Bagdad, 15 décembre 2003. Nous avions quitté l’automobile et commencé à marcher sur la route du Ministère de l’Intérieur barricadé. Tout à coup, des coups de feu. Puis des tirs plus lourds. Un groupe de jeunes nous dépassa et l’un d’eux dit : « Saddam », en faisant un geste avec ses mains qui semblait mimer des menottes.
Nous étions sur cette rue à l’invitation de l’un des résidents du « Département de la surveillance militaire » que nous avions rencontré au centre-ville quelques jours plus tôt. Il est l’un des nombreux squatters qui, après que l’armée eût abandonné ses édifices partout dans Bagdad et probablement dans plusieurs autres villes en Irak, ont trouvé refuge dans ces édifices avec leurs familles. Certains avaient perdu leur emploi après l’invasion et ne pouvaient plus payer leur loyer ; d’autres trouvaient dans ces lieux de meilleures conditions que les locaux exigus où ils s’entassaient auparavant ; alors que quelques-uns étaient déjà sans abri, vivant sous des ponts ou dans des conteneurs, avant d’emménager dans cet endroit.
Il nous fallût du temps, à nous et aux squatters, pour passer à un autre sujet que la nouvelle de la capture de Saddam et pour en venir à ce qui motivait notre présence : prendre connaissance de leurs conditions de vie et en apprendre plus long sur leur passé, leurs besoins actuels et leurs espoirs pour l’avenir.
Read More