Montpellier: la police expulse un squat rue Triolet, huit familles avec enfants en bas âge se retrouvent sans solution

Ce vendredi 25 septembre au matin, la police a expulsé un squat à Montpellier, laissant une trentaine de personnes sans solution, dont une moitié d’enfants.

Huit familles, dont certaines avec des enfants en bas âge, vivaient dans ce squat rue Triolet, ouvert sous tension il y a un an, notamment pour héberger des personnes migrantes. Aucune arrestation n’est à déplorer. Des vigiles resteront nuit et jour pendant deux semaines devant le lieu, et devraient permettre aux expulsés de récupérer leurs affaires – encore faut-il savoir où les mettre. Le tissu de solidarité a permis aux familles de trouver où se loger pour quelques jours, mais rien de stable. Certains enfants partis ce matin à l’école découvriront amèrement cet après-midi qu’ils n’ont plus de chez eux. Une société de bâtiment est présente sur place pour calfeutrer les entrées, les toilettes ont déjà été cassées.

Cette expulsion s’inscrit dans un contexte d’offensive à l’encontre des squats. À la fin du mois d’août, les médias ont ressassé en boucle l’histoire d’un couple lyonnais désemparé par l’occupation de leur résidence secondaire par une famille. Les commentateurs se sont succédé pour s’indigner du sort des propriétaires et pester contre une législation prétendument trop laxiste. Le 16 septembre 2020, les députés ont voté un amendement permettant l’expulsion rapide des squats, laissée à la discrétion du préfet, sans décision de justice, y compris après quarante-huit heures d’occupation. Un appel à la mobilisation circule pour rappeler l’évidence : squatter un bâtiment abandonné pour se loger et échapper à l’enfer de la rue est d’une légitimité absolue. Read More

Montpellier: La friche de Figuerolles, grosse épine dans le pied du politicien Delafosse

Les opposants au projet immobilier sur la Friche de Mimi reprennent du poil de la bête. Ils rappellent sèchement au nouveau maire de Montpellier ses promesses électorales.

Un petit box de stationnement a son portail ouvert ce mercredi 23 septembre, donnant sur le trottoir de la rue Adam de Craponne. Un écran y a été installé. Il diffuse en boucle une vidéo. Une cruelle et redoutable vidéo. On y voit Michaël Delafosse, nouveau maire socialo-vert de Montpellier. Plein cadre, pleine face, avec son ton inimitable de professeur appliqué, il explique doctement : « Il y a des lieux qu’il faut savoir protéger, et c’est ici nécessaire. Il faut préserver ce lieu de culture, lieu d’hospitalité. Il faut racheter ce lieu, ajourner le permis de construire… » Read More

Montpellier: Squat des Archives, vers une évacuation et une transition légale ?

Le collectif Luttopia, gestionnaire du squat des anciennes archives départementales, a rencontré ce jour le directeur de cabinet de la Préfecture M. Smith, en présence de représentants de la municipalité, de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS), du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) et de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII), pour évoquer l’avenir du bâtiment, sous le coup d’une décision judiciaire d’expulsion.

Un changement de discours de la Préfecture ?

Lors de cette rencontre, il semblerait que la Préfecture ait relativement changé de discours quant à l’expulsion du squat des archives, que le Préfet Jacques Witkowski avait annoncé en février dernier. Une certaine prise de conscience de la situation catastrophique du logement et de l’accompagnement social dans le département a visiblement permis d’envisager une solution commune à l’avenir du Luttopia 003, en vue de reloger ses occupant·es de manière réellement pérenne. Read More

Montpellier: expulsion du squat Bouisson-Bertrand, expulsion de la honte

La police a procédé lundi 31 août au matin à l’expulsion du squat Bouisson-Bertrand, situé rue de la Croix-Verte dans le quartier d’Euromédecine à Montpellier, et qui accueillait jusqu’à 200 réfugiés et demandeurs d’asile depuis plus d’un an et demi. Des dizaines de migrant·es et de militant·es se sont mobilisé·es en se rassemblant devant la Préfecture pour demander des solutions de relogement d’urgence, en vain. Le fondateur de l’association Solidarité Partagée, qui gérait le squat, a été ce matin arrêté et placé en garde à vue suite à ce sit-in, qui s’est prolongé toute la nuit durant.

