Athènes (Grèce): feu aux machines sur le chantier du métro

Le 17 novembre au petit matin, nous avons attaqué et incendié 3 engins d’Attiko Metro sur le chantier de la ligne 4 dans le quartier de Kaisariani, à la jonction des rues Ethniko Antistaseos et Filolaou.

Notre action est la continuation du slogan que nous avons crié tant de fois avec des milliers d’autres manifestants, lors des rassemblements et des manifestations contre la destruction de la place Exarchia, opérée à travers la coopération de l’État, des entrepreneurs, de la compagnie Attiko Metro et des autorités municipales. Des mobilisations qui se sont intensifiées récemment, suite à l’invasion de la place par des engins de chantier afin de débarrasser la zone de ses arbres, buissons, etc.

Nous avons pris le risque de mener cette attaque afin de donner du courage à ces mobilisations et de nuire, ne serait-ce qu’un peu, au prestige et aux intérêts économiques d’Attiko Metro et de ses sous-traitants. Nous pensons que ces actions, ainsi que les diverses mobilisations des habitants d’Exarchia et d’autres endroits, pourraient ouvrir une brèche dans les plans de l’État et des intérêts économiques qui tentent d’imposer ce projet. N’oublions pas que la ligne 4 du métro, actuellement en construction, doit engloutir toute une série de places, d’espaces verts et d’espaces non aménagés sur son passage : la place Kypseli, la place Potomaya, la place Kolonaki, le parc Evangelismos, la place Gardenia, le bois du campus universitaire, etc.

Et les conséquences de ce projet ne se limitent pas à la destruction de toute notion « d’espace vert », mais s’étendent également à la restructuration de la vie de zones entières : marchandisation des quartiers, forte augmentation des loyers, déplacement des couches sociales les plus pauvres, congestion du trafic autour des nouvelles gares, etc. Autant de raisons qui nous poussent à rejeter en bloc la planification urbaine de l’extension du métro au sein de la métropole, même s’ils nous promettent une mobilité plus rapide dans notre exploitation quotidienne.

De plus, le dialogue politique ridicule ouvert par la municipalité actuelle autour de la transplantation et du « sauvetage » des arbres de la place Exarchia vers d’autres places et parcs, révèle de la manière la plus pathétique la nouvelle idéologie verte qui occupe et transforme tout dialogue autour de la nature et de l’humain en un débat qui tourne autour de questions de budgets, d’investissements et de logistique. Une idéologie qui permet à l’autorité municipale actuelle, d’une part de s’allier à Attiko Metro pour raser la place Exarchia, et d’autre part de s’allier à l’homme d’affaires Patera et d’aller en justice soi-disant pour « protéger le parc Evangelismos ». Comme on l’a déjà dit, leur idéologie est aussi verte que leurs… dollars.

Enfin, nous avons choisi notre attaque incendiaire au moment (l’aube du 17 novembre 2023) où, d’après les formidables reportages des médias, les rues d’Athènes étaient gardées par 5 000 flics en vue des mobilisations pour le 50e anniversaire du soulèvement de l’Ecole polytechnique. Notre attaque incendiaire a eu lieu à un jet de pierre entre le commissariat de Kaisariani et le siège de l’YMET [les forces spéciales de police] de l’avenue Olaf Palme, prouvant que la ville appartient à ceux qui veulent perturber l’ordre et non à ceux qui sont payés pour le faire respecter. Aujourd’hui comme toujours.

SABOTER LE DÉVELOPPEMENT, INCENDIER LEURS CHANTIERS !

Comité incendiaire « Hâte-toi lentement »

[Publié sur Sans Nom le 5 décembre 2023. Traduit du grec d’Indymedia Athènes, 4 décembre 2023.]