Calais: la saga des expulsions continue

Hier matin, le 22 octobre 2020, la préfecture du Pas de Calais a encore procédé à l’expulsion et à la destruction massive d’un campement. Il s’agissait du lieu de vie nommé « Unicorn jungle », où (sur)vivaient près de 300 personnes exilées, d’après la distribution de tentes faite par Utopia 56, une semaine auparavant. Encore une fois, les associations dénoncent la brutalité et l’inefficacité de ces opérations. Ces dernières ne respectent pas les droits fondamentaux des personnes exilées.

Les associations dénoncent la violation du droit d’aller et venir des personnes exilées. Encore une fois, une dizaine de bus avaient été affrétés pour les emmener vers une destination inconnue. Les autorités ont procédé à une opération de « mise à l’abri » d’au moins 190 personnes. Une « mise à l’abri » d’hommes, mais également de femmes et d’enfants. L’inutilité de cette opération de « mise à l’abri » se constate, notamment, par la fréquence de ces opérations. Read More

Calais: la pression ne retombe pas

Samedi 26 septembre 2020, plus de 400 personnes marchent sous la pluie pour la liberté et la dignité humaine

Des calaisien.n.es, militants, bénévoles associatifs et personnes exilées se retrouvent sous une pluie battante pour partir en cortège de protestation depuis le campement qui jouxte l’hôpital de Calais. Malgré le vent et la pluie, les exilé.e.s se joignent au défilé en dansant au son des tambours, menant la marche et paradant avec joie et détermination sous la pluie.

A l’arrivée Place de Norvège, quelques prises de paroles de soutiens et d’exilés alternent avec de la musique et des improvisation hip-hop en toutes langues. En dépit du froid, c’est un moment d’euphorie et d’unité entre des personnes qui n’ont pas l’occasion de se côtoyer en ville autrement.
Au micro, des exilés témoignent de leur fatigue et de leur exaspération face au harcèlement quotidien de la police qui expulse, détruit les tentes et confisque leurs matériels, appellent à être traités comme des êtres humains et non comme des animaux. Read More

Calais: maintien de l’interdiction de distribuer de la nourriture aux migrants. Mobilisation le 26 septembre

Pour le juge des référés du TA de Lille, 4 kms à pied pour manger, ça n’use pas les souliers.

Par une ordonnance du 22 septembre 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a rejeté la requête introduite par 12 associations locales et nationales visant à faire annuler l’arrêté du 10 septembre 2020 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a interdit toute distribution gratuite de boissons et denrées alimentaires en certains lieux du centre-ville de la commune de Calais.

Le juge a énoncé que les distributions mises en places par l’Etat suffisaient prétendument à couvrir les besoins de l’ensemble des personnes exilées présentes à Calais, y compris pour celles qui dorment en centre-ville, en considérant que « la circonstance que pour y accéder, les migrants installés en centre-ville depuis début août doivent parcourir trois kilomètres n’est pas de nature à caractériser des conditions de vie indignes.»

Cette appréciation est particulièrement contestable. En effet, les indicateurs humanitaires élaborés soit par le HCR, soit dans le cadre du projet SPHERE, précisent par exemple, au sujet de l’eau potable, que celle-ci doit être accessible à moins de 500m des lieux de vie des personnes – les distances en cause étant en l’espèce situées entre 4 et 5km, ce qui représente une heure de marche aller, et qu’il faut se rendre à deux distributions par jour. Read More

Calais: « On continuera à distribuer de la nourriture là où il y aura des exilés »

Une semaine après la publication d’un arrêté préfectoral qui interdit aux associations de distribuer de la nourriture aux migrants de Calais, 12 d’entre elles ont saisi le tribunal administratif de Lille pour demander sa « suspension immédiate ». En attendant la décision de justice, les humanitaires se cachent pour nourrir les quelque 1 500 exilés présents dans la ville.

À Calais, les associations d’aide aux migrants ne comptent pas se laisser faire. Près d’une semaine après la publication d’un arrêté interdisant aux associations non mandatées par l’État de distribuer de la nourriture aux migrants de Calais, plusieurs d’entre elles ont saisi le tribunal administratif de Lille mercredi 16 septembre.

Car en raison de cette nouvelle donne, la Vie active est désormais l’unique association autorisée à distribuer de la nourriture à Calais. A elle seule, elle ne peut pas atteindre tous les migrants de la ville – dont le nombre est estimé à environ 1 500, selon les militants. L’association mandatée par l’État apporte environ 1 000 repas le matin et 1 000 le midi, sur deux lieux différents. Cependant, certains migrants ne peuvent pas se rendre aux points de distribution, situés loin de leurs lieux de vie. Par ailleurs, rien n’est prévu pour le soir. Read More

Calais : un arrêté interdit aux associations de distribuer de la nourriture aux migrants, les humanitaires s’insurgent

Un arrêté publié jeudi par le préfet du Pas-de-Calais interdit aux associations non mandatées par l’État de distribuer de la nourriture aux migrants vivant à Calais. L’Auberge des migrants et Utopia 56 s’insurgent d’une telle mesure qu’elles jugent « honteuse et scandaleuse ».

