Toulouse: le cadeau de Jean-Luc Moudenc à Thierry Oldak

C’est une opération de longue haleine que Thierry Oldak, un des plus gros promoteurs toulousain, est sur le point de réussir, raflant au passage un joli pactole. Sur la revente de l’ancien bâtiment EDF du 10-12 quai Saint-Pierre, le Groupe Thiery Oldak s’apprête à se faire plus de 6 millions d’euros de bénef’ grâce à un joli cadeau de Toulouse Métropole, à tel point que même La Dépeche ne parvient pas à cacher son étonnement devant cet audacieux « tour de passe-passe ».

En 2012, Thierry, dont le groupe est propriétaire d’une quantité impressionnante d’immeubles à Toulouse, Bordeaux ou Nantes, lorgne sur cet immense bâtiment d’EDF. 4500m2 sur les bords de Garonne, en plein centre-ville, c’est le genre d’adresse qui fait saliver plus d’un promoteur. Cette année-là, l’achat du 10-12 quai Saint-Pierre lui passe finalement sous le nez parce que Sciences Po Toulouse, qui se trouve à l’étroit dans ses locaux de la rue des Puits Creusés, cherche à déménager. Toulouse Métropole, sous la forme de son EPFL [Etablissemnt Public Foncier Local] (qu’on connaît mieux pour son rôle de marchand de sommeil vu les taudis qu’il loue aux pauvres dans le quartier Bonnefoy), décide donc de préempter les lieux pour que le vénérable Institut (d’Études Politiques) puisse s’y installer. En France, lorsque des propriétaires veulent vendre leurs biens, certains organismes publics ont le droit de préemption, ce qui leur permet d’acheter en dessous des prix du marché. C’est ainsi que l’EPFL récupère ce bâtiment pour 4,7 millions d’euros, ce qui n’est vraiment « pas cher » dans le monde parallèle de l’immobilier. Read More

Poznań: Les anarchistes réussissent à empêcher l’expulsion de jardins partagés

Les anarchistes du squat Rozbrat à Poznań, en collaboration avec d’autres groupes, ont réussi à empêcher l’expulsion des jardins partagés voisins « ROD Bogdanka ».

Les jardins partagés font partie de la ceinture verte de la ville et sont utilisés par la communauté depuis 1953. Pendant des décennies, les terrains ont appartenu au Trésor public. Au début des années 90, il a été acquis par une société de développement quelque peu obscure, Darex. Celle-ci a contracté un prêt pour acheter le terrain, mais ne l’a jamais remboursé tout en conservant ses droits de propriété. À ce jour, la société est toujours inscrite comme propriétaire officiel dans les registres du cadastre, tant pour les lotissements que pour Rozbrat.

Au fil des ans, la municipalité de Poznań a tenté de récupérer le terrain, mais sans trop de succès jusqu’à présent. Entre-temps, le terrain est devenu un domaine de premier choix pour les promoteurs et sa valeur marchande a considérablement augmenté. Les promoteurs, bien sûr, prévoient d’en faire une sorte de projet de « réhabilitation » huppé et ont harcelé à la fois les propriétaires de lotissements et les squatters de Rozbrat pour les inciter à partir. L’année dernière, des incendies criminels ont été signalés dans les jardins, et Darex a également menacé les propriétaires de parcelles de sanctions financières absolument écrasantes s’iels décidaient de conserver leurs jardins. Par ces méthodes, ils ont réussi à intimider de nombreuses personnes pour qu’elles quittent leurs parcelles ; cependant, il en reste encore quelques-unes. Read More

Dijon: les Jardins de l’Engrenage en danger. Les légumes et les arbres sont enracinés, ils ne partiront pas

La décision du tribunal de Dijon a acté l’expulsabilité des terres occupées par les Jardins de l’Engrenage à partir de la date du 20 novembre. La maison n’est pas concernée par cette décision. Malgré les titres réducteurs et racoleurs de la presse locale qui laissent à penser que l’affaire est pliée, les légumes poussent, les jardinier.e.s jardinent et les promeneurs se promènent !

Après l’audience d’octobre, le tribunal rendait son verdict le 4 novembre. Selon la presse locale (le Bien Public): « le tribunal a constaté l’occupation sans droit ni titre des terrains situés entre le 45 et le 65 avenue de Langres et ordonné leur expulsion dans un délai de quinze jours si besoin avec le concours de la force publique… Le tribunal s’est toutefois déclaré incompétent pour ce qui concerne l’occupation de la petite maison. » Read More

Dijon: procès et rassemblement de soutien à l’Engrenage

Mercredi 7 octobre, les jardins de l’Engrenage passaient en procès. Une centaine de personne étaient réunies devant la cité judiciaire. Le rendu aura lieu le 4 novembre.

