Montpellier: expulsion du Royal après plus d’un an d’existence

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Le Royal Occupé, lieu d’habitation et d’activités politiques emblématique de la culture alternative montpelliéraine depuis un peu moins d’un an, a fermé ses portes ce jeudi 11 mai 2017 à 5h50 du matin.

Le squat du Royal, dont l’occupation avait débuté le 30 mars 2016 durant le mouvement contre la loi Travail, a vu ses occupants expulsés ce jeudi 11 mai. Une vingtaine de personnes ont ainsi perdu leur toit, et Montpellier est en deuil d’un lieu de culture alternative et anticapitaliste. Outre sa fonction de logement, l’ancien cinéma affichait un planning chargé, accueillant de nombreuses projections et des concerts.

Le Royal Occupé avait échappé à la fermeture le 9 août dernier, le tribunal de grande instance ayant jugé que le droit au logement prévalait sur le droit à la propriété. Mais le 30 mars 2017, avec la fin de la trêve hivernale, est arrivé le rendu du jugement en appel. Verdict : expulsion de tous ses occupants sous 48 heures après passage d’un huissier sur les lieux.

C’est finalement ce jeudi que l’expulsion a eu lieu, et elle ne s’est pas faite sans bruit. Quinze fourgons de CRS, un car et des unités de la BAC ont été déployés pour l’opération. Les occupants ont, eux, décidé de ne pas faire de vagues et de ne pas opposer de violence aux policiers – ce qui n’a pas empêché l’interpellation, devant les yeux d’une cinquantaine de curieux, de dix-sept des personnes présentes. La présence de caméras ayant sûrement participé à limiter les dégâts et le nombre d’interpellations, le tout ayant été retransmis en direct sur Facebook par Montpellier Poing Info, un média militant local.

Juste après les événements, l’équipe du Royal Occupé a appelé à se rassembler sur l’esplanade pour un pique-nique de soutien.

A l’heure où des milliers de logements restent vides pour favoriser la spéculation immobilière, et où la mairie loue ses salles plusieurs centaines d’euros la soirée, l’expulsion du Royal Occupé et de ses habitants signe la fin d’une année riche en activités culturelles et politiques populaires. Si le premier jugement avait considéré que le droit au logement prévalait sur le droit à la propriété, et le droit d’usage sur le droit du capital, c’est bien une justice de classe en faveur des propriétaires qui a primé au final.

Pierrot Rockwell et Dom Thomas

[Publié le jeudi 11 mai 2017 sur ccr4.org.]

Expulsion du Royal : quand l’État poursuit sa politique anti pauvres…

Le groupe Un Autre Futur de la Coordination des Groupes Anarchistes dénonce l’expulsion du Royal occupé qui s’est déroulée ce jeudi 11 mai des 6h30. Pas moins de 250 policiers ont été mobilisés et ont procédé à une vingtaine d’arrestations ! En plus d’une répression injustifiée, l’État poursuit sa politique anti pauvres : mettre à la rue des personnes précaires qui faisaient vivre depuis près d’un an un lieu de culture populaire gratuite, un espace politique et non-marchand largement fréquenté par les montpelliérain-e-s, pour à la place, aménager des logements de luxe…

Une partie de ces étudiant-e-s, salarié-e-s pauvres, précaires, sans solution d’hébergement s’est repliée sur Luttopia 3, squat situé dans les bâtiments des anciennes archives départementales, qu’il est indispensable de soutenir.

Cette expulsion est à l’image du système injuste et absurde qui laisse et met des gens à la rue quand des milliers de logements sont vides pour protéger la sacro-sainte propriété privée et favoriser spéculations et loyers élevés.

La CGA apporte tout son soutien et sa solidarité aux personnes convoquées au commissariat suite à cette expulsion, ainsi qu’à celles et ceux qui réquisitionnent occupent des logements et des bâtiments laissés vacants.

[Publié le 13 mai 2017 sur le site du groupe Un Autre Futur de la Coordination des Groupes Anarchistes.]