Madrid: la Haute Cour de justice juge que l’expulsion de l’Ingobernable était illégale

La Haute Cour de justice de Madrid (TSJM) s’est prononcée sur deux recours déposés par le centre social en juin et novembre 2019, confirmant que la mairie de Madrid n’avait pas la légitimité pour procéder à l’expulsion mais affirmant que « les dommages ne sont pas irréparables ».

Une victoire amère pour les voisines de Madrid. La justice est d’accord avec La Ingobernable et montre à quel point les intérêts partisans sont au-dessus de la légalité et du bien commun. La TSJM s’est prononcée en faveur du centre social La Ingobernable, arguant que « la mairie de Madrid manque de légitimité » concernant l’expulsion qui a eu lieu le 13 novembre 2019 dans la Calle Gobernador 39.

La Ingobernable a dénoncé que « le conseil municipal n’avait pas la légitimité pour initier et traiter le processus d’expulsion parce qu’il y avait une affectation en cours à la Fondation Ambasz et qu’en tout cas ils auraient dû initier la procédure par le droit pénal » explique Naomi Abad, avocate de Red Jurídica qui a déposé le recours auprès du TSJM en juin 2019. « L’administration était parfaitement consciente qu’elle n’avait pas la légitimité pour le faire et pourtant elle a ordonné la procédure d’expulsion. Read More

Madrid: le gouvernement expulse La Ingobernable en profitant de l’état d’urgence

Peu importe à qui nous le disons, la réaction est toujours la même. WTF. Le gouvernement s’autoproclamant « du changement » , celui qui prétend être guidé par les revendications des mouvements sociaux, a procédé à une expulsion en ces temps de Coronavirus. Nous n’avions jamais imaginé cette réalité d’enfermement, d’état policier et de restriction de la plupart des activités. Nous ne pouvions pas non plus imaginer qu’au milieu de cette situation, nous découvririons, en promenant le chien, que nous étions expulsés à la sauvette. Nous ne savons pas s’ils ont été plus lâches, plus maladroits ou plus illusoires. Ils ont eu la lâcheté de profiter du fait que le centre social soit vide, et celles qui ont récupéré l’espace sont responsables en restant chez elles, pour sortir de leur propre confinement, enfoncer la porte, enlever les banderoles et changer les serrures. Ils ont eu la maladresse de le faire en engageant des ressources et des forces de sécurité, à un moment où personne ne croira qu’il s’agit vraiment d’une activité essentielle. Et, surtout, ils ont été tellement trompés qu’ils pensent que cela va nous faire disparaître.

Le ministère de la Justice, dirigé par Juan Carlos Campo Moreno, a voulu nous faire croire que cette procédure faisait partie de celles que le décret royal de l’état d’urgence appelle « essentielles pour la protection de l’intérêt général ». Ils se foutent de nous: alors que nous consacrons nos forces et nos capacités à soutenir les travailleurs de la santé en imprimant des masques en 3D ou en soutenant des réseaux dans nos quartiers, ils démantèlent un centre social sans même proposer une utilisation alternative. Ou c’est peut-être la poursuite de cinq années d’abandon et de négligence d’un bâtiment dans l’un des quartiers les plus exclusifs de la capitale. Et ils appellent cela « intérêt général » et « priorité » en temps de pandémie. Read More

Madrid: le gouvernement veut expulser La Ingobernable dans les 24 heures malgré l’état d’urgence

Ce mardi 14 avril, nous avons appris par une publication dans le BOE (journal officiel) que le ministère de la justice nous donnait 48 heures pour quitter le nouvel espace occupé par La Ingobernable dans la rue Alberto Bosch nº 4.

La date limite est aujourd’hui. Et nous ne sommes pas seulement confrontés à une nouvelle démonstration du manque absolu d’intérêt pour le dialogue entre ce ministère et le ministre Juan Carlos Campo, mais aussi à un usage particulier du droit d’une administration qui a décidé que sa priorité au milieu du confinement est de reprendre un processus tel que l’expulsion de La Ingobernable, en omettant même le droit d’allégation, tout cela pour priver Madrid d’un espace autogéré. Dans ce cas, il y a plusieurs raisons pour lesquelles il nous semble être un décision particulièrement minable.