La ville de Dijon demande l’expulsion des occupant·es et jardinièr·es, pour pouvoir y contruire un énième « éco-quartier ». Interrogé par les journalistes de France Bleu Bourgogne, l’avocat de la ville Maître Brultet explique que « c’est surtout la préservation du droit de propriété qui nous soucie. Nous voulons permettre à la ville de réaliser le projet qui est le sien, c’est à dire la construction de 300 logements. Ces gens là violent le droit de propriété, droit constitutionnellement reconnu, ils entravent la construction de cet éco-quartier ».
Maitre Clémang, avocate de la défense a plaidé le fait que le juge des référés est incompétent à demander l’expulsion des deux personnes qui vivent dans la maison qui se trouve au milieu du terrain
Le rendu aura lieu le 4 novembre Read More

Montpellier: La friche de Figuerolles, grosse épine dans le pied du politicien Delafosse

Les opposants au projet immobilier sur la Friche de Mimi reprennent du poil de la bête. Ils rappellent sèchement au nouveau maire de Montpellier ses promesses électorales.

Un petit box de stationnement a son portail ouvert ce mercredi 23 septembre, donnant sur le trottoir de la rue Adam de Craponne. Un écran y a été installé. Il diffuse en boucle une vidéo. Une cruelle et redoutable vidéo. On y voit Michaël Delafosse, nouveau maire socialo-vert de Montpellier. Plein cadre, pleine face, avec son ton inimitable de professeur appliqué, il explique doctement : « Il y a des lieux qu’il faut savoir protéger, et c’est ici nécessaire. Il faut préserver ce lieu de culture, lieu d’hospitalité. Il faut racheter ce lieu, ajourner le permis de construire… » Read More

Berlin: appel international à l’action et journées de discussion

Appel international à l’action et journées de discussion à Berlin 30.10.-01.11.2020
Démonstration internationale à Berlin 31.10.2020

UNI-ES, NOUS NOUS BATTONS !
Relier les Luttes Urbaines – Défendre les espaces autonomes

Au cours des dernières années nous avons vu une résurgence globale de politique raciste réactionaire et patriarchale.

Dans un procesus constant d’intensification de l’exploitation et d’expansion de la répression, l’état et le capital se servent de la crise capitaliste globale, qui s’est déclenchée il y a une decade, pour restructurer encore les relations de pouvoir à leur avantage.

Leur réponse politique se matérialise dans une poussée de la droite, avec une alliance de politiques d’économie néoliberale jointes à un fort narratif nationaliste et une politique répressive contre toute résistance et tous mouvements progressifs. Une nouvelle attaque contre tout individu.e considéré.e dispensable.e et celle.ux qui choisissent de résister et se collectiviser contre le *ruine* de leurs vies est lancée par ce nouveau visage d’autoritarisme. Dans la période courante, des états dans le monde entier utilisent leurs mesures contre le CoVid-19 pour étendre la répression, le contrôle et la surveillance contre la société. Pendant ce temps-là, l’échec des services médicaux néoliberaux a mené à des masses de décès et des inégalités croissantes dûes à l’accès aux services médicaux. Read More

État espagnol: quand squatter est un droit

L’occupation pacifique de maisons inhabitées dans un acte de désobéissance sociale à un modèle injuste de distribution des richesses qui prive de plus en plus de personnes d’une vie digne. La demande de dépénalisation de ce type d’occupation est un pas de plus vers la justice sociale.

En août dernier, les médias nous ont bombardés de nouvelles alarmistes sur l’occupation croissante de maisons habitées, donnant de la pertinence à un phénomène jusqu’à présent minoritaire et amenant les voix les plus conservatrices et les plus réactionnaires à réclamer une prétendue « loi anti-occupation ». Sur les raisons de cette campagne, je recommande la lecture d’Emmanuel Rodriguez ; il ne tient qu’à moi de convaincre le lecteur que le seul débat légitime autour de cette question est, à l’heure actuelle, de demander la dépénalisation de l’occupation. Read More

Berlin: nouveau procès contre la Liebig34

Le 26 août, le jugement par défaut du 3 juin a été confirmé une nouvelle fois par le tribunal régional de Berlin contre l’association Raduga e.V., qui avait déjà quitté la maison depuis le début de l’année et avait abandonné la propriété. Le nouveau jugement n’est pas surprenant, ici encore, le propriétaire et ses intérêts en capital sont mis à contribution et un espace de vie est négocié comme objet de spéculation. Dans le sens de Padovicz, La Liebig doit être libérée le plus rapidement possible. En outre, le requin de l’immobilier va recevoir de notre part 20 000 euros supplémentaires à se mettre en poche. Il n’a fallu qu’une demi-heure à la justice berlinoise pour juger du sort des habitant-es de la Liebig. Une demi-heure pour décider si les habitant-es doivent être mis-es à la rue ou non.

