Bruxelles : menace d’expulsion au 10, rue des Drapiers

La coopérative B.U.L.S. expulse le n°10 de la rue des Drapiers Heron-City est un promoteur immobilier possédant les deux tiers de l’îlot délimité par l’avenue de la Toison d’Or, la rue des Chevaliers, la rue de Stassart et la rue des Drapiers. La plupart des maisons concernées sont de belles maisons de maître en bon état et laissées vides.

Au cours de l’été 2000, un groupe décide d’occuper plusieurs immeubles mitoyens situés rue des Drapiers. Afin de se protéger juridiquement, ils s’y domicilient et payent mensuellement 5.000 FB au propriétaire, somme qui, si elle est acceptée par ce dernier, permettrait de prétendre qu’un bail oral a été conclu entre les deux parties (il s’agit là d’une démarche classique pour le squatteur averti). Ils réalisent également un travail de défense de l’îlot par le truchement de la journée du patrimoine et la diffusion d’information concernant l’aval que l’ancienne majorité communale accordait aux promoteurs dans son projet mégalomane de centre de loisirs.

Au mois d’octobre, un groupe d’artistes musiciens, étudiants, chômeurs et travailleurs par intermittence investissent le n°11 rue des Chevaliers afin d’y habiter et d’y développer des activités culturelles. Entre ceux-ci et les habitants du n°10 rue des Drapiers se tissent rapidement des liens de solidarité et d’entraide mutuelle, ce qui conduit à développer une autre perspective de vie, de défense du lieu et de négociation : au mois de mai, nous soumettons au propriétaire une proposition de bail à titre précaire, cosignée par le syndicat des locataires, dans laquelle nous donnons comme garantie de départ les mensualités déjà payées augmentées d’une certaine somme.

Les habitants du n°14 rue des Drapiers ainsi que Giel Jacques prennent leur distance et marquent très vite leur désapprobation. Ils développent de leur côté un projet de coopérative qui servirait d’intermédiaire entre le propriétaire et les habitants. Mais cette coopérative BULS développe, selon nous, un projet d’assistanat social classique, contraire à notre démarche visant à plus d’autonomie.

Giel Jacques, en particulier, semble surtout guidé par des motivations purement carriéristes et mène ces négociations avec opportunisme, en faisant de la rétention d’information.

Les membres de la coopérative multiplient les démarches afin d’obtenir les faveurs d’Heron-City et ceci, en défaveur d’autres propositions d’accord effectuées les mois précédents par les autres occupants. Aujourd’hui, ils ont établi une convention d’occupation à titre précaire qu’ils n’hésitent pas à imposer aux autres squatteurs non-coopérants et vont obtenir le monopole de la gestion des maisons habitables dont Heron-City est propriétaire.

Cette convention prévoit entre autres, le paiement mensuel d’un loyer social, une garantie de départ s’élevant à 3 mois de loyer par étage et une deuxième garantie mensuelle, de type cumulatif, confiscable en cas de départ tardif, l’interdiction d’organiser des activités publiques dans les lieux et d’autres règles d’ordre intérieur inadmissibles . tout cela pour une durée déterminée d’un mois sans tacite reconduction. Ces conditions nous semblent particulièrement drastiques au regard de la précarité de la situation et des gens qui y habitent (8000 FB de rentrées mensuelles pour certains, pas de rentrées du tout pour d’autres). De plus, elles semblent passer l’éponge sur toute une année de combats livrés en commun : distribution de tracts, signature de pétitions, tentatives nombreuses de négociation, menace omniprésente d’expulsion. L’argent des loyers est destiné à faire grossir le capital de la coopérative. Celui-ci servira dans un premier temps à être réinjecté dans la rénovation des maisons de l’îlot, mais servira à d’autres projets futurs dont les non-coopérants ne retireront aucun bénéfice.

Les habitants du n°10 rue des Drapiers ont tenté de négocier avec les coopérateurs afin que la convention soit plus équitable et se sont vu opposer, en dehors de certaines attitudes d’évitement, un non quasi-systématique. Ajoutant à cela le fait que la coopérative s’impose comme unique négociateur auprès du propriétaire, il ne nous reste d’alternative que de signer un contrat inacceptable ou d’être expulsés.

Nous avons en effet reçu un avis d’expulsion, celle-ci est vraisemblablement prévue pour ce lundi 1er octobre aux petites heures.

NON À L’EXPULSION !
OUI À L’ÉTABLISSEMENT D’UNE CONVENTION D’OCCUPATION PAR LES HABITANTS EUX-MÊMES !

PS : VENEZ NOMBREUX ce dimanche 30 vers 19h, amenez vos matelas (2 places si possible) et des Rochefort 10°.

Les membres de la coopérative S.L.U.B. (Squatteurs Libertaires Unis et Bornés)