Dieppe: expulsion d’un camp de réfugiés

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A Dieppe (76), une manifestation de PEGIDA a été interdite ce samedi 2 juillet.

Quelques infos sur la situation avant l’expulsion et, plus bas, un article sur l’expulsion et un sur l’interdiction.

Depuis environ un an, un camp de réfugiés albanais existe à Dieppe. Deux associations citoyennes donnent un coup de main mais elles sont récentes et très mal organisées.

Il y a quelques semaines, suite aux forte pluies, la falaise (sous laquelle les réfugiés se sont installés) s’est écroulée. Heureusement, pas de victimes mais les Albanais ont tout perdu (le peu qu’ils avaient).

Dans la foulée, le maire (PCF, Dieppe est un bastion « communiste » depuis
toujours) associé pour l’occasion à Hervé Morin (président de la région et président du port autonome de Dieppe), a décidé d’expulser le camp à l’aide de la justice et des forces de l’ordre pour des « raisons de sécurité » sans aucune proposition d’hébergement et d’accueil alternative à cette décision.

C’est à ce moment là que MSF est intervenu en apportant du matériel et des tentes pour établir un nouveau camp considéré dès lors comme un camp humanitaire.

Jamais aucun dialogue n’a été possible avec la mairie ni la préfecture depuis le début, malgré l’urgence. Toutes les voies légales et institutionnelles sont bloquées par un refus de dialogue systématique de la part des responsables politiques.

Le maire prononce un nouvel avis d’expulsion et la décision est tombée le 20 juin au tribunal. Le camp de MSF a été évacué moins de dix jours plus tard, le 29 juin 2016.

Parallèlement à cette catastrophe et ce comportement honteux du PCF local, PEGIDA France a organisé une manifestation fasciste pour ce 2 juillet, manifestation finalement interdite.


De nouvelles expulsions à Dieppe ce mercredi
France 3 Haute-Normandie | 29 juin 2016

Les forces de l’ordre sont intervenues ce mercredi 29 juin, à la demande de la préfète de région, pour expulser 13 personnes étrangères occupant illégalement les terrains appartenant à la CCI Seine Mer Normandie.

Nicole Klein, préfète de la région Normandie, préfète de la Seine-Maritime, a accordé aujourd’hui le concours de la force publique pour faire exécuter la décision rendue le 20 juin dernier par le juge des référés du tribunal administratif de Rouen, ordonnant l’expulsion des personnes occupant sans droits ni titres les terrains situés au droit de la route dite « des Graves de mer » à Dieppe, à la demande de la CCI Seine Mer Normandie, propriétaire des lieux.

Les vérifications d’identité ont conduit à l’interpellation de 13 étrangers dont 4 mineurs. Les procédures d’audition sont en cours à l’encontre des 9 adultes. Les 4 mineurs se sont vu proposer un hébergement. L’opération a mobilisé 41 fonctionnaires de police et s’est déroulée sans heurts.


Dieppe : la manifestation de Pegida anti-migrants interdite par la préfecture de Seine-Maritime
France 3 Haute-Normandie | 30 juin 2016

L’association « Pegida » avait appelé à manifester à Dieppe samedi
après-midi. La préfecture se fonde sur le risque de trouble à l’ordre
public et le « but poursuivi par l’association »

Les militants de « Pegida » ne sont pas les bienvenus dans les rues de Dieppe. La branche française du mouvement « des patriotes européens contre l’islamisation de l’occident » avait soumis sa demande à la préfecture en avril dernier. « Pegida » a été crée en 2014 à Dresde en Allemagne.

La préfecture de Seine-Maritime a interdit la manifestation du 2 juillet pour ces motifs :
– cette manifestation est organisée sur le thème « non aux migrants à Dieppe »
– l’association revendique constituer le rassemblement des « patriotes européens contre l’islamisation de l’occident »
– les buts poursuivis par l’association (…) sont en opposition directe avec les associations de soutien aux migrants.
– la présence concomitante à Dieppe de groupes de personnes poursuivant des buts radicalement antagonistes rend hautement prévisible l’organisation d’une contre-manifestation
– il existe (…) un risque sérieux de heurts et d’incidents violents entre les deux groupes de manifestants de nature à créer des troubles graves à l’ordre public

La préfecture fonde aussi son interdiction par la nécessité de mobiliser
les forces de l’ordre sur les risques terroristes, la sécurité de l’Euro
2016.

Les militants de « Pegida » avaient bravé un tel arrêté à Calais en
février dernier.