d’une personne présente à ce moment là.

Cela faisait plusieurs jours que des personnes, obligées de quitter très bientôt leur maison précédente, s’étaient installées dans deux belles maisons bien vides. Vouées à la destruction ou à la spéculation immobilière, on sait bien ce que vont devenir ces bat’s.
Dans la matinée, les flics passent une première fois, demandent la preuve de la présence ici. Le ton reste au départ plutôt pas trop tendu, enfin, juste des flics qui parlent à des squatteur-euses, à ce qu’ils considèrent comme la ruine de cette société… Une sorte de mépris poli, avec la menace latente de leurs matraques…

Ils reviennent ensuite. Commence alors une longue après-midi. Ils mettent la pression. Un lourd dispositif est déployé. Devant les deux maisons, deux fourgons, six BACeux [1], dans une des rues adjacentes huit fourgons de CRS [2] et de CSI [3] , dix dans une autre rue. Au bout d’un moment, les soutiens arrivant de plus en plus, ils décident de donner l’ultimatum, « soit on emploie la manière douce et vous sortez de vous-mêmes, soit on y va autrement »… Les personnes présentes préfèrent partir d’elles-mêmes, beaucoup d’affaires perso sont là, les enfants, les personnes plus âgées… Le chef des opérations, qui semblait être un commissaire divisionnaire, mais qui n’était pas le coutumier Syndic, exige qu’il y ait au moins une personne qui l’accompagne pour une audition, car les propriétaires ont porté plainte. On lui répond qu’il n’y a pas besoin d’audition, tout est déjà dit. Des véhicules se ramènent petit à petit pour aider à déménager et mettre les affaires en sécurité. Les bleus en profitent pour continuer à mettre la pression, comme à leur habitude. « Ça » demande de rester sur le trottoir, alors que près de 40 personnes sont là, « ça » menace de mettre des amendes de circulation… Bref, « ça » prend la tête quoi.

Quelques personnes se dirigent vers leur voiture, pour bouger d’ici, mais les BACeux déboulent d’on ne sait où, attrapent un pote et essaient de le mettre dans leur voiture. Les autres personnes près d’eux crient et essaient de dés-arrêter le pote. Les gens qui étaient devant les deux maisons accourent en soutien. Matraques, LBD [4] 40mm, grenade de dispersion sont sortis. Des coups et des insultes sont échangées. Ils arrivent à embarquer le copain. Puis les BACeux appellent leurs copains CRS et CSI, qui étaient encore près des deux maisons. Et là ça nous défonce dans tous les sens. Une camarade qui avait pris plusieurs photos des évènements se fait arracher son appareil photo, puis les keufs shootent dedans afin de le réduire en morceaux. Trois copains se prennent des coups, se font tabasser au sol puis embarqués, crane ouvert, arcades défoncées.

Un autre pote, alors qu’il était plutôt en train d’aller à l’opposé des flics, se fait mettre en joue par le LBD, tenu par un BAC, et se fait tirer dessus. Tir tendu, depuis l’autre coté de la route, c’est à dire à pas plus de 5 mètres. Un voisin voit toute la scène, et nous permet de soigner le pote, puis nous accompagne à l’hôpital. Au dernières nouvelles (mardi 22, 3h du mat’) une bonne partie des os autour de sa pommette droite, sous son œil, sont en bouillie. Il doit attendre quelques jours que ça dégonfle et que ça ne bouge plus à l’intérieur pour savoir de quelle manière vont l’opérer les chirurgiens. On donnera des nouvelles ici.

Les quatre personnes embarquées sont placées en GAV, apparemment pour violation de domicile. Pour eux aussi, on donnera des nouvelles ici.

On ressort de cette journée avec un flot d’émotions, allant de la tristesse, de la peur pour les potes embarqués qui risquent de se faire défoncer à nouveau au comico, de la peur pour la suite des blessures au visage du copain, de l’étourdissement par tellement de choses tellement vite, des interrogations « où va-t-on dormir demain », et tellement la rage !! Ils nous ont tellement mis la rage !!

