Genève: compte-rendu du procès de la rue Royaume

Voici un compte-rendu du procès de la rue Royaume qui s’est tenu à Genève le 8 décembre 2025. Ce document n’est ni exhaustif ni exact mais a été établi dans l’idée de laisser une trace écrite de ce qui s’est dit pendant ce procès. En tant que personnes ayant assisté à ce procès, on a fait ce qu’on pouvait et gardé les éléments qui nous ont le plus marquéexs.

Contexte

En 2023, des militant.e.x.s ont occupé un immeuble laissé en ruine au 8 rue Royaume. Iels l’ont fait pour dénoncer les pratiques de son propriétaire, spéculateur immobilier et marchand de sommeil ainsi que pour revendiquer un droit au logement pour touxtes. L’immeuble appartient à la société Burval SA en liquidation depuis 30 ans, qui y a logé des personnes sans-papier à des prix exorbitants et dans des conditions écoeurantes. Le propriétaire n’a effectué aucun travaux d’entretien dans l’immeuble, si bien que deux incendies s’y sont déclarés. Malgré cela, l’immeuble a continué à être un “logement” illicite pour les personnes vulnérables qui l’habitaient. Pourtant, le 8 décembre 2025, ce n’est pas le procès du propriétaire de l’immeuble qui s’est tenu, mais celui de 12 militant.e.x.s. On leur reproche d’avoir occupé l’immeuble quelques heures en signe de protestation. Pour cela, iels sont accusé.e.x.s de dommages à la propriété aggravés, de violation de domicile et d’empêchement d’accomplir un acte officiel. Read More

Amsterdam: Sint Jacobsdwarsstraat 6 squattée

Le vendredi 7 novembre, nous avons squatté la 6 Sint Jacobsdwarsstraat, propriété de Stadsgoed N.V., via Stadsgoed Monumenten B.V. La même société possède ou possédait les anciennes vinitres de la prostitution de la Dollebijnensteeg dans le quartier rouge qui ont été squattées par Mokum Kraakt en 2024. Ils étaient également propriétaires de Rokin 116 lorsqu’il a été squatté puis re-squatté en 2003. Après la première expulsion, la mairie accorda à Stadsgoed un prêt immobilier de 50 millions d’euros pour rénover le bâtiment et le transformer en logements coûteux à vendre, même si la société n’avait pas d’argent.

Stadsgoed est issu de l’entreprise immobilière Het Oosten, qui, par une fusion, est ensuite devenue Stadgenoot. Le but de l’entreprise était d’acheter des propriétés au milieu criminel — en collaboration avec la marie — et d’améliorer la qualité de vie de la ville. Pour quiconque a besoin d’une traduction du jargon du marché immobilier, la qualité de vie ici signifie des loyers plus élevés, des boutiques pour les touristes sans âme, plus d’hôtels aux prix exorbitants. Et bien sûr, des spéculateurs riches et heureux. Read More

Genève: procès Rue Royaume

Les 12 inculpé.exs de la Rue Royaume sortent victorieu.sexs du procès de lundi passé ! Les amendes prononcées à leur encontre sont abandonnées, une exemption de peine est prononcée, les dommages à la propriété réclamés par l’État ne sont pas retenus, l’empêchement d’accomplir un acte officiel ne tient pas et les frais judiciaires sont divisés par deux. Seule la violation de domicile est maintenue. Petit retour sur ce procès mémorable.

Mené au Tribunal de Police lundi dernier, le procès des 12 incupé.exs de la Rue Royaume a été avant tout un procès politique.

Le fond du procès résonne tristement avec le contexte genevois actuel. Rappelons que les inculpé.exs de la Rue Royaume sont poursuivi.exs pour avoir occupé, en février 2023, le célèbre bâtiment-verrue du quartier des Pâquis. Ce bâtiment était laissé vide par son propriétaire après deux incendies graves, qui ont mis en lumière des pratiques de marchand de sommeil en plein coeur de Genève. Read More

Genève: procès Rue Royaume, contre la propriété privée, acquittement immédiat pour les inculpé.e.x.s !

Le 8 décembre 2025 au matin aura lieu le procès public de 12 occupant·exs du 8 rue Royaume, inculpé·exs pour avoir dénoncé les responsables de la crise du logement à Genève. Iels seront jugé·exs pour violation de domicile, dommage à la propriété aggravé et empêchement d’accomplir un acte officiel. Pendant ce temps là, cette crise se poursuit : des centaines de personnes dorment dans la rue et la majeure partie de la population ne peut pas se loger dignement. Et l’immeuble du 8 rue Royaume, avec sa façade proprement ravalée, est toujours vide.

