Berlin & Leipzig (Allemagne): quelques coups dans les vitrines de la gentrification

Berlin : Déclarons la guerre à Engel&Völkers – 5 mars 2020

Le nombre de sans-abri n’a jamais été aussi élevé que depuis les années 2000. Il augmente de façon constante depuis des années.

Les gens sont de plus en plus contraints à payer des loyers hors-de-prix et dans un premier temps sont poussés dans le rouge financièrement, puis à être sans abri. L’augmentation des loyers, le manque de logements sociaux et les logements vides renforcent ce symptôme de gentrification.

Engel&Völkers fait partie de ces entreprises qui tirent profit de la détresse des autres en vendant et même en servant d’intermédiaire dans la commercialisation de biens immobiliers, de yachts et d’avions. Déjà en 2009, ‘Engel und Völkers’ a aidé le propriétaire de la maison squattée du 183 de la Brunnenstraße à l’expulser puis à la faire rénover. Finalement, ces logements ont ensuite été vendus pour une valeur totale de 1.300.000 euros.

Pour montrer à Engel&Völkers que nous sommes en colère contre sa politique de logement capitaliste et inhumaine, ce 5 mars 2020, nous avons rendu visite à coups de marteau à ses agences de Oberhofer Weg à Berlin, Lichterfelde et Zehlendorfer Damm à Kleinmachnow.

Il reste entendu que le logement n’est pas une marchandise !

Des anarchistes.

 

[Traduit de l’allemand depuis Indymedia, 7 mars 2020.]


Leipzig : logements plus jolis avec du bitume

Ponctuel.le.s à leur rendez-vous pour visiter les logements en copropriété dans le nouvel immeuble luxueux de Mühlholzgasse à Connewitz, nous avons donné une nouvelle touche à la façade. Nous avons salué acheteurs et investisseurs intéressés avec des extincteurs et des récipients en verre remplis de bitume.

Notre message est clair et simple : toutes les personnes qui investissent à Connewitz investissent en même temps dans des problèmes. Le passé a montré qu’ici la gentrification se heurte à de la résistance. Chaque nouvelle construction de luxe augmente non seulement les loyers, mais aussi notre mécontentement. Ici, nous ne pouvons pas garantir des installations du capital plus calmes et plus sûres.

Contre les immeubles de luxe, la pauvreté et les expulsions !

Pour un quartier rebelle et solidaire !

[Traduit de l’allemand depuis Indymedia, 8 mars 2020.]


Berlin : La start-up Factory a besoin de nouvelles vitres…

« Depuis cette nuit [du 5 au 6 mars], il y a de nouveau des trous dans les vitres de la Start-Up Factory du quartier de Treptow à Berlin et la façade a par endroit une nouvelle couche de peinture. Même leurs agents de sécurité, qui travaillent 24 heures sur 24 autour du site pour maintenir éloignée la populace et le voisinage pas si smart, n’ont pas pu l’empêcher.

Selon son investisseur et directeur général Udo Schloemer, la « Factory Berlin » devrait faire fonctionner un « club de business » dont « l’objectif est de réunir des acteurs venant de multinationales et d’entreprises avec des start-ups. […] Il a déjà souvent été décrit que des lieux comme la Factory, un Google-Campus ou actuellement la tour Amazon accélèrent les dynamiques de restructuration urbaine et expulsent tôt ou tard des gens. De même, des compagnon.ne.s ont expliqué dans plusieurs textes intelligents, comment ce genre d’entreprises, en prophètes d’une idéologie visant à rendre ce monde toujours plus numérisé, connecté et smart – dans la mesure où elles y parviennent – pourraient à l’avenir anéantir toute possibilité (ou même seulement l’espoir) de vivre en liberté, en autonomie et en auto-organisation. […] » L’attaque a été revendiquée en solidarité avec les lieux menacés d’expulsion à Berlin.

[Traduit de l’allemand depuis Indymedia, 6 mars 2020. Les trois articles ont été publiés en français initialement sur Sans Attendre Demain.]