Montreuil (93): Communiqué 4 de la Clinique en exil

CONDES HORS DE NOS QUARTIERS

La Clinique occupée à Montreuil n’a jamais été un centre culturel ou alternatif, mais un lieu d’organisation politique et de mise en question de la gestion de la ville et de nos vies. Se permettre d’occuper des espaces vacants, que ce soit pour accéder à autre chose qu’un logement insalubre ou minuscule, ou se donner les moyens d’éviter le travail salarié. S’organiser pour se rassembler en cas d’arrestation de sans-papiers, soutenir, rendre visible, empêcher. Se réunir pour soutenir des prisonniers pris dans l’épouvantail antiterroriste. S’organiser face aux institutions sociales pour éviter le contrôle permanent pour avoir un bout de RSA ou pour débloquer des cas individuels en occupant la CAF. S’organiser pour empêcher la venue de Nicolas Sarkozy ou Dieudonné. Des magasins gratuits dans la rue, un journal mural hebdomadaire, des barbecues et cantines, un ciné club et des projections, des concerts… La Clinique c’est tout cela et bien d’autres choses.

Mercredi dernier, c’est tout cela qui s’est fait expulser par deux cents flics suréquipés occupant la Croix de Chavaux, le RAID bastonnant les habitants pour les arracher du toit.
Le soir même, lors d’une déambulation de protestation, 5 personnes se font tirer au flash ball au niveau de la tête. L’une d’elle est atteinte à l’oeil, et le perd. Seules la préfecture et la presse minimisent toujours ces blessures et font mine de douter du lien entre le tir et cette mutilation.

Et pendant que nous nous faisons soigner, la police se couvre: le commissariat saisit l’IGS et le parquet charge lourdement deux personnes arbitrairement arrêtées ce soir-là. Exactement comme le 4 juin 2008, quand le même commissariat de Montreuil avait utilisé ces deux outils bien rodés après une violente charge contre une manifestation de protestation à l’arrestation d’un sans-papier: saisie de l’IGS et inculpation des manifestants blessés, dont un par flash ball. Déjà. Alors qu’un an plus tard les personnes mises en cause étaient relaxées grâce aux nombreux témoins, l’enquête de l’IGS n’avait donné lieu à aucune poursuite, tout comme celles de la CNDS (Commission nationale de la déontologie de la sécurité) qui pourtant condamnait une « intervention disproportionnée ». Les fins tireurs de la BAC ce mercredi étaient-ils les mêmes?

ILS EXPLOITENT, RAFLENT, EXPULSENT, TUENT
AUTODEFENSE

Il n’y a pas à s’étonner de la violence policière. Nous continuerons à occuper la rue car c’est notre terrain de lutte et nous l’occuperons sans attendre que la Commission de déontologie, l’IGS, les Verts, la mairie, le PS, la justice, ou le pape jugent que la police a exagéré et qu’il faut intervenir contre les violences républicaines. « Nous sommes casqués car nous prenons la mesure des dangers que l’on encourt quand on manifeste notre colère dans la rue. Il nous faut être prêts à nous défendre si les flics nous attaquent. » Voilà ce qu’expliquait le texte que nous avons lu et distribué aux quelques 500 personnes qui nous ont emboité le pas lors de la manifestation de lundi. Voilà pourquoi certains d’entre nous étaient casqués, équipés pour se défendre face à la police. Voilà pourquoi des banderoles renforcées protégeaient la tête et la queue de la manif. Le déroulé de la manifestation montre que ces protections n’étaient pas du luxe…

Les flics nous ont bloqué à diverses reprises. Les barrages ont été contournés jusqu’au marché de la Croix de Chavaux. Mais là, profitant du vaste espace de la place, les flics, gardes mobiles et fidèles BACeux, nous ont attaqué latéralement.
De la peinture et des pétards ont bien été jetés par endroits vers les Robocops surprotégés, pour soutenir les banderoles dans leur résistance aux charges policières, mais 11 manifestants, heureusement protégés de leurs coups par les banderoles, ont été isolés et placés en garde à vue. Ils ont été libérés sans suite judiciaire au petit matin, les flics n’ayant rien pour les charger juridiquement.

Dans la soirée, des vitrines de la rue piétonne, boîte d’interim (Tais-toi et trime), EDF (Tu peux pas payer, on va te couper), Quick (Boulot de merde, bouffe de merde), agence immobilière (Ça va te coûter cher) tombent. C’est le quatorze juillet. Dans tous le département, la police est débordée par les voitures qui brûlent et les feux d’artifices dirigés contre eux. La police fait ce qu’elle peut. Au commissariat de Montreuil, une manifestante est enfermée avec une gamine de 10 ans, arrêtée parce qu’elle avait des pétards dans son sac.

Communiqué de l’Assemblée de la Clinique en exil

Mardi 14 juillet 2009, La Boissière, Montreuil

Notre défense collective ne se construira pas en un jour.
Contre toutes les polices, organisons-nous.

– Vendredi 17 juillet: Table de presse et diffusion de tracts au marché de la Croix-de-Chavaux

– Dimanche 19 juillet à 15h: Assemblée à la Parole errante, 9 rue François Debergue, m° Croix de Chavaux.

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