Ce procès n’est rien de moins qu’une énième criminalisation de la lutte pour une ville sociale et solidaire, alors que le propriétaire de l’immeuble continue ses magouilles illégales pour spéculer et accumuler des profits en tout impunité ! Le 8 décembre, c’est la propriété privée qui se défendra au Tribunal, au détriment du droit au logement. Venons leur montrer de quel côté nous nous trouvons. Rendez-vous à 8h45 devant le Palais de justice pour scander haut et fort notre indignation, soutenir les inculpé.exs et leur action et acter notre résistance. Read More

Den Bosch: Knoflook menacé d’expulsion

Le Knoflook est situé sur le Havendijk à Den Bosch depuis près de 20 ans. Le bâtiment a été acheté en 2001 par le promoteur immobilier Cornelis Huygens et a été squatté en 2006 après des années d’inoccupation et de délabrement. Depuis lors, le Knoflook a fourni un espace pour les résident-es, les artistes, les groupes de musique, un restaurant végétalien, un magasin gratuit, des soirées d’information, des groupes d’action et de nombreuses initiatives pour les jeunes.

Ensemble, nous sommes le Knoflook !

Le propriétaire a intenté une action en justice contre les résident-es pour expulsion, qui aurait lieu le 4 décembre. Un contrôle sur l’amiante a récemment été réalisé. Le propriétaire demande soudainement au Knoflook et aux résident-es de quitter le bâtiment immédiatement et dans un délai incroyablement court (avant le mardi 11 novembre). C’est même avant le procès. Le Knoflook a lancé une campagne pour la préservation d’un centre social à Den-Bosch et contre la vacance.

Nous revendiquons notre place dans la ville. Knoflook reste ! Read More

Nimègue: l’ancien commissariat de Dukenburg squatté

Le mardi 28 octobre 2025, nous avons emménagé dans l’ancien commissariat de police sur la Van Schuylenburgweg. Après une année d’inoccupation et de délabrement entre les mains de Hoedemakers Ontwikkeling, le bâtiment a enfin une destination en tant que lieu de vie et d’activités. Nous voulons utiliser cet espace pour des événements sociaux accessibles, tels que des ateliers, des cuisines communautaires et des soirées cinéma dans lesquels le quartier peut également s’impliquer.

Une étude récente de Statistics Netherlands montre qu’il y a 17,8 millions de mètres carrés de bâtiments vacants aux Pays-Bas. Il n’y a pas eu de résident-e ou de locataire depuis au moins un an. Toute cette vacance représente autant de surface que 200 000 appartements neufs. Cela offrirait suffisamment d’espace pour tous les habitant-es d’Utrecht (377 mille !). C’est scandaleux et, avec cette action, nous essayons de nous attaquer à la pénurie de logements et à l’augmentation constante du coût de la nourriture à notre modeste échelle.

Le bâtiment a été construit en 1988 en tant que poste de police et a eu cette fonction jusqu’au début des années 2000, après quoi il a servi de stockage pour les voitures de police. Au début de 2024, le bâtiment a été mis aux enchères et est passé entre les mains de la société immobilière de Simon Passier et Marc Hoedemakers, Hoedemakers Ontwikkeling. Ces dernières années, de plus en plus d’immobilier est tombé entre les mains de ce type de spéculateurs, alors que les loyers s’envolent et que les habitant-es n’ont parfois pas d’autre choix que de quitter leurs villes. Read More

Pays-Bas: 15 ans de législation anti squat. Villa Ivicke resquattée

Mise à jour du 5 octobre: samedi 4 octobre dans la soirée, la Villa Ivicke a été expulsée. 25 personnes auraient été arrêtées à l’intérieur du bâtiment et auraient été relâchées dans la nuit.

Wassenaar — Aujourd’hui, le 4 octobre 2025, un grand groupe d’activistes du logement annonce la réouverture de la Villa Ivicke. Après 3 ans d’inoccupation, cette illustre maison hantée de Wassenaar est enfin à nouveau habitée. Les habitant.e.s veulent insuffler une nouvelle vie dans ce palais froid qui se délabre au fil des ans. Iels œuvrent à créer un groupe très uni qui prendra soin du bâtiment et du domaine environnant.

À l’occasion du 15e anniversaire de l’interdiction de squatter, il s’agit d’un cadeau pour celles et ceux qui ne pouvaient plus supporter la vue désolée du monument en cage le long de la Nationale 44. Si cela ne tient qu’aux squatters, la lumière brillera bientôt à nouveau depuis les pièces chauffées et le potager sera à nouveau entretenu.