Nouveau bras de fer entre les associations d’aide aux migrants et les autorités à Calais, dans le nord de la France. Dans un arrêté publié jeudi 10 septembre, le préfet du Pas-de-Calais, Louis le Franc, a annoncé l’interdiction de « toute distribution gratuite de boissons et denrées alimentaires [dans une vingtaine de rues, quais, places du centre-ville] pour mettre fin aux troubles à l’ordre public et limiter les risques sanitaires liés à des rassemblements non déclarés ».

« Non-respect des mesures de distanciation »

Dans la mesure où l’État a mandaté une association, la Vie active, pour fournir « quatre distributions quotidiennes de repas », qu’il met à disposition des migrants 38 robinets d’eau 5 jours sur 7, dont « 22 accessibles 7 jours 7 » et que de l’eau est distribuée pendant les repas, la préfecture considère que « l’ensemble des prestations assurées permet d’apporter aux personnes migrantes des prestations humanitaires suffisantes au regard des besoins de cette population notamment alimentaires ». Read More

Calais: des associations saisissent la Défenseure des droits et des rapporteurs de l’ONU sur la situation des migrants

Aujourd’hui a eu lieu à Calais la 693ème expulsion de lieu de vie informel depuis le 1er janvier 2020. En ce 13 août 2020, les droits fondamentaux des personnes exilées survivant à Calais ne sont toujours pas respectés (Human Rights Observers).

Treize associations présentes à Calais auprès des personnes migrantes ont annoncé vendredi avoir saisi la Défenseure des droits, ainsi que sept rapporteurs spéciaux des Nations unies relatifs aux droits humains, pour les « alerter sur les conditions de vie inhumaines » des réfugiés.

À Calais, les évacuations de campements s’enchainent et la répression policière envers les personnes migrantes s’est accentuée depuis l’arrivée de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur, accusent les associations de défense des droits humains présentes sur place.

Pour tenter de se faire entendre, treize d’entre elles – dont l’Auberge des Migrants, Médecins du Monde et le Secours Catholique – ont saisi, vendredi 14 août, la Défenseure des droits Claire Hédon, dont le mandat vient de débuter, ainsi que sept rapporteurs spéciaux des Nations unies relatifs aux droits humains. Read More

Calais: les expulsions s’enchaînent, les associations dénoncent un « cycle infernal »

Un nouveau camp de migrants a été démantelé jeudi matin dans le bois de Dubrulle, près de la zone industrielle des Dunes à Calais. Les associations dénoncent le « cycle infernal » d’une politique « de plus en plus répressive » qui pousse les exilés du nord de la France à se cacher, au risque de les fragiliser davantage.

« Avec l’arrivée de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur, la situation est encore pire qu’avant à Calais ». Siloé, coordinatrice de l’association Utopia 56 à Calais, assiste, désabusée aux démantèlements quotidiens des camps de migrants de cette ville du nord de la France. « Il y en a toujours eu mais les choses se sont accentuées ces dernières semaines », abonde Elise du collectif Human rights observers (HBO), jointe par InfoMigrants. « Les autorités mettent en place une politique plus répressive dont le seul but est de ‘protéger la frontière’ comme ils disent », continue la militante.

Jeudi 30 juillet, un nouveau démantèlement a eu lieu dans la zone industrielle des Dunes, dans le bois Dubrulle, où vivaient au moins 300 migrants – c’était déjà là que le 10 juillet, un camp d’environ 500 personnes avaient été évacuées « violemment » selon les associations. Read More

Calais: des tensions éclatent lors de l’expulsion d’un campement de migrants

Dans la matinée de vendredi, les forces de l’ordre ont procédé à Calais au démantèlement d’un campement abritant quelque 500 migrants. Les associations dénoncent une « évacuation violente » et une opération « inutile ».

« L’évacuation a été très violente ». Yolaine Bernard, bénévole de l’association Salam, n’en revient pas. Vendredi 10 juillet au matin, plus de 500 migrants ont été expulsés de leur campement insalubre situé dans la zone industrielle des Dunes, à Calais.

