Lyon: Le commissariat du 8eme harcèle réfugiés et sans-abris

L’Europe entière s’émeut des conditions d’accueil des réfugiés, le parti socialiste revendique une « tradition humaniste » pour leur venir en aide. La préfecture du Rhône a indiqué mardi 22 septembre vouloir « recueillir toute proposition possible afin de faciliter la mise en œuvre d’un dispositif d’accueil et d’hébergement dans le département ».

Si cette initiative est à saluer, elle mettra forcément du temps à se mettre en place et, en attendant, de plus en plus de familles et d’enfants dorment à la rue alors que la pluie, le vent et le froid font une arrivée rapide ; le 115 est saturé et ne peut offrir de solutions adaptées.

Refusant de se résigner à voir leurs proches ou amis mourir dans la rue, une centaine de personnes : réfugiés, sans-abris lyonnais qu’ils soient travailleurs, chômeurs, étudiants ou enfants scolarisés ont trouvé abris dans un bâtiment inoccupé voué à la destruction. Dès le départ, ont été initiées des discussions entre les occupants et le propriétaire du lieu afin de régulariser cette situation. La possibilité de s’accorder sur un bail précaire a ainsi été évoquée.

Cette occupation a été constatée par la police du 8e arrondissement il y a trois semaines et par un huissier de justice (maitre jolivet) il y a dix jours.

Pourtant mercredi 23 septembre vers 17h30, alors que tout le monde rentrait à peine, les policiers du 8e arrondissement ont forcé l’entrée du bâtiment. Et avant qu’ils ne fracassent à coup de marteau et burin la porte, les habitants ont ouvert. La police venaient « vérifier que le bâtiment ne serait pas dangereux pour les occupants » mais aucun expert ou huissier n’était sur place afin de constater quoi que ce soit. Il s’agissait en fait de contrôle d’identités et d’humiliations racistes pour pousser les habitants à quitter d’eux même les lieux.

Que la Mairie prenne ses responsabilités, car ce bâtiment n’est pas une ruine insalubre. Il accueillait jusqu’à peu des secrétaires et des cadres d’une grande entreprise (Metifiot). Ici il y a cuisines, douches, toilettes. Les bureaux sont transformés en chambres à coucher, les salles de réunion en salle de jeu pour les enfants. Et malgré les pourparlers avec le propriétaire et les bonnes relations avec le voisinage, l’état veut les remettre a la rue.

Ici, il y a suffisamment de demande DALO pour retapisser tous les murs de la Mairie, vivre dans la rue est plus dangereux qu’habiter ce bâtiment vide depuis seulement quelques mois et en parfait état.

Ici depuis trois semaines, une vrai solidarité s’organise et on s’éloigne peu a peu de l’agressivité, de la compétition et du racisme.

La France est censée être le pays des droits de l’Homme !
Prenez vos responsabilités ou assumez que vos citoyens et réfugiés meurent dans la rue.

Publié sur le 25 septembre sur Rebellyon.