Dijon: Thierry Coursin, un empereur de façades

L’ex-directeur de cabinet de Rebsamen, devenu entrepreneur à plein temps après la privatisation sauvage de la société d’aménagement de l’agglomération dijonnaise en 2016, est propriétaire d’un bâtiment occupé par des migrants menacés d’expulsion actuellement.

Mafia ou pantomime ?

Depuis octobre 2018, plusieurs dizaines de personnes migrantes ont trouvé domicile dans les anciens locaux de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) de Chenôve. L’an passé, quatre antennes CPAM de l’agglomération ont été regroupées en une seule entité désormais localisée au Centre Clémenceau. C’est la « Société Est-Métropole » (SEM) qui, à la suite de cette centralisation, est devenue propriétaire des immeubles vacants. Le président de cette société s’appelle Thierry Coursin, spéculateur et carriériste notoire, encore trop ignoré du grand public au regard de l’ampleur du fléau dont il est l’agent. Read More

Barcelone: Nous avons réoccupé Ca La Trava

Nous sommes retourné-e-s à Ca La Trava, maintenant une parcelle vide, et nous n’avons pas l’intention de partir. Cet espace, jusqu’à présent fermé, sera à nouveau ouvert au quartier, et nous le défendrons comme nous avons défendu nos maisons. Nous voulons que ce soit à nouveau une tranchée pour résister à l’assaut des spéculateurs et se battre contre tous ceux qui détruisent notre quartier. Si Ca La Trava deviendra un appartement de luxe, nous perdons tou-te-s, et nous ne pouvons pas le permettre.

Nous vivons des temps de phrases creuses, d’euphémismes, de symbolismes sans contenu et de politiciens qui contredisent chaque nouvelle déclaration. C’est pourquoi nous tenons à préciser que lorsque nous disons « Ca La Trava ne sera jamais un appartement de luxe », nous le disons aussi sérieusement que possible. La lutte de Ca La Trava n’est pas une lutte perdue, et la reconquête n’est pas une décision improvisée ou le fruit du sentimentalisme. Notre objectif est de gagner et nous sommes convaincu-e-s que nous le ferons. Read More

Montpellier: Quartier Figuerolles, la Friche à Mimi menacée par un gros projet immobilier

Un ensemble spéculatif de 136 logements, sans la moindre concertation dans un quartier fragile, pourrait remplacer la légendaire Friche de Mimi. Des habitants s’organisent pour l’entraver.

18 heures ce vendredi 7 décembre sur la place Salengro à Figuerolles. Il y a de la politique dans l’air. Dans les têtes et sur les lèvres.
– Un monsieur : « Avec Saurel à la mairie, c’est open bar pour les promoteurs ! »
– Une dame : « Lui ou un autre, ça serait pareil. Et si ça se trouve, vous avez voté pour lui ».
– Un autre monsieur : « Ah non ! D’ailleurs j’étais candidat sur une autre liste. Celle du NPA ».
– La même dame : « Le NP quoi ? C’est quoi ça ? »
– Un troisième homme : « Bref, c’est pourquoi il faut vraiment soutenir les gilets jaunes. Y’a besoin d’un changement complet, très, très profond ».

Ce cercle spontané de discussions s’est agrégé autour des tables du collectif « Figuerolles en friche ». Au fil de deux heures de présence, on peut estimer à une centaine, le nombre de personnes qui se seront arrêtées là à cette occasion. Parmi lesquelles, une proportion significative de passants qui découvrent tout. Sur un panneau, sur une table, on peut consulter le projet du groupe immobilier Marignan, qui touche le quartier. Il s’agit du dixième groupe français dans son domaine, avec cinq projets en cours sur la métropole. Il dépend d’une banque hollandaise et intéresse les fonds de pension. Read More

Marseille: « Ce qui vient de se passer rue d’Aubagne montre le vrai visage de Marseille »

Entretien avec Patrick Desbouiges, travailleur social.

Patrick Desbouiges, dit « Pat », tout le monde le connaît dans les rues de Marseille. Grande gueule, grand cœur, grande moustache, il arpente la cité phocéenne pour le compte de l’association Just (Justice et union pour la transformation sociale), dont il est régisseur social. Des bidonvilles Roms aux quartiers Nord, de la Cité Corot aux ruelles de Noailles, il est quotidiennement au contact des réalités sociales les plus révoltantes de la ville.

Comme nombre de Marseillais·es, l’effondrement ce 5 novembre de deux immeubles au cœur du quartier populaire de Noailles, rue d’Aubagne, l’a particulièrement indigné. Alors qu’un troisième immeuble a été démoli et que le nombre de victimes reste inconnu (cinq corps retirés des décombres à l’heure actuelle), il dénonce avec véhémence les politiques de la ville en matière d’habitat indigne et de gestion des marchands de sommeil. Pour lui, le drame de lundi n’a rien d’une surprise – il confirme simplement l’incurie des pouvoirs publics en la matière. Entretien au débotté, à quelques pas de la Plaine emmurée. Read More