L’association fera appel et portera donc l’affaire devant la Cour supérieure. Nous pouvons toujours être expulsé-es à tout moment, mais Padovicz devrait fournir un « dépôt de garantie » substantiel de 60 000 €. Compte tenu de ses atouts, cela n’est pas improbable. Read More

Dijon: jardin partagé et occupé de l’avenue de Langres

Communiqué du collectif du 17 juin – Prise de terre à Dijon dans le cadre de l’appel du 17 juin contre la reintoxication du monde !

Aujourd’hui, mercredi 17 juin 2020, malgré la pluie, nous étions près de quatre cents personnes à manifester depuis la Place de la République jusqu’au terrain à l’abandon situé au 63 avenue de Langres. Armés de bêches et de fourches, les participant-e-s ont pu défricher le terrain pour en faire des jardins, aménager de nouveaux espaces de rencontres et de respiration au cœur du quartier, planter des légumes, débattre de l’avenir commun sur ce terrain et au dela, ou partager un repas.

Ces terres sont menacées par un projet immobilier porté par la mairie qui, à grand renfort de communication « greenwashing », tente d’imposer un énième plan urbanistique inutile. Selon l’INSEE, il y a plus de 6000 logements vacants rien que sur la commune de Dijon. À part pour la municipalité – qui souhaite à tout prix croître pour asseoir son statut de« métropole » – pour qui est-ce une priorité qu’il y ait plus de nouveaux logements ? Read More

Berlin: Exproprions tout !

À Berlin, socialiser la propriété pour lutter contre la gentrification.

Le 23 février dernier, pour freiner la flambée du prix du logement provoquée par la gentrification de Berlin, les loyers de la capitale allemande ont été gelés pour une durée de cinq ans. Mais cette mesure cache mal le moteur principal de la gentrification, c’est-à-dire la place grandissante de l’immobilier dans la stratégie de croissance mondiale du capital. Représentant aujourd’hui 60 % des actifs mondiaux, l’immobilier façonne désormais l’espace urbain dans une seule optique : engendrer toujours plus de profit. Face à cette déferlante, les militant·es berlinois·es du logement luttent pour l’expropriation des propriétaires immobiliers. Pour sortir définitivement le logement de sa logique marchande et se réapproprier nos villes comme nos vies.

C’est un samedi exceptionnellement chaud à Berlin – si cela a encore du sens de qualifier une météo d’« exceptionnelle ». Je me réveille tôt, lis un peu, réponds à mes mails, change quelques couches-culottes, puis je sors retrouver des ami·es au café avant la grande manifestation. La manif « contre l’indécence des loyers » ou Mietenwahnsinn est un rassemblement annuel de dizaines de milliers de Berlinois·es à Alexanderplatz pour dénoncer la hausse prétendument inéluctable des loyers dans la capitale allemande. Et comme dans toutes les grosses manifs ici, on se croirait à une fête. Read More

Amsterdam: nouvelle politique de la mairie, pas d’expulsion pour du vide…

En tant que squatteur à Amsterdam, il est douloureux de faire le bilan de l’année écoulée. L’année 2019 a porté un coup dur à un mouvement qui ne semblait pas capable de faire mieux que de prendre la raclée. La ville a perdu ses plus grands squats et malgré de nombreuses ouvertures, presque aucun nouveau squat n’a survécu à la fin de l’année. De plus, les politicienn-e-s ont essayé d’introduire une loi au niveau national pour criminaliser davantage les squatters, tandis que les médias ont rapporté à maintes reprises comment les propriétaires affligés sont trompés à répétition par les squatters. Pour couronner le tout, le maire conclut l’année avec un rapport sur une nouvelle politique visant à mettre en place une approche plus rigide sur les squats.
Il ne reste pas grand-chose à dire au-delà de 2019, année plutôt sombre, ce qui rend difficile de brosser un tableau optimiste des squats à Amsterdam en 2020.

Nous nous souvenons d’une année au cours de laquelle nous avons beaucoup perdu. Read More

Rubí (Catalogne): rassemblement contre le risque d’expulsion du jardin communautaire El Mirlo

Communiqué du jardin communautaire El Mirlo.

Samedi 15 février 2020 à midi, rassemblement devant la gare de Rubí.

Si le spéculateur persiste, El Mirlo résiste !