Premièrement, nous ne pouvons pas comprendre, même de loin, comment ce gouvernement a fixé comme priorité, dans le contexte actuel, la reprise du processus administratif d’expulsion de ce centre social. Un lieu qui, comme nous l’avons déjà défendu dans notre précédent communiqué, sera essentiel, comme le reste des centres sociaux, pour le scénario post-confinement. Read More

Madrid: imaginez ne pas avoir de centres sociaux

La semaine dernière, au milieu de toute l’agitation provoquée par la crise sanitaire actuelle, nous avons été stupéfait.es par la publication dans le BOE (journal officiel) de la reprise de la procédure administrative d’expulsion du nouveau centre social de la rue Alberto Bosch nº 4. Bien que le 14 mars dernier, avec le décret royal de Covid19 , toutes les procédures administratives, y compris la nôtre, aient été suspendues, le ministère de la justice a décidé de la reprendre pour des « raisons de santé publique ». Comme nous l’avons rendu public, notre activité dans le bâtiment est suspendue depuis la déclaration de l’état d’urgence, suite aux recommandations et restrictions mises en œuvre pour freiner l’épidémie. Nous en concluons évidemment que la précipitation à reprendre la procédure d’expulsion repose sur une volonté politique. Profitant de l’état d’exception qui nous empêche de nous défendre, l’intention est de mener une nouvelle agression contre les centres sociaux autogérés et de priver la ville de Madrid d’un espace essentiel pour les mouvements sociaux.

Cette situation nous amène à nous poser certaines questions : quel sera le rôle des centres sociaux dans la période à venir ? Est-il vraiment pertinent, au milieu de cette gigantesque crise systémique, qu’un espace comme le nouveau centre social de l’Ingobernable disparaisse ? Peut-on imaginer un Madrid sans centres sociaux ? Read More

Madrid: La Ingobernable, nous sommes toujours au cœur de Madrid

Pour nos amies.
Pour celles qui se battent tous les jours.
Pour celles qui sont parties.
En ce mois de révolte féministe, de rage organisée, de joie et de lutte, nous, les voisines de Madrid, rendons publique la récupération du bâtiment de la rue Alberto Bosch nº 4, comme nouvel espace commun et ouvert au cœur de Madrid. Aujourd’hui, en cette semaine plus que jamais, nous devons nous rappeler le rôle que les centres sociaux ont eu, ont et auront pour le mouvement féministe, comme espace de convergence, de construction et d’autogestion. L’attaque sur les centres sociaux est sans aucun doute une attaque directe contre le féminisme, que nous ne sommes pas prêtes à tolérer.
Ces dernières années, nous avons assisté à un spectacle lamentable dans lequel quelques personnes se partagent la ville, la vendant au plus offrant ou la remettant à des amis, tandis que d’autres sont chassées de nos quartiers. Récemment, nous avons appris que le bâtiment de La Ingobernable (Paseo del Prado 30) était à nouveau donné, dans le style du PP, à une fondation dirigée par l’ancien maire Gallardón pour construire un musée au lieu des dotations si promises pour le quartier que l’actuel maire, Martínez-Almeida, préconisait pendant la campagne électorale. Cette histoire nous est très familière car il y a quelques années, l’ex-maire Botella l’avait déjà donnée, pour 1 euro et à 75 ans, à un ami fondateur du PP. Read More

Madrid: La Emboscada menacée d’expulsion

Vendredi 20 décembre
Salut,
Nous vous écrivons ce communiqué de la Emboscada (Tetuán, Madrid), pour vous informer que le 17 décembre dernier, un juge a ordonné notre expulsion préventive sur la base d’une plainte déposée par l’un des propriétaires de notre espace occupé anarchiste La Emboscada.
Selon ce rapport, l’expulsion peut être très proche, dans moins de 20 jours. Compte tenu de ces informations, nous avons décidé de nous battre de toutes nos forces pour empêcher cette expulsion. Nous avons donc appelé à un rassemblement le soir du jour de l’expulsion, à 20h, et nous comptons sur votre soutien. Le lieu du rassemblement ne sera publié qu’au dernier moment, nous vous encourageons donc à être attenti-ve-s.
Nous avons décidé de ne pas rester silencieu-ses alors que nous assistons à des dizaines et des dizaines d’expulsions dans des logements et des centres sociaux.
Nous avons décidé de ne pas abandonner ni de négocier avec ceux qui veulent surtout défendre leur propriété privée, car nous savons que la propriété privée ne cherche que le bénéfice individuel d’une minoritée et nous savons que l’État défend et soutient ces vieux ennemis de classe déjà connus.
Nous savons que ce cas n’est pas un cas isolé (tous les faits précédents se sont produits l’année dernière) mais il répond à un fonctionnement et une structure capitaliste. Nous savons que le propriétaire n’est pas un démon qui échappe à la norme ou au bon sens, accepté par la plupart des citoyens. Nous avons donc décidé de l’aborder comme un conflit de plus à affronter et avec toute la volonté et le soutien mutuel qui est donné entre tou-te-s celleux qui comprennent et sont solidaires de cette lutte contre le Capital, les lois, et l’Etat lui-même. Read More

