Bruxelles: menaces d’expulsion au CSA… une police politique à la manœuvre

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Alors que les activités du centre social anarchiste tournent à plein régime et que des groupes se forment ou s’installent et créent des liens ensemble afin de mener à bien des projets communs, des informations inquiétantes nous parviennent. Selon des sources fiables, une procédure expresse et unilatérale en première instance aurait été introduite par les propriétaires, grandes sociétés privées de biens immobiliers. Pourtant, il y a peu, les propriétaires étaient disposés à nous laisser occuper les différents bâtiments de la rue Godecharle jusqu’à leur mise en vente, avec permis de démolition, c’est-à-dire au moins jusqu’à la fin juillet.

C’était sans compter sur l’intervention acharnée des renseignements généraux de l’État belge qui sont allés trouver les propriétaires ainsi que, un peu plus tard, leurs avocats pour leur mettre la pression et raconter des calomnies sur le centre social et ses occupant-es. Ces derniers auraient affirmé (sûrement une interprétation grotesque d’une recherche informatique sur Indymedia…) que nous organisions des activités purement illégales telles que des « combats de boxe » ou des « cryptoparty pour hacker le système ». Toutefois, des accusations beaucoup moins « drôles » (quoi que…) sont faites par les flics pour faire peur aux propriétaires : ils nous soupçonneraient de « préparer des attentats contre Trump et le sommet de l’OTAN ». Qui plus est, la police assure qu’elle tiendrait les propriétaires comme responsables s’ils ne prenaient pas les mesures qui s’imposent…

Face à cette menace, la charité des gros capitalistes a ses limites, ils ne prendront pas le risque de vérifier ces dires et surtout de nuire à leurs propres intérêts économiques. Par conséquent, les propriétaires ont directement fait le nécessaire pour utiliser au plus vite tous les moyens juridiques et politiques qu’ils avaient pour que le dossier soit traité le plus rapidement possible par le juge. De plus, il semblerait que la commune d’Ixelles soit également enchantée de se débarrasser d’une grosse occupation car elle aurait « trop de squats au sein de sa zone territoriale ».

Devant nous se tiennent tout une bande de bourgeois, qu’ils soient propriétaires, chefs d’entreprise, politiciens, juges ou avocats, ils sont totalement déconnectés du terrain et de la réalité, ils n’ont en tête que leurs propres intérêts, de l’argent à la notoriété. Ces gens-là n’ont que faire de l’autonomie et de la liberté. Ils ne peuvent pas comprendre que nous n’avons pas besoin d’eux pour vivre et qu’au contraire ils nous pourrissent la vie. Ils ne veulent pas comprendre que nous n’en avons rien à faire des lois qu’ils créent, appliquent ou invoquent pour nous contrôler, soumettre et enfermer. La semaine prochaine, ces lâches nous enverrons des dizaines d’abrutis faire le sale boulot à leur place : tabasser des « gauchistes », sans-papiers, SDF, « anarco-terroristes », étudiant-es et mettre tout ces « marginaux » à la rue pour que des multi-propriétaires puissent « jouir de leurs biens immobilier », c’est à dire vendre, démolir et construire toujours plus grand, toujours plus rentable, alors que des dizaines de milliers de logements restent vides pour au moins 5 fois moins de personnes à la rue.

Dans ce contexte de projet de loi anti-squat déposé par notre gouvernement d’extrême droite, les assoiffés de pouvoir mettent tout en œuvre pour nous faire taire et nous empêcher d’exister en nous criminalisant et en nous traitant comme des terroristes. C’est pourtant leur idéologie dominante de la peur qui terrorise la population au quotidien.

Mais nous ne nous laisserons pas diriger et diviser.

Nous appelons tout sympathisant-es à venir nous rejoindre et à résister sur place ou en soutien devant en cas d’expulsion. Dimanche soir, se tiendra une assemblée à partir de 18H afin de nous organiser pour les prochains jours. Mardi nous organisons un petit-déjeuner anti-expulsion à partir de 6h au centre social. Mercredi la table d’hôte ainsi que toutes les activités prévues sont maintenues ! En cas d’expulsion, une manifestation ainsi qu’une réappropriation suivra !

Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! A très bientôt !

[Publié le 14 mai 2017 sur Indymedia-Bruxelles.]