Vitoria-Gasteiz (Euskal Herria): solidarité avec Errekaleor !

Errekaleor (Vitoria-Gasteiz), lundi 22 mai 2017

Demande d’aide aux camarades qui luttent dans le monde

Nous vous écrivons depuis un petit quartier rebelle nommé Errekaleor, au sein d’un petit peuple rebelle, Euskal Herria-Pays Basque.

Errekaleor est un quartier rebelle, un territoire sous pouvoir populaire au beau milieu de l’Europe, un quartier qui peu à peu a créé des réseaux de soutien et d’autogestion face à l’individualisme du marché. L’histoire du quartier commence il y a 50 ans, lorsque des ouvrier(e)s immigré(e)s bâtissent des logements pour s’assurer une vie digne. Le quartier maintient son identité populaire pendant des décennies, jusqu’à ce qu’il devienne attractif pour les spéculateurs capitalistes. Eux qui veulent le démolir pour y construire des logements de luxe, ont pour cela expulsé ses habitants légitimes, puis ont essayé de le détruire.

Cependant, un petit groupe d’étudiant(e)s a décidé de ne pas permettre que ce qui est dans nos mains passe à celles de ceux qui sont au-dessus. Nous avons commencé à habiter les maisons et à articuler un espace de contre-pouvoir populaire au coeur du système. Peu à peu, nous avons exproprié les maisons vides et les terres de l’ennemi jusqu’à former une communauté de 150 personnes : des jeunes, des étudiant(e)s, des familles venues de loin… un petit monde multicolore. Nous avons grandi lentement, jusqu’à créer un ciné, une boulangerie, un centre social… Petit à petit, nous avons réussi à former un des seuls territoires de l’Europe du capital où, comme le disent les camarades zapatistes, le peuple commande et le gouvernement obéit.

C’est bien connu que toute forme de pouvoir populaire est, par définition, contraire au pouvoir établi. C’est pour cela que ce 18 mai la police armée a fait irruption dans notre quartier : ils y ont arrêté trois camarades, blessé des dizaines et coupé l’électricité à toutes les familles du quartier – y compris aux personnes âgées et aux enfants. C’est le premier pas pour nous expulser, détruire le quartier et bâtir leurs palais au-dessus des décombres de nos rêves.

Même en sachant que notre lutte n’est pas facile, nous sommes déterminé(e)s à résister dans notre quartier. Ils ont crié «¡No pasarán!» à Madrid, assiégé par les fascistes, il y a déjà cent ans, avec le soutien de nombreux camarades venus de tous les coins du monde. Nous crions «¡No pasarán!» aujourd’hui aussi et peut-être, si nous avons assez de soutien, ils ne «pasarán» pas.

C’est pour cela que nous appelons à une manifestation internationale pour le 3 juin prochain, une manifestation pleine de petites manifestations en faveur d’Errekaleor. Nous avons pour devise: «On y voit clair, vive le peuple !», et nous voudrions demander aux gens qu’ils l’enrichissent de contenu avec leurs luttes, leurs mots, leurs mondes. Nous avons le squelette et nous vous invitons à ajouter le muscle. C’est pour cela que nous demandons aux camarades qui peuvent s’approcher, de venir manifester avec nous avec leurs devises et leurs revendications. Aux camarades du reste du monde nous voudrions demander une petite contribution : une photo, un texte, une vidéo ou n’importe quel autre signe de soutien…

Défendons ce qui est construit ; la cause nous légitime, l’union nous fera forts.

¡No pasarán!

Pour envoyer des signes de soutien et solidarité : gukargidaukagu@@@gmail.com

Le site d’Errekaleor:
http://www.errekaleorbizirik.org/

[Publié le mercredi 31 mai 2017 sur Indymedia-Nantes.]