Si des personnes ont vu toute la scène et veulent bien témoigner, en prévision des potentielles poursuites et/ou d’une plainte pour coups et blessures, merci de nous envoyer vos témoignages à pantheres@@@riseup.net et caj31@@@riseup.net.

Et tenez vous au courant, on aura besoin de soutien prochainement.
Solidarité partout, tout le temps. Tout pour tou.te.s. Pouvoir au peuple. Pour la chute du capitalisme et de tout ce qui le maintient.

une enragée présente

MISE A JOUR – MARDI 22 AVRIL 2014 À 20H

Trois des quatre personnes en GAV sont sorties. Une sans suites, une avec un rappel à la loi, et une avec une convocation pour un procès devant la chambre correctionnelle de Toulouse. À suivre.

[1] BAC 31 : brigade anti-criminalité
[2] CRS : compagnie républicaine de sécurité, bande jaune sur le casque
[3] CSI 31 : compagnie de sécurisation et d’intervention, bande bleue sur le casque
[4] LBD : lanceur de balle de défense

Pour savoir ce qu’est la Campagne de Réquisitions d’Entraide et d’Autogestion, c’est ici: https://creatoulouse.squat.net/

[Publié le 22 avril 2014 sur IAATA, Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours.]


photo-0039Y. militant veganarchiste shooté au visage par un tir de flashball (LBD40mm). Le lundi 21 avril avait lieu l’officialisation de deux maisons de la CREA dans le but d’héberger des familles à la rue.

Malheureusement, à cause de l’arrivée des proprios et de la police, les nouvelles et nouveaux habitantEs ont décidé de quitter les lieux. Face à la chaîne de solidarité pour aider au déménagement, l’arsenal policier en face était largement disproportionné : 9 cars de CRS, la BAC et les renseignements généraux.

En début de soirée, des militantEs partiEs chercher des voitures pour poursuivre le déménagement ont été attaquéEs par la BAC, à quelques mètres des maisons. Il y a eu plusieurs arrestations. Une solidarité s’est formée pour tenter de comprendre ces arrestations arbitraires. La BAC a alors sorti matraques, gaz lacrymo et un LBD 40mm. Une militante a demandé au policier porteur de l’arme d’arrêter de viser la tête car cela pouvait être dangereux mais cela n’a pas empêché le policier de maintenir l’arme à hauteur de visage.
La tension est montée d’un coup lorsque les policiers ont fait usage de leurs matraques, faisant au passage tomber le LBD à terre. Ils ont ensuite lancé une grenade assourdissante.

Les militantEs ont reculé et tenté de se protéger de la violence policière. PiégéEs entre deux lignes de CRS et la BAC, plusieurs personnes ont été matraquéEs et menottéEs au sol. L’appareil photo d’une militante a été arraché de ses mains, jeté au sol et piétiné par la BAC afin de détruire les preuves de violences policières.

Un policier a demandé à un militant d’évacuer les lieux, ce qui a été un prétexte pour tenter de le frapper avec sa matraque. Alors qu’il évacuait les lieux, il a été shooté au visage par un tir de LBD. Notre camarade s’est effondré au sol et a été secouru par des amiEs.
La police a bloqué l’accès aux secours et ce sont des voisinEs, choquéEs par la violence de la police, qui, par solidarité ont permis son évacuation aux urgences.

Touché en pleine face, plus de la moitié des os du visage ont explosé. Selon le médecin, à quelques centimètres près, les os du crâne auraient explosé à l’intérieur du cerveau, provoquant la mort.
En ce qui concerne son œil, cela semble en bonne voie mais il faut attendre plusieurs jours pour avoir un avis définitif.

Ce n’est pas une lâche tentative de meurtre qui fera arrêter le mouvement queer, vegan, antifa et la lutte pour le logement et des papiers pour touTEs !

Nous recherchons des personnes présentes à ce moment pour des témoignages.
pantheres@@@riseup.net

[Publié le 22 avril 2014 sur IAATA, Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours.]

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