La Villa Ivicke a été squattée pour la première fois en 2018. En 2022, le groupe a dû quitter le bâtiment, après un long procès intenté par la municipalité, car il était censé être utilisé par le propriétaire. C’est bien sûr un pur non-sens : Bever Holding n’a qu’un seul employé et il profite de sa retraite à l’étranger. Un gros mensonge qui a été confirmé avec 3 ans d’inoccupation. Il est donc grand temps de le remettre en service. Read More

Barcelone: appel contre l’expulsion de Ca l’Espina

Cinq ans et 6 mois se sont écoulés depuis la libération de Ca l’Espina, un bâtiment situé au nº 12 de la Carrer d’Asturias, au cœur de Gràcia, à Barcelone. Un quartier gentrifié que l’on ne reconnaît plus, vendu au tourisme et à la spéculation.
C’est avec beaucoup de colère et de tristesse que nous avons reçu la date d’expulsion, le 2 octobre 2025. Le propriétaire, Bojous, S.L., avec les Mossos d’Esquadra, vont une fois de plus militariser le quartier pour essayer de nous expulser de notre maison.
Tout au long de ces années, nous avons bousculé la logique imposée par le capital, en faisant de l’entraide une pratique à la fois essentielle et quotidienne. C’est un espace où nous avons grandi à la fois individuellement et collectivement, où nous avons renforcé des liens qui nous permettent de lutter et de défier l’ordre établi. C’est aussi l’endroit où nous continuons à rassembler nos forces pour résister à l’expulsion.
Conscient-es de la diversité des expériences vécues, de la diversité des personnes et des capacités, et dans le but de continuer à remettre en question et à détruire les systèmes de domination, nous appelons à la solidarité sous toutes ses formes.
Fermes dans notre engagement dans la lutte anarchiste et sachant que les actions ont des conséquences, nous déclarons que Ca l’Espina est bien plus qu’un simple bâtiment, et que le collectif s’étend bien au-delà de celles et eux qui vivent à l’intérieur de ses murs. Ils ont choisi de venir pour nous, et nous répondrons. Nous ne laisserons pas cette expulsion impunie et nous contribuerons à développer notre imagination collective par l’action directe.
Nous refusons d’accepter la perte de ce quartier et, par conséquent, nous refusons de quitter notre maison. Read More

Bruxelles: les prix de l’immobilier plus chers que jamais

Aujourd’hui, il est de plus en plus complexe de trouver un logement à la fois abordable et décent dans les rues de Bruxelles. La ville traverse une véritable crise du logement, qui trouve ses origines, entre autres, dans les politiques menées ces dernières décennies. Elles ont été menées dans le but de favoriser la spéculation immobilière*, et ainsi permettre une gentrification** programmée des quartiers historiquement populaires. En conséquence, les prix de l’immobilier et des loyers bruxellois ont augmenté en flèche ces trente dernières années.

En effet, entre 1987 et 2017, le prix moyen d’une maison à Bruxelles a été multiplié par 8 tandis que celui d’une commune comme Ixelles a été décuplé par 12,2. On retrouve aussi des communes comme Schaerbeek, Saint-Josse-Ten-Noode ou encore Saint-Gilles qui ont vu leurs prix moyens être multipliés par 10. Molenbeek-Saint-Jean, Bruxelles-Ville ou encore Forest ont, quant-à-elles, vu leurs loyers êtres respectivement multipliés par 8,5, 8,1 et 7,7. Ainsi, le prix d’une maison à Saint-Gilles coutait « seulement » 37 000 euros il y a trente ans, contre 400 000 en 2017. De plus, les prix ont sans aucun doute considérablement augmenté depuis 2017, date de la fin de l’étude. Read More

Rosny-sous-Bois (93): à l’arbordage de l’EPFIF !

Appel à rejoindre un quartier de maisons à occuper, rachetées par l’EPFIF. Rendez-vous dès maintenant au 3 rue Conrad Adenauer à Rosny-sous-Bois !

Il était une fois, l’EPFIF, une hydre à deux têtes qui rachetait les maisons pour les laisser vides pendant des années avant de faire des quartiers tout beaux, tout neufs. Ses deux visages avaient même des noms : spéculation immobilière et plans de rénovation urbaine.

L’hydre faisait rage dans le 93, laissant des quartiers entiers à l’abandon en rachetant des parcelles, expulsant à tour de bras les personnes y vivant et les quelques personnes tentant d’occuper les lieux laissés vides, avec la malice propre d’un monstre rattaché au bras de l’État. Read More

Marseille: Airbnb – Que fait la mairie de Marseille contre les nouveaux marchands de sommeil ?

Communiqué de la Coordination des actions anti-gentrification du 1er février 2024 après les pseudo-révélations de Complément d’enquête, la sortie d’une nouvelle grosse crapule du Airbnb affichée sur les réseaux et pour annoncer la création d’une plateforme participative Balance Ton Airbnb pour répertorier, documenter, enquêter, traquer, multiproprios et véreux du mal-logement.

