Athènes (Grèce): expulsion du squat Bouboulinas

Annonce des résidents du squat Bouboulinas – soutien urgent requis

Le squat de Bouboulinas a été expulsé mardi 12 novembre 2019 vers 6h du matin, nous avons été transférés à Petrou Ralli et le soir ils nous ont à nouveau séparés entre 4 bus et ont laissé une famille et une femme célibataire « libres’, sans abris à Athènes

Refus de se retrouver en camp de concentration

Les 4 bus allaient au centre de detention d’Amygdaleza. Quand nous avons réalisé où on nous emmenait, nous avons tous refusés de descendre du bus. Nous avons refusé parce que nous connaissons les conditions là bas, personne ne voudrait y rester plus de 24 heures. Nous avons passé la nuit sans nourriture et sans eau, dans le noir.

Refus d’être déporté dans des endroits isolés

Le matin, la police a dit qu’ils avaient trouvé un arrangement et qu’ils allaient nous mettre dans des camps loin d’Athènes. Nous, qui étions dans 2 bus sensés aller à Thessalonique, avons refusé d’être déportés et nous avons demandé pourquoi nous devrions aller là bas. Ils ont dit qu’ils allaient nous emmener dans une sorte de prison de toute façon parce qu’on avait volé de l’électricité et que cette prison serait à 5h d’Athènes. Nous avons tenu bon ensemble contre cette décision. Ils ont dit qu’ils allaient nous ramener à Athènes mais en fait ils nous ont laissés au milieu de nulle part à 10km du métro le plus proche et nous ont dit de marcher sous la pluie.

De retour à Athènes

Ici à Athènes nous avons une vie, certains étudient ou vont à l’école, nous connaissons des gens. De toute façon la vie est forcément mieux ici que là-bas, c’est la capitale, il y a plus d’opportunités.

Nous voulons nous battre pour nos conditions de vie. Nous ne voulons pas de la pitié des gens. Nous ne voulons pas être traités comme des animaux. Nous ne voulons qu’ils nous cuisinent leur bouffe de merde, nous n’en avons pas besoin. Le seul moyen pour nous de décider de notre vie est de rester ici à Athènes.

Soutien urgent requis

Nous vivions en squat parce que l’argent que nous donne l’Etat ne suffit pas à payer un loyer et se nourrir, et là où l’Etat propose de nous emmener, de pires conditions nous attendent. Mais avant de nous laisser, les flics nous ont promis que s’ils nous trouvaient encore dans un squat ils nous emmèneraient en prison.

Maintenant nous sommes de retour à Athènes, nous n’avons pas d’endroit où dormir et nous sommes venus à l’université polytechnique parce que nous savons que nous y trouverons des gens qui peuvent nous soutenir. Nous avons besoin de soutien maintenant parce que nous ne savons pas ce qui va se passer ensuite, en particulier si la police nous attrape à nouveau nous ne savons pas ce qu’ils vont faire de nous.

PERSONNE N’A SA PLACE DANS L’ENFER DES CAMPS
NOUS NOUS BATTRONS POUR NOS LIBERTÉS ET LE CONTROLE DE NOS VIES
NOUS DEMANDONS DU SOUTIEN IMMÉDIAT À POLYTECHNIO
NOUS AVONS BESOIN DE GENS, DE COUVERTURE, DE VÊTEMENTS CHAUDS ET DE NOURRITURE


Squat Bouboulinas
Bouboulinas 42, Exarcheia
https://squ.at/r/6tk6

Des squats en Grèce: https://radar.squat.net/fr/groups/country/GR/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) en Grèce: https://radar.squat.net/fr/groups/country/GR
Des événements en Grèce: https://radar.squat.net/fr/events/country/GR


[Publié le 13 novembre 2019 sur Indymedia Athènes.]