Amsterdam: la poursuite de la politique d’éradication des espaces libres

Nouvelles du groupe du Slibvelden, 24 mai 2020.

Mercredi matin, nous avons eu une réunion avec les fonctionnaires concernés au sujet du Slibvelden et de la date limite du 1er novembre qui nous a été imposée. Nous avons entamé la conversation avec l’espoir qu’Erna Berends (Stadtsdeelvoorzitt Amsterdam noord, SP) puisse se prononcer sur notre demande de prolongation de notre séjour au Slibvelden. Nous avons quitté cette réunion virtuelle en tremblant à la reconfirmation que malgré tous les beaux slogans et les discussions en cours, Amsterdam est coincée dans sa politique d’éradication des Espaces Libres.

Après l’expulsion de l’ADM en janvier 2019, on nous a proposé une autre place. Nous voici donc au Slibvelden, ancienne station d’épuration des eaux à Amsterdam Noord. L’accord prévoyait que nous pourrions rester ici pendant deux ans et qu’entre-temps, la municipalité et nous chercherions une solution durable. En un an et demi, nous avons pansé nos blessures et la communauté elle-meme s’en remet juste. Nous avons assez bien réussi à utiliser le terrain pour ce qu’il est. Il y a un jardin, une cuisine, un atelier, un espace pour les concerts. Et il y a quelques petits spectacles et des activités communautaires.

Le délai expire le 1er novembre de cette année. Nous avons eu plusieurs discussions avec les autorités municipales pour reporter notre départ, sans grand succès. La municipalité déclare que si elle accepte, elle risque de faire face à d’éventuels procès. Elle dit aussi que dans la zone de planification de Waterland pour 2050, il n’est pas permis de vivre à l’exterieur du périphérique nord.

En tant que groupe, nous n’avons nulle part où aller pour le moment. Nous avons proposé plusieurs lieux à la municipalité comme lieux potentiels, rien n’a été fait à ce sujet. Cela signifie que si nous devons partir, nous devons trouver des solutions individuelles. De cette façon, la cohésion du groupe et le lien communautaire sont rompus. Il est clair que cela n’est pas important pour la municipalité qui prétend protéger les « bordures effilochées » de la ville. Au contraire, elle éradique les réseaux existants de cette culture alternative et la remplace par une tarte aux pommes artificielle, génétiquement modifiée et naïve, avec une vision étroite.

De plus, il n’est pas possible d’organiser une relocalisation en masse à cause des mesures contre le COVID-19.
Nous disons que si de bons accords sont conclus et s’il y a un dialogue ouvert, il n’y a pas de raison d’aller devant les tribunaux. Nous avons reçu l’engagement de la municipalité que notre groupe aura une place dans le nouvel « Accord sur les Espaces Libres » (*). Ce serait un lieu de vie et de travail pour la communauté de l’ADM. Concrètement, on ne sait pas encore grand-chose, seulement qu’il ne sera réalisé que dans 2 ou 3 ans. C’est la solution que la municipalité donne comme lieu durable pour l’ADM. Nous demandons à la municipalité de nous accorder la période de transition de 2 à 3 ans au Slibvelden. Comme il n’y a pas de plans concrets pour le développement du Slibvelden. En raison de la nature temporaire de notre séjour et du fait que nous vivons dans des constructions mobiles ou démontables, il est facile de faire une exception pour nous qui vivons en dehors du périphérique nord. La municipalité le fait déjà pour les anti-squatters, les bateaux-maisons et autres résident-e-s précaires des environs. En fin de compte, elle s’en moque.

Notre séjour ici est temporaire !

*PAS D’EXPULSION POUR DU VIDE !
*QUE RESTE-T-IL DE SOCIAL ET DE VERT ?


Des squats aux Pays-Bas: https://radar.squat.net/fr/groups/country/NL/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) aux Pays-Bas: https://radar.squat.net/fr/groups/country/NL
Des événements aux Pays-Bas: https://radar.squat.net/fr/events/country/NL


(*) Accord sur les Espaces Libres (het vrijplaatsenakkoord) http://www.vrijplaatsen.nu/