Le 11 janvier dernier, Complément d’Enquête diffusait l’interview anonyme d’un multipropriétaire de locations saisonnières à Marseille, dans le cadre d’une émission consacrée à la spéculation immobilière liée au tourisme et aux niches fiscales accordées aux plateformes numériques de type Airbnb. On y voit un propriétaire satisfait de lui-même, s’affirmant tout haut en « flagrant délit d’illégalité », c’est-à-dire sans le moindre respect des réglementations ou de la compensation des logements pris aux Marseillais. Read More

Barcelone: les centres sociaux le Kubo, La Ruina et Estudi 9 se défendent contre trois expulsions simultanées

Les tribunaux de Santa Coloma de Gramenet et de Barcelone se sont alignés sur la police catalane pour procéder aujourd’hui, 30 novembre, à la mise en chantier de trois immeubles appartenant à Sareb et à une société d’investissement basée au Luxembourg.

Dans un communiqué commun publié par le Kubo et la Ruina de Bonanova à Barcelone et par Estudi 9 de la vieille ville de Santa Coloma de Gramenet, il est annoncé que ce jeudi 30 novembre, « nos maisons sont des tranchées »… Iels considèrent que la suspension de la date d’expulsion précédente de l’immeuble Colomense était une « tentative de diviser notre lutte », mais iels avancent que « cela leur coûtera cher, nous savons jouer nos propres stratégies ». Read More

Barcelone: el Kubo et la Ruïna ne mourront pas

Nous ferons de notre maison un champ de bataille, el Kubo et la Ruïna ne tomberont pas. Rendez-vous le 30 novembre à 5 heures 30 du matin, place Uri Caballero, métro Vallcarca à Barcelone. Si el Kubo et la Ruïna tombent, le quartier prendra feu. OKUPA Y RESISTE!

Déclaration faite en février 2023, devant la menace d’expulsion de La Ruïna et el Kubo:

Nos squats sont des tranchées.
C’est fait, le 23 mars, ils vont essayer de nous expulser. En 2016, un immeuble de bureaux a été squatté pour la première fois dans le quartier de Sant Gervasi et nous l’avons appelé El Kubo. Le Kubo a été la maison et le lieu de passage de plus d’une centaine de personnes au cours de ses plus de 6 ans d’existence. Cela a été la maison et la tranchée de nombreuses personnes. C’est une oasis de résistance dans le quartier bourgeois de Barcelone depuis de nombreuses années et cela n’a pas été facile. Squatter et résister définit très bien l’histoire du Kubo. Pendant toutes ces années, nous avons dû faire face à deux expulsions et au siège constant de groupes d’extrême droite, de la presse capitaliste et des partis politiques. Et malgré les hostilités, nous avons réoccupé cette maison et résisté pendant tout ce temps. Read More

Amsterdam: deux maisons de Blackstone squattées pendant la manifestation ADEV

Pas d’espaces libres sans une Palestine libre

Amsterdam, 21 octobre – Nous avons squatté ces 2 maisons (Prinsengracht 804 et 806), malgré les meilleures tentatives de la ville et de la police pour rendre les choses très difficiles, car nous pensons que l’appel de l’ADEV (Amsterdam Danst Ergens Voor – Amsterdam danse pour quelque chose) « Exproprier la stupide propriété » est un appel à l’action.

Ces maisons, détenues et laissées vides par une énorme société d’investissement américaine appelée Blackstone, dont certains (mais pas tous) des crimes peuvent être lus sur la bannière, sont définitivement, par définition, des biens stupides. Mais nous voulons souligner que, dans un système capitaliste qui place les géants de l’entreprise au-dessus de la vie et de la dignité humaines, toute propriété est stupide et toute propriété est du vol. Read More

Montreuil: rassemblement contre l’application de la loi Kasbarian

Rendez-vous le 26 septembre devant le tribunal administratif de Montreuil pour soutenir le recours du squat des Roseaux face à l’application de la loi kasbarian !

La loi Kasbarian-Bergé est passée cet été, elle et ses articles qui criminalisent les locataires précaires et les occupant·es de squats

Nous, habitant.es du squat des Roseaux, après avoir fait face à la violence du propriétaire qui a essayé de nous expulser à coup de tractopelle, faisons les frais cette nouvelle loi. Un arrêté préfectoral a été placardé sur notre porte, nous annonçant que nous avions sept jours pour quitter les lieux. Sept jours pour nous séparer de plusieurs mois d’ancrage, sept jours pour trouver un nouvel espace qui pourrait nous accueillir, sept jours après lesquels cette maison devait se vider à nouveau de tout occupant·es. Nous avons déposé un recours et aurons donc une audience le 26 septembre au tribunal administratif de Montreuil. Nous appelons donc toutes les personnes solidaires de notre situation mais surtout solidaires de toutes celles et ceux qui aujourd’hui en France galèrent et bricolent pour se loger, à se rassembler le 26 septembre à partir de 13h30 devant le tribunal administratif de Montreuil ! Read More