L’un des plus gros squats de Montpellier, depuis plusieurs mois sous la menace d’une expulsion

L’association Solidarité Partagée a été créée il y a trois ans par Samuel Forest, président, et Lilian Moutonnet, secrétaire général. Elle a d’abord occupé pendant neuf mois le lieu-dit du Château de Leyris, à proximité de la gare Saint-Roch. Mais face à des conditions sanitaires peu satisfaisantes et la menace d’une expulsion, l’association migre en janvier 2019 dans un bâtiment appartenant à la fondation Bouisson-Bertrand, situé rue de la Croix-Verte. Read More

Montpellier: familles expulsées, bâtiments occupés!

Familles expulsées, bâtiments occupés!

Le 10 juillet, devant associations, collectifs, occupants de squats et syndicats, alors que le préfet se montrait rassurant quand à la situation des squats durant l’été, et ne parlait que de la situation «problématique» de l’ancien Institut Bouisson Bertrand, il préparait en realité des expulsions pour le 23. Expulsions qui ont touché deux bâtiments du centre-ville, mettant ainsi une cinquantaine de personnes et familles vulnérables à la rue, et d’autres en détention en CRA. La généreuse solution fournie : 3 nuits d’hôtel et retour à la violence de la tente dans la rue.

Connaissant le CV de l’actuel préfet de l’Hérault, Jacques Witkowski, nous n’avions pas eu foie en sa promesse du 10, et avons donc décider d’occuper depuis le 15 juillet ce bâtiment communal resté trop longtemps vide et muré, afin de reloger les personnes que Jacques a mis dehors en plein pic de chaleur, et durant la plus grosse crise sanitaire que nous ayons connu depuis le début du siècle, mettant ainsi en danger directement les personnes concernées et la population montpelliéraine. Read More

Montpellier: le préfet de l’Hérault fabrique par dizaines les familles SDF du “monde d’après”

Le Centre social autogéré de la rue Bonnard a été vidé de ses occupants ce mercredi matin. Et le Casa del Sol définitivement fermé

C’était pendant le confinement. On pouvait rencontrer des membres d’associations humanitaires, de défense des droits, qui sentaient comme un frémissement positif dans leurs relations avec les autorités ; la Préfecture de l’Hérault au premier rang. Pour l’encadrement des mineurs non accompagnés, la mise à l’abri des personnes errantes, le suivi sanitaire des plus précaires, le secours alimentaire, le dépistage du COVID, etc, les services d’État, officiellement chargés du traitement de ces questions, étaient trop contents de convoquer les associations en réunion, et miser sur leurs compétences alors que l’incurie des organismes officiels tournait au danger sanitaire public.

Brutalement, toutes illusions dissipées, ces bonnes volontés sont ramenées à la réalité du monde d’après. Semblable à celui d’avant. Peut-être en pire. Soit : soit la fonction essentiellement coercitive de l’appareil d’État, dans son contrôle social et policier des populations, particulièrement les plus démunies. Le pire étant de constater le peu de monde – deux à trois dizaines – de militants réduits à assister, démunis, à l’évacuation du Centre social autogéré de la rue Bonnard ce mercredi matin. Read More

Montpellier: nouveau risque d’expulsion des demandeurs d’asile d’Euromédecine

Les deux cents résidents africains du foyer autogéré craignent un passage à l’acte de la part du Préfet.

Issues d’une réunion tenue avec des représentants d’associations de soutien aux migrants, des informations inquiétantes sont parvenues aux occupants des laboratoires laissés vides par l’Institut Bouisson Bertrand à Euromédecine. La menace d’une mise à exécution des décisisons de justice à leur encontre serait désormais imminente. Du reste, elle correspond à des déclarations générales du Préfet de l’Hérault dans ce sens, se faisant fort de vider tous les squats montpelliérains (et réaliser ainsi une brillante politique d’abandon dans les rues d’au moins cinq cents SDF supplémentaires).