Madrid: La Ingobernable expulsée, mais un Madrid non gouvernable n’est pas expulsable

Du cœur de Madrid, 13 novembre 2019

Aujourd’hui, la droite a procédé à l’expulsion de La Ingobernable, faisant de la seule politique qu’elle sait faire : celle de la force. Elle s’est refermée sur elle-même pour s’attaquer à un conflit social avec des arguments et, sans même donner de préavis, elle a résolu avec la police ce qu’elle n’a pas voulu résoudre par le dialogue. Quand les raisons se terminent, il ne vous reste plus que la force brute, mais vous ne gagnerez ni ne convaincrez. Des milliers d’entre nous ont rempli un espace commun de vie, et maintenant ils frappent à la porte pour vider ce centre social de toute la vie dont nous l’avons rempli.

Almeida, Villacís : mais pourquoi nous détestez-vous tant ? D’abord, parce que vous ne supportez pas la vérité que nous portons : que le conflit du Prado 30 n’a pas été ouvert par La Ingobernable, mais par celles et ceux qui nous ont volé un bâtiment public. Read More

Madrid (Espagne): solidarité avec les prisonnières de Tetuán

Le 13 mai 2019, deux anarchistes ont été arrêtées à Madrid ; leurs maisons et l’espace occupé anarchiste La Emboscada ont été perquisitionnés par la police. Depuis, elles attendent leur procès, sous l’accusation de terrorisme, étant inculpées pour des nombreuses actions contre des apparats répressifs, des banques, des partis politiques et des agences immobilières.

Pour l’État et sa justice, toute action motivée par les idées anarchistes est un acte terroriste, puisque l’anarchisme a parmi ses objectifs la subversion de l’ordre social. L’État nous colle alors, avec ses lois, l’étiquette de terroristes et de criminels.

En tant qu’anarchistes, le but ultime du changement social et de mettre au rebut ce monde pour lequel la valeur économique compte plus que la vie en toutes ses formes ; le mépris pour chacun des responsables de cet ordre économique et social ; la décision d’agir et de nous organiser de manière autonome sans avoir recours à leurs voies légales ou électorales ; tout ça ce sont des choses auxquelles nous ne renoncerons jamais. Ce sont des choses dont nous sommes coupables. Mais coupables, terroristes ou criminels ne sont que des étiquettes qui répondent à la logique de l’État. Chacune choisit avec laquelle s’appeler et tout ce que nous avons à dire c’est que nous sommes anarchistes et cela aucune opération antiterroriste ne le changera.

Néanmoins, nous voulons aussi envoyer de la force et de la solidarité à toutes les autres, nombreuses, compagnonnes anarchistes qui tous les jours sont frappées par le système, à différents endroits de la planète. Un clin d’œil complice pour elles, qu’elles soient criminelles, terroristes ou simplement anarchistes. Leurs cages ne nous arrêtent pas.

[Publié le 1er sept. 2019 sur Attaque. Traduit de ContraMadriz.]

Espagne & Italie: la solidarité ne s’arrête pas

Carabanchel (Madrid – Espagne) : Feu à un véhicule d’une agence immobilière, en réponse aux expulsions et en solidarité avec Anna et Silvia

ContraMadriz / mardi 9 juillet 2019

La nuit du jeudi au vendredi, le véhicule d’une société immobilière était en flammes. Il s’agit d’une réponse à la vague d’expulsions qui ont lieu à Carabanchel en particulier et dans la ville en général. Les expulsions, leurs coups, doivent avoir une réponse, anonyme, revendiquée ou pas, qui touche directement les intérêts des spéculateurs et de l’État. Reproduisons l’attaque ! Read More

Madrid: la Gatonera expulsée

Tout d’abord, nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont manifesté leur soutien et leur solidarité, en particulier les collectifs, les lieux et les individu.e.s du quartier. Grâce à ce soutien, nous avons réussi à résister plus de 24 heures à la porte et à organiser un rassemblement et un défilé qui, nous l’espérons, ont montré clairement que nous sommes toujours là et que nous allons continuer à nous battre.
Au moins un an s’est écoulé depuis le début des menaces et de la coercition du nouveau propriétaire et de ses chiens de garde (des sociétés de sécurité privées). Il y a eu des menaces d’envoyer une milice privée pour nous expulser manu milltari après avoir refusé d’accepter leur argent (15.000 euros) pour quitter le bâtiment. Voyant qu’ils ne pouvaient pas nous soudoyer, ils ont commencé la voie légale pour nous expulser. La sentence du procès d’usurpation n’était pas favorable pour eux et ils étaient toujours en appel. Read More

