Lecce (Italie): à l’ombre du baroque

Qu’ont en commun les billets payants pour visiter les églises de Lecce et l’expulsion d’une bibliothèque anarchiste dans un immeuble occupé depuis trois ans ? Rien, apparemment.

Et pourtant si. Ces deux actes, qui semblent déconnectés entre eux, nous parlent d’un changement de la ville et de la manière de la vivre, un changement qui concerne tout le monde. Deux opérations qui visent à accentuer de plus en plus ce processus connu sous le nom de gentrification, consistant à transformer les centres-villes historiques en une vitrine pour le seul usage et la consommation des usagés fortunés ; une vitrine qui peut être seulement regardée, visitée et utilisée aux horaires diurnes, ou consommée à ceux nocturnes, dans les innombrables lieux où se développe la movida. Une ville qui ne peut donc plus être vécue. Read More

Athènes (Grèce): visite d’une boutique de construction d’appartements de luxe…

post imageLe tourisme pousse comme des fleurs au printemps, les caméras de sécurité apparaissent comme des feuilles pour protéger les paisibles citoyens. Tout doit être clair, beau et en développement. L’apparence de la ville doit s’inscrire dans la liste d’Aegean Airlines. Les touristes n’ont pas besoin de grand-chose, quelques chaînes de magasins et cafés branchés, un bon guide pour expliquer les endroits à éviter, et quelque chose qui s’inscrit dans « l’expérience grecque authentique ». On attend avec hâte le prochain groupe de touristes qui va prendre un selfie autour de l’Acropole, et en même temps, notre quartier se dégrade lentement. Les personnes qui ne peuvent pas répondre à l’augmentation du prix du loyer sont obligées soit de trouver un autre logement pour rester, soit de se conformer aux nouvelles règles. Dans le même temps, les investisseurs aggravent la situation en achetant de vieilles maisons en cours de démolition et en construisant à leur place des lotissements de luxe. Read More

Marseille: « Ce qui vient de se passer rue d’Aubagne montre le vrai visage de Marseille »

Entretien avec Patrick Desbouiges, travailleur social.

Patrick Desbouiges, dit « Pat », tout le monde le connaît dans les rues de Marseille. Grande gueule, grand cœur, grande moustache, il arpente la cité phocéenne pour le compte de l’association Just (Justice et union pour la transformation sociale), dont il est régisseur social. Des bidonvilles Roms aux quartiers Nord, de la Cité Corot aux ruelles de Noailles, il est quotidiennement au contact des réalités sociales les plus révoltantes de la ville.

Comme nombre de Marseillais·es, l’effondrement ce 5 novembre de deux immeubles au cœur du quartier populaire de Noailles, rue d’Aubagne, l’a particulièrement indigné. Alors qu’un troisième immeuble a été démoli et que le nombre de victimes reste inconnu (cinq corps retirés des décombres à l’heure actuelle), il dénonce avec véhémence les politiques de la ville en matière d’habitat indigne et de gestion des marchands de sommeil. Pour lui, le drame de lundi n’a rien d’une surprise – il confirme simplement l’incurie des pouvoirs publics en la matière. Entretien au débotté, à quelques pas de la Plaine emmurée. Read More