Les semaines dernières ont déjà vu l’extinction du Casa del Sol, en grande partie déserté par son noyau historique, de manière anticipée. La période de confinement a favorisé les remises en cause au sein même du projet, et l’évaluation d’un rapport de force par trop défavorable. En plein centre ville, le Casa aura été, une année durant, un lieu incontouranle pour les pratiques solidaires (sa freepicerie tout particulièrement), pour le soutien aux luttes (avec notamment les réunions intersectorielles du mouvement des retraites), et d’ouverture artistique (street-art et soirées musicales, souvent pointues, même si ces dernières, avec leur succès d’affluence, auront provoqué leurs habituelles retombées problématiques). Tout ailleurs, à Agropolis, les forces de l’ordre ont également forcé le sort contre la gigantesque Soucoupe, ses méga-teufs, et la difficulté à y faire nombre autour d’un projet dans la durée. Read More

Montpellier: une nouvelle Maison Du Peuple, le C.A.S.A. del Sol

Présentation écrite de l’émission de Radio GI.NE du mardi 10 décembre en direct du CASA del Sol, Centre d’Actions Sociales Autogéré.

Pour commencer le collectif CASA n’est pas composé exclusivement de personne sans domicile. Aujourd’hui, deux tiers des membres habitent d’une façon ou d’une autre un autre logement.
L’entrée dans le collectif se fait après la demande de la personne intéressée, pendant l’assemblée publique. Cette personne sera dans une démarche de déconstruction individuelle par rapport aux oppressions qui traversent l’ensemble de la société (racismes, patriarcat, validisme,etc). Mais aussi qui a des perspectives dans la guerre sociale.
Une période de quinze jours nous permettra de mieux nous connaître et permettra à la réunion des habitant.es de prendre une décision. Nous recrutons surtout autour des sympathisant.es et des personnes qui s’engagent auprès du collectif. Read More

Montpellier: La Soucoupe, le lieu de tous ceux qui n’ont pas de lieu

Comment profiter au mieux du plus grand lieu occupé de Montpellier ? Une réunion ouverte a permis d’élargir les perspectives, malgré la douche froide des déclarations du directeur d’Agropolis International.

Faisons les présentations (tout le monde n’appartient pas d’office aux cercles militants activistes montpelliérains). La Soucoupe est un édifice extraordinaire situé dans les coteaux nord-ouest de Montpellier. Extraordinaire par sa taille : 4 800 mètres carrés, ça n’est pas tous les jours qu’une telle superficie passe sous autogestion directe d’un collectif social, culturel et militant, après occupation.

Dû à l’architecte François Fontès, toujours coqueluche de la nomenklatura néo-frêchiste montpelliéraine, ce bâtiment était ouvert en 1994, en tant qu’Agropolis Museum, dédié à l’anthropologie des usages de l’agriculture et de l’alimentation sur la planète. C’est que tout autour sont installés les laboratoires de recherche dont le regroupement constitue le Parc Agropolis. Mais le musée ferma ses portes quinze ans plus tard, par manque de succès, et règlements de comptes entre chefferies politicardes du cru. Read More

Montpellier: Radio GI·NE squatte le Casa del Sol

C’est dans le squat du CASA del Sol que nous nous sommes rendus afin de comprendre comment ses occupant-es s’organisent et quelles sont leurs motivations.
Emission de radio, Direct complet, diffusée le 11 décembre 2019: Read More

Montpellier: c’est urgent, il faut briser l’isolement du squat de réfugiés d’Euromédecine

Plus de 200 migrants d’Afrique noire connaissent des conditions de vie correctes dans un centre d’hébergement occupé (réquisitionné) autogéré à Montpellier, dont l’expulsion aurait un sens hyper politique

Ça y est. L’hiver s’est fait méchant, le froid mordant sous le crachin, ce mercredi midi sur la place des Martyrs de la Résistance, à Montpellier. Pour les quelques dizaines de migrants africains qui s’y sont rassemblés, comme chaque jour depuis la fin de semaine dernière, l’ambiance tranche brusquement avec celle de la veille. Leur cortège était alors intégré, sous les applaudissements, à la belle manif sauvage qui continuait de sillonner l’Écusson à l’issue de la manifestation des syndicats contre la réforme des retraites.

Ce bref intermède chaleureux a vite fait de laisser place à un triste isolement. C’est un peu le problème du squat installé depuis février dernier dans un bâtiment de l’institut Bouisson Bertrand – vide de toute activité depuis cinq ans – en plein parc Euromédecine. On a fini par l’oublier. Cela en partie par l’attitude de ses responsables, déterminés à passer résolument à l’acte, plutôt que tergiverser en palabres au sein de groupements plus collectifs. Read More

Montpellier: À la Soucoupe, l’inter-luttes au bord de ses g-rêves

Impact de masse ou qualité d’organisation ? Difficile équilibre longuement discuté, pour un vendredi en suspension, avant un nouveau rendez-vous mystère sur la Comédie