Madrid: Communiqué des deux anarchistes arrêtées le 13 mai

Tôt le matin du 13 mai, les flics sont entrés par effraction dans nos maisons et dans l’espace anarchiste La Emboscada – trois semaines après son inauguration – avec le 21e groupe de la Brigade Provinciale d’Information de Madrid, dédié à l’espionnage et à la chasse aux anarchistes. On nous a informé qu’ils déposaient un mandat de perquisition et d’arrestation contre deux d’entre nous pour terrorisme. Au cours de la perquisition, qui a duré environ 6 heures, des camarades de Madrid sont venu.e.s manifester leur soutien.

Pendant ce temps, la police semblait particulièrement intéressée par des vêtements: manteaux colorés et noirs, foulards en béton, foulards, foulards, foulards à fleurs, chaussures spécifiques ; elle s’intéressait aussi aux agendas, calendriers, quelques cahiers, quelques annotations, notes entre les pages des livres, ordinateurs, disques durs, cartes mémoire, usb, téléphones portables, caméras photo et vidéo, CD et DVD, outils et surtout, marteaux ; ainsi qu’aux étiquettes, patches et T-shirts de la marque M.A.L.P. ; affiches et propagande en relation avec le contre-sommet du G20 en 2017. Read More

Madrid (Espagne): Les deux anarchistes arrêtées lundi sont sorties !

[…] les deux compagnonnes arrêtées à Madrid lundi dernier, le 13 mai, dans le cadre d’une nouvelle opération « antiterroriste » menée par les flics de la Brigada de Información et du UIP [unités de police qui correspondent à peu près aux RG et aux CRS français ; NdAtt.] dans un squat d’habitation et dans l’espace anarchiste occupé Emboscada, tous les deux situés dans le quartier de Tetuán, ont été libérées. Inculpées, elle restent dans l’attente de leur procès.

Pour l’instant, il n’y a pas d’autres informations sur la situation des compas, mais on leur envoie toute notre force et courage.

Solidarité avec toutes les combattantes frappées par l’État !

[Publié le 16 mai 2019 sur Attaque. Traduction de l’espagnol d’un article publié le 15 mai sur La rebellión de las palabras.]

Madrid (Espagne): nouvelle opération antiterroriste contre des anarchistes

Dans la matinée du 13 mai 2019, une nouvelle opération antiterroriste a frappé l’anarchisme à Tetuán (Madrid).

L’espace anarchiste occupé La Emboscada [Note de Squat!net: ouvert au public le 23 avril dernier] et une autre maison squattée ont été perquisitionnés par des agents de la brigada de información et des flics anti-émeute. L’opération s’est soldée par l’arrestation de deux personnes. Read More

Madrid (Espagne): 3e rencontres anarchistes contre le système technologique et son monde

Pour la troisième année consécutive, auront lieu dans le CSOA La Gatonera (C/ Valentín Llaguno, 32) les rencontres anarchistes contre le système techno-industriel. Cette réunion part de la nécessité de générer un discours contre le système de domination dans lequel nous sommes. Ce système imprègne le monde qui nous entoure dans une logique techno-scientifique où tout est mesurable, quantifiable et donc soumis à un contrôle. Ce développement repose sur la substitution des processus naturels aux processus techniques soumettant les individus, les animaux et l’écosystème à la méga machine. Read More

Madrid (Espagne): revendication pro-squat de l’incendie de deux véhicules d’auto-partage

Dans le cadre de la semaine d’agitation et de propagande contre la gentrification, la spéculation immobilière et en défense des squats, deux véhicules des entreprises « E-Move » et « Car To Go » ont été incendiés dans les quartiers Arganzuela et Prosperidad.

Nous sommes en plein renforcement de la dernière réinvention de la démocratie et des illusions renouvelées dans les structures dépassées de l’État et du parlementarisme. L’irruption de la « nouvelle politique » dans le paysage politique a permis au système de renouveler ses structures de domination et de leur donner une nouvelle légitimité, épuisées après des années de crise. Au fur et à mesure que le cirque électoral s’est renforcé, l’agitation dans les rues a diminué. Comme toujours. Read More