« Au total, 519 personnes isolées, réparties dans 16 bus, ont été prises en charge et transportées vers des centres situés dans la région Hauts-de-France et d’autres régions françaises », précise la préfecture du Pas-de-Calais dans un communiqué. « Treize personnes (familles et mineurs) ont été orientées vers des centres d’hébergement et de réadaptation sociale. Enfin, vingt personnes en situation irrégulière ont été interpellées en vue d’un placement en retenue administrative », ajoute-t-elle. Read More

Toulouse: une instruction en cours pour une action au siège de l’UMP en 2015

Le mardi 14 avril 2015, dans l’après-midi, une action a lieu à Toulouse, en solidarité avec les migrant-e-s de Calais. Le local de l’UMP situé rue Gabriel-Péri, en plein centre de Toulouse, est « expulsé » par un groupe de personnes en représailles aux nombreuses expulsions de squats de migrant-e-s menées par la mairie UMP de Calais. En quelques minutes, le mobilier se retrouve sur le trottoir et les dossiers dans le caniveau. Deux tags sont laissés sur la façade, un tract est distribué dans la rue et, dans la foulee, un texte est publié sur Internet.
L’UMP porte plainte, la presse parle de saccage et les partis politiques condamnent. Read More

Calais: encore une expulsion illégale

Communiqué reçu par des personnes solidaires qui habitent cette ville.

Communiqué des ami.es des habitant.es du 63 rue Georges Maquer à Calais

De plus en plus régulièrement à Calais des lieux de vie sont illégalement expulsés.

Le détournement et le non respect des lois ici à Calais mènent a des dérives et des violences régulières et intolérables. De telles violations de la loi dans un Etat de droit sont particulièrement inadmissibles surtout quand elles sont le fait de la force publique. Elles sont d’autant plus insupportables qu’elles visent des personnes déjà en très grande vulnérabilité. Read More

Calais: récentes attaques de la police contre les distributions d’aide aux migrant-e-s

Au cours des dernières semaines, la police a ajouté l’attaque des moyens matériels de soutien aux migrant-es à leur campagne de violence et d’intimidation contre les personnes de passage à Calais. Des bénévoles et des soutiens dans cette ville ont rapporté des attaques de la police pendant les distributions de nourriture, des arrêts forcés et des amendes lorsqu’ils et elles utilisaient des véhicules d’associations pour faire les distributions, des menaces de saisie des véhicules, l’empoisonnement de bidons d’eau et la destruction de dons. Tout ça en plus des violences policières qui ont lieu quotidiennement dans les jungles, les parkings et dans les rues, où les bénévoles ne sont souvent pas présent-es. Read More

Calais: bribes de récits de l’expulsion de la Jungle

Un récit des trois premiers jours de l’expulsion, du 24 au 26 octobre, a été écrit par Virginie Tiberghien (coordinatrice de l’École laïque du chemin des Dunes, dans la Jungle), dans Démanteler Calais n°1. À lire ici, au format PDF (le n°2 de Démanteler Calais, plus anecdotique, est également téléchargeable ).

Dès le début de l’expulsion de la Jungle, des rassemblements et des manifs de solidarité avec les migrant-e-s se sont tenu-e-s un peu partout en France (détails sur Squat!net et sur Indymedia-Nantes). Read More

Rassemblements et manifestations un peu partout en France, contre l’expulsion de la Jungle à Calais

Annoncée clairement par le gouvernement pour ce lundi 24 octobre, l’expulsion de la Jungle de Calais devrait prendre plusieurs jours.

En solidarité avec les migrant-e-s, et contre l’expulsion de la Jungle, plusieurs rassemblements et manifestations sont prévus dès aujourd’hui dans différentes villes de France.

Si la liste ci-dessous n’est pas exhaustive, elle peut au moins permettre à celles et ceux qui ne sont pas trop loin de rejoindre un rassemblement ou une manif: Read More

Une femme violée à Calais. Mastication féministe et antifasciste

En plein contexte de menaces d’expulsion de la jungle de Calais, un drame de plus vient s’ajouter à tous ces parcours chaotiques, toutes ces vies mutilées, qui se frayent un chemin fragile et échouent sur les côtes normandes : une femme, interprète pachtoune, venue contribuer à un reportage pour France 5 a été agressée et violée par des afghans aux abords de la Jungle. Le lendemain toute la presse du net en parle. Rage et amertume que nous tentons de décortiquer ici. Read More

Calais Research Network: plus de 40 entreprises qui profitent de l’expulsion de la Jungle et des violences aux frontières

La destruction de la jungle de Calais est sur le point de commencer, mais à qui profite cet acte brutal ? D’une part aux politiciens cyniques, qui lorgnent sur l’élection présidentielle de l’année prochaine, et tentent désespérément de s’accrocher au pouvoir en affichant une politique de fermeté. Mais cela va également augmenter les profits d’une armée d’entreprises privées qui fournissent balles en caoutchouc et fils barbelés, bulldozers et bus vers l’expulsion. Read More