Toute une mouvance de gilet jaunes historiques (mais surtout pas de Prés d’arènes), des figures d’Extinction Rébellion, le groupe compact de l’Arme révolutionnaire marxiste (dont la présence est préalablement disputée par certains ; particulièrement celles dont les affiches féministes ont eu à souffrir de l’intransigeance théorique de classe). Également des syndicalistes de Solidaires. En inter-syndicale de l’après-midi de ce vendredi, ceux-ci ont tenté de convaincre la CGT, FO ou la FSU de se joindre eux aussi à cet échange général en soirée. Tenté d’arracher un appel syndical à converger ce samedi à 14h sur la Comédie, en retour de la mobilisation jaune pour le 5 décembre.

Là faut pas rêver. Hormis Solidaires, la composante directement syndicale de la mobilisation actuelle ne se montre pas ce vendredi 6 décembre – journée en suspension – à 19 heures à la Soucoupe d’Agropolis à Montpellier, occupée (réquisitionnée) depuis la réunion nationale de l’assemblée des assemblées des gilets jaunes, voici six semaines. Au moins apprend-on que l’assemblée générale des grévistes de l’enseignement aurait, elle, décidé de se montrer à la Comédie. Read More

Montpellier: la Soucoupe continuera de voler

Hier, le Poing vous relatait la procédure d’urgence pour faire évacuer l’ancien musée d’Agropolis de Montpellier, surnommé la Soucoupe, occupée depuis la quatrième Assemblée des assemblées des gilets jaunes. Le juge en référé du tribunal administratif a refusé la requête du plaignant, à savoir la Région Occitanie, présidée par la « socialiste » Carole Delga, officiellement gestionnaire du lieu. Elle va vraisemblablement continuer à réclamer une expulsion, mais dans le cadre d’une procédure classique, auprès d’un tribunal judiciaire. D’ici là, les occupants de la Soucoupe sont théoriquement inexpulsables. Ils pourraient bien être tentés de raviver ce lieu, laissé à l’abandon par les institutions depuis des années. Read More

Montpellier: les policiers forcent l’entrée du centre d’actions sociales autogéré, deux gardes à vue

Ce mercredi 23 octobre vers 9h20, les habitants du centre d’actions sociales autogéré, occupé depuis fin août au 2 rue faubourg Saint Jaumes à Montpellier, ont eu la visite surprise d’une vingtaine de policiers accompagnés d’électriciens et, selon les squatteurs, d’un huissier. Ils ont défoncé la porte et n’ont montré leur sésame juridique qu’après être entrés. Le prétexte affiché était un contrôle de l’installation électrique, mais l’intervention a permis aux autorités d’établir un rapide état des lieux, pendant que les habitants étaient cantonnés à l’extérieur. Une personne présente dans le squat au moment de l’intervention policière a été arrêtée, ainsi qu’une autre venue protester pacifiquement. Selon nos informations, ces deux interpellés auraient été placés en garde à vue. Les journalistes du Poing dépêchés sur place ont été contrôlés arbitrairement.

Il y a un mois, le tribunal administratif de Montpellier avait rejeté la procédure d’expulsion en urgence réclamée par la propriétaire du bâtiment, la rectrice de l’académie de Montpellier, faisant ainsi des squatteurs des occupants sans droit ni titre. Légalement parlant, ils ne sont donc pas expulsables. Read More

Montpellier: 250 personnes manifestent contre le mal-logement

Environ 250 personnes se sont réunies ce vendredi 4 octobre à 17h30 place Salengro, à Montpellier, pour dénoncer l’inaction de l’État face au mal-logement. Beaucoup de gens vivant dans des squats étaient présents, notamment les familles de sans papiers du CSA de la rue Bonnard, venues avec leurs enfants dans une ambiance joyeuse et conviviale.

Le cortège a déambulé paisiblement cours Gambetta, avant de remonter la place de la Comédie, en chantant le célèbre chant anti-Macron popularisé par les gilets jaunes, cette fois ci détourné pour cibler le maire de Montpellier : « Oh Philippe Saurel, oh tête de brêle, on vient tous squatter chez toi ! ». Des banderoles tendues sur les grilles de la préfecture ont été presque immédiatement enlevées, sous les huées des manifestant·e·s, par la compagnie départementale d’intervention, régulièrement mobilisée pour expulser les squats. Read More