En mai 2016, nous avons occupé le terrain du 44 rue General Prim, en face de l’Athénée Libertaire la Hidra, appartenant à l’époque à Arrels CT Finsol, une société immobilière de la BBVA, afin de construire un jardin communautaire entre tou-te-s. Depuis lors, nous donnons vie à cet espace, en utilisant une terre abandonnée. El Mirlo (le Merle) et ses plantes n’ont pas cessé de pousser grâce à l’effort des toutes et de tous, jour après jour et à chacune des journées portes ouvertes aux voisin-es qui sont organisées tous les 15 jours. Nous cultivons des légumes, des plantes médicinales, des tubercules et nous le faisons pour apprendre ensemble et ainsi partager les connaissances. Le jardin est aussi un lieu de rencontre pour les personnes et les groupes, un coin protégé de la pollution asphyxiante et de l’asphalte de cette ville. Read More

Bruxelles: occupation précaire et spéculation immobilière… vous reprendrez bien un peu de précarité ?

Alors que squatter est devenu un crime, les occupations précaires se multiplient et s’institutionnalisent. Rentables immédiatement, à travers des conventions qui font méchamment penser à un bail moins protecteur, ou sur un plus long terme par la revalorisation de l’image du quartier, ne sont-elles pas dans le fond un excellent outil de spéculation immobilière ?

Elles fleurissent partout en ville, elles s’affichent dans la presse, les occupations précaires ont la cote en ce moment. Occuper des espaces vacants paraît donc désormais normal, et même souhaitable [1], pourtant il y a de cela deux ans, le parlement belge votait calmement la loi dite « anti-squat », comment comprendre ce faux paradoxe ?

Retour sur le squat

Le squat est, juridiquement, une occupation sans titre ni droit d’un bâtiment ou d’un lieu. Les squatteur·euse·s dans leur grande majorité, repéraient des espaces vides, les occupaient, et s’en faisaient expulser plus ou moins vite, à la demande du propriétaire. Permettant de se loger sans payer et sans devoir montrer patte blanche aux propriétaires, le squat permet d’autres formes d’intégration, de rencontres et de résistances. Read More

Madrid: La Emboscada menacée d’expulsion

Vendredi 20 décembre
Salut,
Nous vous écrivons ce communiqué de la Emboscada (Tetuán, Madrid), pour vous informer que le 17 décembre dernier, un juge a ordonné notre expulsion préventive sur la base d’une plainte déposée par l’un des propriétaires de notre espace occupé anarchiste La Emboscada.
Selon ce rapport, l’expulsion peut être très proche, dans moins de 20 jours. Compte tenu de ces informations, nous avons décidé de nous battre de toutes nos forces pour empêcher cette expulsion. Nous avons donc appelé à un rassemblement le soir du jour de l’expulsion, à 20h, et nous comptons sur votre soutien. Le lieu du rassemblement ne sera publié qu’au dernier moment, nous vous encourageons donc à être attenti-ve-s.
Nous avons décidé de ne pas rester silencieu-ses alors que nous assistons à des dizaines et des dizaines d’expulsions dans des logements et des centres sociaux.
Nous avons décidé de ne pas abandonner ni de négocier avec ceux qui veulent surtout défendre leur propriété privée, car nous savons que la propriété privée ne cherche que le bénéfice individuel d’une minoritée et nous savons que l’État défend et soutient ces vieux ennemis de classe déjà connus.
Nous savons que ce cas n’est pas un cas isolé (tous les faits précédents se sont produits l’année dernière) mais il répond à un fonctionnement et une structure capitaliste. Nous savons que le propriétaire n’est pas un démon qui échappe à la norme ou au bon sens, accepté par la plupart des citoyens. Nous avons donc décidé de l’aborder comme un conflit de plus à affronter et avec toute la volonté et le soutien mutuel qui est donné entre tou-te-s celleux qui comprennent et sont solidaires de cette lutte contre le Capital, les lois, et l’Etat lui-même. Read More

Dijon: Thierry Coursin, un empereur de façades

L’ex-directeur de cabinet de Rebsamen, devenu entrepreneur à plein temps après la privatisation sauvage de la société d’aménagement de l’agglomération dijonnaise en 2016, est propriétaire d’un bâtiment occupé par des migrants menacés d’expulsion actuellement.

Mafia ou pantomime ?

Depuis octobre 2018, plusieurs dizaines de personnes migrantes ont trouvé domicile dans les anciens locaux de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) de Chenôve. L’an passé, quatre antennes CPAM de l’agglomération ont été regroupées en une seule entité désormais localisée au Centre Clémenceau. C’est la « Société Est-Métropole » (SEM) qui, à la suite de cette centralisation, est devenue propriétaire des immeubles vacants. Le président de cette société s’appelle Thierry Coursin, spéculateur et carriériste notoire, encore trop ignoré du grand public au regard de l’ampleur du fléau dont il est l’agent. Read More