Lausanne: Rassemblement de soutien aux habitant-e-s de la route de Berne 50

Collectif_Jean_Dutoit_occupation_ancien_college_de_Petit_Vennes_LausanneAprès avoir été expulsés du jardin du Sleep-In de Malley par les autorités locales, nous avons décidé d’occuper une ancienne école appartenant à la ville de Lausanne. Nous chasser ne nous fait pas disparaître, mais nous jette à la rue. Nous refusons désormais que cette survie quotidienne soit solitaire et souterraine.

Après avoir été expulsés du jardin du Sleep-In de Malley par les autorités locales, nous avons décidé d’occuper une ancienne école appartenant à la ville de Lausanne. Nous chasser ne nous fait pas disparaître, mais nous jette à la rue. Nous refusons désormais que cette survie quotidienne soit solitaire et souterraine.
Nous sommes des migrants avec des parcours de vie différents, réunis par le fait de ne pas avoir les mêmes droits que les citoyen-ne-s de ce pays : travailler, dormir sous un toit, être indépendants.
Que nous passions par l’asile ou non, notre condition reste la même : l’État nous ordonne de partir et de rester invisibles.

Après nous avoir illégalisés et marginalisés, on nous propose l’intégration au système du SPOP et de l’EVAM dans le but d’y recevoir l’aide d’urgence et de nous loger dans des bunkers le temps de recevoir un avis d’expulsion (une durée de quelques jours pour les déboutés de l’asile en suisse, quelques semaines
pour les « cas Dublin », à quelques mois pour les rares personnes n’ayant encore jamais eu à donner leurs empreintes).
Nous ne demandons pas à la Ville de Lausanne de nous fournir une solution provisoire et infantilisante (telle que l’aide d’urgence), ni de nous assister et de subventionner nos vies, mais qu’elle régularise celle que nous construisons.
Nous avons donc décidé, avec des personnes solidaires, de nous organiser par nous-mêmes et de faire face collectivement à la situation. La maison que nous occupons à la route de berne 50 constitue pour nous un endroit où dormir au chaud, sans se faire réveiller par la police, un lieu où vivre ensemble, s’organiser pour manger et dormir, trouver repos et dignité.
Nous avons besoin d’un toit.
La rue et les bunkers ne sont pas des lieux de vie !
Nous voulons que soient retirées les plaintes déposées contre nous. Tant qu’un lieu de taille égale ou plus grand que celui que nous avons trouvé ne nous sera pas proposé, nous ne partirons pas. Vider un lieu ne fait pas disparaître ses habitants.
Assez de l’urgence, assez de l’errance et de la clandestinité, nous voulons nous poser, reposer nos esprits. Nous voulons construire un avenir et vivre un présent comme tout le monde.
Vivre, et ne plus survivre

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