Montpellier: Quartier Figuerolles, la Friche à Mimi menacée par un gros projet immobilier

Un ensemble spéculatif de 136 logements, sans la moindre concertation dans un quartier fragile, pourrait remplacer la légendaire Friche de Mimi. Des habitants s’organisent pour l’entraver.

18 heures ce vendredi 7 décembre sur la place Salengro à Figuerolles. Il y a de la politique dans l’air. Dans les têtes et sur les lèvres.
– Un monsieur : « Avec Saurel à la mairie, c’est open bar pour les promoteurs ! »
– Une dame : « Lui ou un autre, ça serait pareil. Et si ça se trouve, vous avez voté pour lui ».
– Un autre monsieur : « Ah non ! D’ailleurs j’étais candidat sur une autre liste. Celle du NPA ».
– La même dame : « Le NP quoi ? C’est quoi ça ? »
– Un troisième homme : « Bref, c’est pourquoi il faut vraiment soutenir les gilets jaunes. Y’a besoin d’un changement complet, très, très profond ».

Ce cercle spontané de discussions s’est agrégé autour des tables du collectif « Figuerolles en friche ». Au fil de deux heures de présence, on peut estimer à une centaine, le nombre de personnes qui se seront arrêtées là à cette occasion. Parmi lesquelles, une proportion significative de passants qui découvrent tout. Sur un panneau, sur une table, on peut consulter le projet du groupe immobilier Marignan, qui touche le quartier. Il s’agit du dixième groupe français dans son domaine, avec cinq projets en cours sur la métropole. Il dépend d’une banque hollandaise et intéresse les fonds de pension. Read More

Marseille: « Ce qui vient de se passer rue d’Aubagne montre le vrai visage de Marseille »

Entretien avec Patrick Desbouiges, travailleur social.

Patrick Desbouiges, dit « Pat », tout le monde le connaît dans les rues de Marseille. Grande gueule, grand cœur, grande moustache, il arpente la cité phocéenne pour le compte de l’association Just (Justice et union pour la transformation sociale), dont il est régisseur social. Des bidonvilles Roms aux quartiers Nord, de la Cité Corot aux ruelles de Noailles, il est quotidiennement au contact des réalités sociales les plus révoltantes de la ville.

Comme nombre de Marseillais·es, l’effondrement ce 5 novembre de deux immeubles au cœur du quartier populaire de Noailles, rue d’Aubagne, l’a particulièrement indigné. Alors qu’un troisième immeuble a été démoli et que le nombre de victimes reste inconnu (cinq corps retirés des décombres à l’heure actuelle), il dénonce avec véhémence les politiques de la ville en matière d’habitat indigne et de gestion des marchands de sommeil. Pour lui, le drame de lundi n’a rien d’une surprise – il confirme simplement l’incurie des pouvoirs publics en la matière. Entretien au débotté, à quelques pas de la Plaine emmurée. Read More