Toulouse: lettre ouverte du CROM à la préfecture de la Haute-Garonne

Toulouse, le 20 août 2018.

40 000 logements vides dans la région toulousaine (Insee 2018) et combien de personnes à la rue ?

Suite à plus d’un mois de lutte et de solidarité depuis la fin de la trêve hivernale pour les personnes à la rue (sans papiers, réfugiés ou demandeurs d’asile), suite à l’occupation avec les étudiants et l’évacuation de la fac du Mirail, suite au campement et à la rencontre d’une délégation du CROM avec la préfecture et pour faire face à l’absence de choix et au manque de moyens mis en oeuvre, nous occupons un bâtiment vide place Henry Russel à Toulouse pour loger les personnes réfugiés ou sans papiers restées sans domicile depuis le mois de mai. Ici, au squat de la place Henry Russel, nous sommes plus de 80 personnes dont 3 familles aujourd’hui a y avoir trouvé une solution d’hébergement. La justice nous a laissé un délai de 2 mois pour quitter les lieux mais la plupart d’entre nous n’avons pas trouvé d’autre solution de logement dans les temps.

Déjà cet été les travailleur.euses sociaux de la veille sociale (115, SIAO) ont tiré la sonnette d’alarme sur le manque de moyens : plus de 400 personnes (familles) ont éte virées des hébergements d’urgence en juillet.

Malgré nos sollicitations, la préfecture n’a pas respecté les engagements qu’elle avait pris (nuits d’hôtel) pour les demandeurs d’asile lors de notre dernière rencontre en mai.

Ce mercredi 22 août, le bâtiment occupé place Henry Russell sera expulsable :
Nous réclamons auprès de la préfecture un délai supplémentaire jusqu’à ce qu’une solution de logement stable soit trouvée pour tous et toutes. Par exemple la réquisition des bâtiments publics vides pour faire face au problème du logement serait une solution accessible.
Si les forces de l’ordre interviennent pour nous expulser du bâtiment sur ordre de la préfecture nous serons à nouveau à la rue, nous ne disparaîtrons pas.

Nous voulons rappeler à la préfecture qu’aujourd’hui encore elle est face à un choix : défendre le droit à la propriété privée des promoteurs immobiliers ou le droit au logement des demandeurs d’asile, des réfugiés et des familles.
Le marché de l’immobilier est contrôlé par des millionnaires qui ne sont pas confrontés aux problèmes que nous affrontons au quotidien. Les institutions et les pouvoirs publics doivent contrôler et réguler ce marché pour que les logements soient accessibles à tous et toutes et rétablir ainsi une stabilité matérielle dans nos vies en évitant les expulsions locatives que nous connaissons.

C’est pourquoi nous souhaitons tenter à nouveau d’entrer en discussion avec la préfecture afin de trouver un accord respectueux de nos droits.

DÈS 10H CE LUNDI 20 AOÛT, nous serons devant l’entrée des usagers de la préfecture pour revendiquer nos droits et obtenir une rencontre avec la sous-préfète. Nous invitons toute personne solidaire à nous soutenir en diffusant cette lettre ouverte ou en étant présent à nos côtés.

Le CROM

[Publié le 20 août 2018 sur Iaata.]