Montpellier: squat des archives Utopia003, transition douce, sans expulsion

C’est la fin d’une époque et le début d’une nouvelle. Alors que ces temps de crise sanitaire et économique voient un accroissement déjà inquiétant de la précarité, le collectif Luttopia, la mairie de Montpellier et la Préfecture de l’Hérault se sont accordés sur le devenir du squat des anciennes archives dans le quartier des Beaux-Arts. Menacé d’expulsion depuis plusieurs années, le bâtiment avait accueilli jusqu’à plus de 200 personnes sans solution de logement et dans une grande précarité, migrant·es, familles, sans-papiers comme sans domiciles fixes, en abandon de droits. Il devra être libéré pour le 31 mars 2020, mais ne subira pas d’expulsion, une transition pourra en effet se produire en lien avec les services sociaux.

C’est à la suite d’une réunion à la préfecture le 11 septembre dernier que nous avions appris la nouvelle d’une possibilité de transition douce pour les résident·es du bâtiment. Depuis, un diagnostic social a pu être effectué en coordination entre le collectif Luttopia et les services de la ville, du département et de l’État. Deux assistantes sociales ont été mises à disposition par le CCAS afin d’affiner les dossiers de retour au droit commun préparés en amont. Deux réquisitions dans le cadre de la loi Élan ont également eu lieu, et le collectif Luttopia, qui s’est monté en association, va pouvoir disposer d’un nouveau bâtiment dans le cadre d’une convention avec la municipalité. Read More

Montpellier: expulsion du squat Bouisson-Bertrand, expulsion de la honte

La police a procédé lundi 31 août au matin à l’expulsion du squat Bouisson-Bertrand, situé rue de la Croix-Verte dans le quartier d’Euromédecine à Montpellier, et qui accueillait jusqu’à 200 réfugiés et demandeurs d’asile depuis plus d’un an et demi. Des dizaines de migrant·es et de militant·es se sont mobilisé·es en se rassemblant devant la Préfecture pour demander des solutions de relogement d’urgence, en vain. Le fondateur de l’association Solidarité Partagée, qui gérait le squat, a été ce matin arrêté et placé en garde à vue suite à ce sit-in, qui s’est prolongé toute la nuit durant.

L’un des plus gros squats de Montpellier, depuis plusieurs mois sous la menace d’une expulsion

L’association Solidarité Partagée a été créée il y a trois ans par Samuel Forest, président, et Lilian Moutonnet, secrétaire général. Elle a d’abord occupé pendant neuf mois le lieu-dit du Château de Leyris, à proximité de la gare Saint-Roch. Mais face à des conditions sanitaires peu satisfaisantes et la menace d’une expulsion, l’association migre en janvier 2019 dans un bâtiment appartenant à la fondation Bouisson-Bertrand, situé rue de la Croix-Verte. Read More

Montpellier: nouveau risque d’expulsion des demandeurs d’asile d’Euromédecine

Les deux cents résidents africains du foyer autogéré craignent un passage à l’acte de la part du Préfet.

Issues d’une réunion tenue avec des représentants d’associations de soutien aux migrants, des informations inquiétantes sont parvenues aux occupants des laboratoires laissés vides par l’Institut Bouisson Bertrand à Euromédecine. La menace d’une mise à exécution des décisisons de justice à leur encontre serait désormais imminente. Du reste, elle correspond à des déclarations générales du Préfet de l’Hérault dans ce sens, se faisant fort de vider tous les squats montpelliérains (et réaliser ainsi une brillante politique d’abandon dans les rues d’au moins cinq cents SDF supplémentaires).

Les semaines dernières ont déjà vu l’extinction du Casa del Sol, en grande partie déserté par son noyau historique, de manière anticipée. La période de confinement a favorisé les remises en cause au sein même du projet, et l’évaluation d’un rapport de force par trop défavorable. En plein centre ville, le Casa aura été, une année durant, un lieu incontouranle pour les pratiques solidaires (sa freepicerie tout particulièrement), pour le soutien aux luttes (avec notamment les réunions intersectorielles du mouvement des retraites), et d’ouverture artistique (street-art et soirées musicales, souvent pointues, même si ces dernières, avec leur succès d’affluence, auront provoqué leurs habituelles retombées problématiques). Tout ailleurs, à Agropolis, les forces de l’ordre ont également forcé le sort contre la gigantesque Soucoupe, ses méga-teufs, et la difficulté à y faire nombre autour d’un projet dans la durée. Read More

Montpellier: c’est urgent, il faut briser l’isolement du squat de réfugiés d’Euromédecine

Plus de 200 migrants d’Afrique noire connaissent des conditions de vie correctes dans un centre d’hébergement occupé (réquisitionné) autogéré à Montpellier, dont l’expulsion aurait un sens hyper politique

Ça y est. L’hiver s’est fait méchant, le froid mordant sous le crachin, ce mercredi midi sur la place des Martyrs de la Résistance, à Montpellier. Pour les quelques dizaines de migrants africains qui s’y sont rassemblés, comme chaque jour depuis la fin de semaine dernière, l’ambiance tranche brusquement avec celle de la veille. Leur cortège était alors intégré, sous les applaudissements, à la belle manif sauvage qui continuait de sillonner l’Écusson à l’issue de la manifestation des syndicats contre la réforme des retraites.

Ce bref intermède chaleureux a vite fait de laisser place à un triste isolement. C’est un peu le problème du squat installé depuis février dernier dans un bâtiment de l’institut Bouisson Bertrand – vide de toute activité depuis cinq ans – en plein parc Euromédecine. On a fini par l’oublier. Cela en partie par l’attitude de ses responsables, déterminés à passer résolument à l’acte, plutôt que tergiverser en palabres au sein de groupements plus collectifs. Read More

Montpellier: l’impressionnant foyer occupé d’Euromédecine

Le moins connu, mais non le moins important des squats sociaux de Montpellier a toujours besoin de soutiens concrets

Fin de matinée d’un dimanche de fin avril, au bord de l’une des voies désertées d’Euromédecine. On jardine sur un vaste, un magnifique terrain. On bêche. On retourne la terre. On dresse des tuteurs. On plante des boutures. Le printemps bruisse. La plupart des jardiniers résident dans le bâtiment impressionnant, de style Grande-Motte, qui trône au milieu de cette lande. Ils sont réfugiés, demandeurs d’asile, accueillis dans ces locaux occupés (réquisitionnés), sur lesquels veille l’association Solidarité Partagée.

Même si l’ennui est l’un des tourments qui rongent les sans papiers, interdits de toute activité professionnelle, soumis à de kafkaïennes attentes de procédures qui leur restent essentiellement opaques, le jardinage n’est pas qu’un aimable passe-temps, entre matches de foot et cours de français dispensés par des bénévoles. L’urgence alimentaire est l’un des problèmes qu’affronte le lieu, malgré l’appui de quelques associations, tel le Secours Populaire, qui atteignent elles aussi leurs limites. Les produits maison de l’horticulture seront une réponse à ce problème. Read More